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Biden et la viande: la fausse nouvelle qui a battu des records de vitesse

Pascal Lapointe
Agence Science-Presse
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Les fausses nouvelles suivent souvent des parcours tortueux qui rendent difficile de retracer l’origine de la rumeur. En comparaison, une fausse nouvelle sur Joe Biden et la viande a suivi cette semaine un parcours tellement simple qu’elle constitue un cas d’espèce de la facilité avec laquelle la désinformation peut rallier des millions de personnes.

Au moins huit animateurs ou invités de Fox News ont répété, entre vendredi et dimanche, que Joe Biden aurait annoncé que, pour atteindre les nouveaux objectifs de réduction des gaz à effet de serre annoncés le jeudi 22 avril, son gouvernement allait obliger ses citoyens à réduire leur consommation de viande de 90 %. C’était faux : rien de tel n’avait été annoncé dans le discours du 22 avril ni dans aucun discours précédent.

L’origine de cette fausse information était plutôt un article publié jeudi par le Daily Mail, un quotidien britannique connu pour ses exagérations et ses canulars. L’article citait une étude, et Fox News en a tiré un graphique abondamment partagé sur les réseaux par les opposants au président américain. Sauf que l’étude remonte à janvier 2020 et ne parle ni de Biden ni d’un plan américain, actuel ou futur.

Lundi, l’un des animateurs fautifs de Fox a admis son erreur, après que des textes de journalistes vérificateurs de faits aient commencé à apparaître ici et là.

Le «succès» de cette fausseté en a choqué plusieurs, considérant qu’il n’était pas difficile de vérifier si le président Biden avait réellement dit cela le 22 avril, ou si l’étude de 2020 parlait réellement de lui. C’est un exemple de biais de confirmation à l’œuvre, puisque plusieurs de ceux qui ont partagé cette «nouvelle» l’ont fait parce qu’elle confirmait leurs biais.

Mais à l’inverse, ce «succès» pourrait aussi présager des difficultés qui pointent à l’horizon : parce qu’une réduction substantielle des gaz à effet de serre d’ici 2030 ou 2050 passera inévitablement par une réduction de la consommation de viande.