Science

Des scientifiques doivent déterminer si des os sont ceux d'un pirate célèbre

YARMOUTH — Des chercheurs doivent déterminer si les os découverts dans une épave au large de Cape Cod sont ceux du célèbre pirate Samuel «Black Sam» Bellamy.

Le musée Whydah Pirate à Yarmouth dans le Massachusetts exposera les os pour la première fois, lundi, et présentera aussi un pistolet qui aurait appartenu à Samuel Bellamy.

Les os et le pistolet étaient, jusqu'à récemment, imbriqués dans un amas de sable et de pierre provenant de l'épave du navire Whydah Gally, découvert il y a plusieurs années.

Le musée a demandé à des médecins légistes de comparer l'ADN des os retrouvés avec celui d'un des descendants vivants de Samuel Bellamy.

Le navire Whydah Gally est sombré dans la mer lors d'une tempête en 1717, provoquant la mort de la plupart de son équipage et laissant ses nombreux trésors au fond de l'océan.

L'épave a été découverte en 1984.

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David Saint-Jacques en entraînement à la NASA

L’astronaute canadien David Saint-Jacques, qui s’envolera en novembre pour la Station spatiale internationale, doit poursuivre son entraînement à la NASA, cette semaine, à Houston.

Il sera le premier Canadien à effectuer un séjour dans l’ISS depuis 2013, alors que Chris Hadfield y avait effectué une mission de près de cinq mois.

Du 20 au 22 février, les représentants des médias sont invités à se rendre au centre spatial Johnson, pour assister à sa préparation.

D’ici novembre, le Québécois de 47 ans devra se prêter à plusieurs exercices, dont celui du simulateur de microgravité. Il se familiarisera également avec les divers systèmes de la Station et les procédures d’urgence, grâce à des maquettes grandeur nature de la Station.

David Saint-Jacques, qui est à la fois ingénieur et médecin, décollera à bord d’une capsule russe Soyouz. Sa mission sera de six mois.

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Succès de la sortie orbitale de deux astronautes de l'ISS

Deux astronautes ont terminé sans accro leur expédition vendredi hors de la Station spatiale internationale (ISS), destinée notamment à réparer le bras télémanipulateur de l’avant-poste orbital.

C’était la première sortie dans l’espace de Norishige Kanai, astronaute de l’Agence spatiale japonaise (JAXA), et la quatrième de son collègue américain Mark Vande Hei.

«Vous avez fait un super travail aujourd’hui», a indiqué un contrôleur depuis la Terre, alors que M. Kanai regagnait un sas de l’ISS après plus de cinq heures dans le vide spatial.

Les deux astronautes «ont accompli toutes leurs missions principales» et plus rapidement que prévu, a relevé un commentateur de la Nasa.

L’Américain est resté quelques minutes supplémentaires à l’extérieur afin d’achever d’autres travaux.

La sortie orbitale a débuté à 12H00 GMT, lorsque les astronautes ont branché leurs combinaisons spatiales en mode autonome avant de s’aventurer dans le vide spatial. Elle devait durer initialement six heures et demie.

C’est la 208e sortie orbitale effectuée dans l’histoire de la Station pour son assemblage et son entretien, et la troisième cette année.

Les images diffusées sur le site internet de la Nasa les ont montrés s’activant autour du bras tandis que les scientifiques se concentraient sur leurs écrans dans la salle de contrôle 400 kilomètres plus bas.

Médecin, lieutenant de la marine japonaise et astronaute depuis 2009, Norishige Kanai, 41 ans, est le quatrième Japonais à flotter dans l’espace.

En 2015, il avait passé treize jours sous l’eau à bord du laboratoire Aquarius dans le cadre des missions spéciales de la Nasa NEEMO, conduites dans un environnement extrême.

Le but de la sortie de vendredi était de déplacer certains composants liés au bras vieillissant mais crucial de l’ISS, de 17 mètres de longueur, fabriqué par le Canada. Utilisé pour des travaux sur la Station spatiale, Canadarm2 sert également à «saisir» les réguliers vaisseaux de ravitaillement afin de pouvoir les amarrer.

Les astronautes étaient chargés de placer une des «mains» ou «effecteur de verrouillage» --»latching end effectors (LEE)» en jargon technique-- dans le sas d’isolement Quest afin qu’elle puisse être ramenée sur Terre lors d’une future mission pour être remise en état.

«Ce LEE a été remplacé durant l’expédition 53 de sortie orbitale en octobre 2017», avait expliqué la Nasa dans un communiqué avant la sortie, précisant que les astronautes devraient aussi déplacer «un LEE vieillissant mais opérationnel qui a été détaché du bras lors de la sortie orbitale du 23 janvier, afin de le transporter depuis son lieu de stockage temporaire hors du sas jusque dans un lieu de stockage à long terme».

Cette main sera conservée à la Station comme pièce de rechange.

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Neurones en boîte

CHRONIQUE / «Serait-il possible de faire le point sur le développement de ce qu’on appelle le “diagnostic médical assisté par ordinateur”? J’ai vu récemment que les réputées cliniques Mayo travaillaient là-dessus depuis quelques années, et je sais qu’on fait déjà de l’analyse des radiographies par ordinateur au Québec. Mais en a-t-on fait le bilan? Jusqu’à quel point est-ce fiable, et quelles sont les limites des ordinateurs à cet égard?» demande Donald Bouffard, de Québec.

Dans l’idée que l’on s’en fait généralement, les ordinateurs ne font qu’appliquer des algorithmes, soit des formules logiques relativement (et parfois très, très relativement) simples. Par exemple, si A est détecté, alors l’ordi doit faire X. Si B est détecté, alors il faut faire Y. Si A et B arrivent ensemble, alors il faut faire Z. Et ainsi de suite.

