Allier santé et environnement

LA SCIENCE DANS SES MOTS / Réduire sa consommation de viande et de produits d’origine animale contribue à la réduction des GES. Mais modifier son alimentation aurait-il un impact global sur l’environnement et la santé? Le tableau suivant indique l’impact des différents types d’alimentation sur la réduction des GES, sur l’utilisation des terres et de l’eau (empreinte écologique), et sur la longévité.

Comme on peut le constater à la lumière de ce tableau, les types d'alimentation végétalienne, végétarienne, pesco-végétarienne et méditerranéenne ont le moins d’impact sur l’environnement. Pour ce qui est de la santé des individus, l’alimentation végétalienne ainsi que l'alimentation méditerranéenne et l'alimentation pesco-végétarienne semblent davantage protectrices concernant le risque de mortalité, toutes causes confondues. Les modèles alimentaires basés sur les recommandations nutritionnelles des organismes de santé optimisées pour réduire l’impact écologique, de même que les modèles alimentaires faibles en protéines bovines (sans bœuf ni produits laitiers) et plus élevés en végétaux, ont aussi un impact moins important sur l’environnement et la santé.

Dans une étude parue en 2017, l’impact environnemental de l’alimentation de 51 omnivores, 51 végétariens et 51 végétaliens a été comparé. Pour un apport énergétique semblable, le groupe de végétaliens a eu une empreinte écologique significativement plus basse que le groupe omnivore. La différence n’était pas significative entre les végéta- liens et les végétariens. Cette absence de différence dans cette étude s’expliquerait par la consommation plus fréquente de nos jours, par plusieurs végétaliens, de substituts de viande et de produits laitiers (imitations de viande ou de produits laitiers) hautement transformés, dont l’impact écologique peut être élevé.

Au-delà de nos choix alimentaires, un point important demeure : celui d’apprendre à manger ni trop ni trop peu, en respectant nos signaux de faim et de satiété. Écouter sa satiété ne veut pas dire gaspiller. Après tout, il est possible de récupérer les restants pour ses lunchs ou même en guise de collation.

Le rapport sur les ressources mondiales (World Ressources Report) pour la création d’un avenir alimentaire durable propose parmi ses solutions de réduire la surconsommation alimentaire. Voici les recommandations du rapport :

  1. Réduire la surconsommation alimentaire.

  2. Réduire la consommation excessive de protéines en réduisant la consommation d’aliments d’origine animale.
  3. Réduire la consommation de bœuf.

Aussi, dans un manifeste publié en novembre 2017 dans la revue Bioscience, endossé par 15 364 scientifiques provenant de 184 pays, on peut lire noir sur blanc que pour un avenir durable, deux solutions efficaces sont proposées :

  1. Promouvoir une réorientation du régime alimentaire vers une nourriture d’origine essentiellement végétale.
  2. Réduire le gaspillage alimentaire.

Réduire le gaspillage alimentaire

Les Canadiens gaspillent 40 % de la nourriture produite, ce qui nous coûte annuellement 31 milliards de dollars. Le tiers de la nourriture produite sur la planète est gaspillé entre la ferme et l’assiette. L’empreinte carbone des aliments gaspillés correspond à 3,3 gigatonnes (GT) d’équivalent CO2 dans le monde, soit environ 10 % du total des émissions de GES mondiaux. Si le gaspillage alimentaire était un pays en terme d’émissions de GES, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime qu’il serait le 3e émetteur de GES en importance au monde, après les États-Unis et la Chine. Ainsi, les GES représentent un enjeu criant pour la préservation de l’environne- ment et la survie de l’humanité. Jeter des aliments, c’est aussi gaspiller les ressources qui ont servi à les produire (terres agricoles, eau, engrais, etc.).

La moitié de ce gaspillage se fait à la maison et peut donc être limité. Comment? Voici les trucs proposés par le site Internet Ville en vert (www.villeenvert.ca) :

Bien conserver les aliments. Le réfrigérateur et le congélateur ralentissent ou arrêtent la croissance des microorganismes dans les aliments périssables. Mais encore faut-il bien organiser ces espaces. Le rangement de la porte est l’endroit où la température varie le plus. Les aliments les plus fragiles à la détérioration tels que le lait, la viande, les œufs et les mets préparés devraient être placés au fond du réfrigérateur. Idéalement, les aliments à consommer plus rapidement gagnent à être mis bien en vue pour ne pas les oublier. De plus, on devrait congeler les aliments lorsqu’ils sont encore très frais pour limiter le nombre de bactéries présentes au moment de la congélation. Une glacière pourrait être utile entre l’épicerie et chez soi pour préserver au maximum la fraîcheur des aliments.

Faire de petites épiceries plus fréquemment. On a souvent tendance à acheter plus que ce qu’on peut réellement utiliser. S’en tenir à ce qu’on peut intégrer à notre planification des repas pour quelques jours est la règle d’or pour ne pas gaspiller.

Connaître le contenu de son réfrigérateur
et de son congélateur. Qui n’a jamais trouvé une carotte ou un bout de fromage couvert de moisissures entre deux tablettes du frigo ? Faire l’inventaire du réfrigérateur avant d’aller à l’épicerie permet d’éviter les mauvaises surprises, d’économiser et de n’acheter que ce dont on a réellement besoin.

Mettre en valeur les restants. Cuisiner en plus grande quantité permet d’économiser temps et argent. Cependant, manger des restants matin, midi et soir peut devenir redondant. Congelez les portions en excédent et vous aurez plus tard un repas prêt sans trop y mettre d’effort.

Utiliser au maximum les fruits et les légumes. Les fruits et les légumes un peu défraîchis prennent parfois la direction de la poubelle. Pourtant, ils peuvent faire d’excellentes compotes ou confitures, et agrémenter avec bonheur des muffins ou une sauce pour pâtes. On peut aussi les passer dans l’extracteur à jus ou les broyer pour en faire une purée, ou les incorporer à un smoothie. De plus, les parties qu’on jette habituellement, comme les pelures de carottes et d’oignons, les tiges de brocoli ou d’herbes, l’extrémité des céleris et les cœurs de poivrons peuvent servir à préparer un savoureux bouillon de légumes. On congèle ces retailles jusqu’à ce qu’on en ait suffisamment, et hop ! au bouillon ! Les fanes des carottes ou des betteraves peuvent aussi faire d’excellents potages. Prêt à relever le défi ?

Les ingrédients orphelins sont de bons compagnons dans un «touski». Soupes, couscous et pizza sont les mets à «touski» (tout ce qui reste) par excellence! Par exemple, quelques morceaux de tofu ou une portion inutilisée de lentilles, les légumes de la veille et un peu de riz ou de pâtes dans un bouillon créeront en quelques minutes une délicieuse soupe-repas.

(Extrait de l’ouvrage «Ménager la chèvre et manger le chou», paru aux éditions La Semaine.)