Or il est aussi possible de montrer à un ordinateur à «apprendre». On peut procéder de diverses manières, mais l’une d’elles est particulièrement bien adaptée à l’analyse d’imagerie médicale, indique le physicien de l’Université Laval Philippe Després, un spécialiste des applications informatiques à certaines branches de la médecine, notamment l’imagerie. Ce sont les réseaux de neurones. Essentiellement, on programme un ordinateur pour qu’il mimique le fonctionnement du cerveau humain. Celui-ci apprend en faisant des connexions entre ses neurones, ou en modulant la force de ces connexions. En informatique, on peut programme l’ordinateur pour qu’il fasse de même. Ensuite, on «entraîne» la machine à une tâche en particulier.

«En soi, ça n’a vraiment rien de nouveau : les réseaux de neurones existent depuis les années 50, indique M. Després. Mais si on parle de radiologie et d’imagerie médicale, on peut remonter à 2012, avec la grosse percée de Yoshua Bengio [chercheur en informatique à l’Université de Montréal, qui a d’ailleurs nommé le Scientifique de l’année Radio-Canada récemment, ndlr]. À partir d’une banque de 1,4 million d’images, ils ont réussi à entraîner un réseau de neurones pour identifier des photos de chat, d’autruches, etc.»

Cela peut semble spectaculairement banal, mais distinguer un chat d’un chien — ou plus généralement, interpréter les images à peu près comme un cerveau humain — n’est pas une mince tâche pour un ordinateur. Mais les réseaux de neurones y parviennent, pour peu qu’on ait des machines assez puissantes (ce qui est récent) et qu’on les entraîne. On commence par exemple par présenter un chat à l’ordinateur en lui disant de quoi il s’agit, explique M. Després; on fait la même chose avec d’autres espèces animales; puis on lui présente des images sans lui donner la réponse. À force de pratique, d’échecs et de corrections, l’ordinateur finit par faire les bonnes connexions entre les bons «neurones» et par accorder la bonne importance à chacune de ces connexions afin d’arriver au meilleur taux de bonne réponse.

Mine de rien, ce genre de «cerveau artificiel» peut devenir extrêmement performant à la tâche bien précise pour laquelle on l’a entraîné. Par exemple, dans un article paru dans Nature l’an dernier, un réseau de neurones entraîné à reconnaître des cancers de la peau et à les distinguer d’autres problèmes cutanés a montré «un niveau de compétence comparable à celui des dermatologistes», concluaient les auteurs.

Dans le cas de l’imagerie médicale, cela promet de grandement alléger la tâche de certains médecins en les libérant de tâches répétitives, indique Marc-André Fortin, chercheur de l’Université Laval qui développe des matériaux pour l’imagerie médicale et qui, à ce titre, suit de près les progrès de l’intelligence artificielle dans ce domaine.

Ainsi, illustre-t-il, «il y a des outils technologiques qui ont été mis au point pour circonscrire les organes sur les images. C’est très fastidieux à faire manuellement et ça peut demander beaucoup de temps à un radiologue ou un radio-oncologue.» De la même manière, il faut parfois localiser précisément et en 3D un organe ou une lésion, ce qui ne va pas de soi puisque chaque patient est différent. Les radiologues, dit M. Fortin, vont souvent prendre un os comme point de repère, puis déduire la position exacte de l’organe, mais cela demande l’analyse de plusieurs images différentes — et l’intelligence artificielle pourrait très bien, éventuellement, s’acquitter de ce genre de tâche.

Compte tenu des grands progrès dans les techniques d’imagerie médicale des dernières années et de l’explosion du nombre d’images que les radiologistes doivent maintenant analyser, les avantages d’avoir un assistant informatique sont évidents. Avec, en prime, le fait qu’un ordinateur ne fera jamais d’erreur d’inattention ou de fatigue.

Pas infaillible

Mais cela ne veut pas dire qu’un réseau de neurones ne peut pas se tromper, avertit M. Després. Ainsi, l’intelligence artificielle a beaucoup de mal avec la notion de contexte : si l’on entraîne un réseau de neurones à reconnaître des voitures, par exemple, il deviendra rapidement très bon à le faire, mais si on lui présente ensuite une auto dont la moitié est cachée par un arbre, il est bien possible qu’il ne la voit pas.

Or «le contexte, c’est extrêmement important en médecine, enchaîne M. Després. On ne traite pas une lésion séparée du reste: c’est un patient qu’on traite, avec un âge, un sexe, un historique de santé, etc. Il faut tenir compte de tout ça.»

Alors ce n’est pas demain la veille qu’on se passera de médecins, disent MM. Després et Fortin. D’autant plus qu’il y a un frein, à l’heure actuelle, qui ralentit le développement de ces outils informatiques. Il faut en effet BEAUCOUP d’images pour entraîner un réseau de neurones. «Si ce sont des photos de chats et de chiens, ce n’est pas un problème que ce genre d’images se trouve en grand nombre et que n’importe qui peut montrer à l’ordinateur ce qui est un chat et ce qui est un chien. Mais les gens capables de dire : voici tel ou tel type de sarcome, c’est beaucoup plus rare», dit M. Després. 

Enfin, il faut mentionner que les réseaux de neurones sont souvent décrits comme des sortes de «boîtes noires»: on sait ce qui y entre, on sait ce qui en sort, on connaît les mécanismes généraux qui permettent à ces réseaux d’apprendre et de s’améliorer, mais on laisse l’ordinateur connecter les neurones et optimiser les connexions tout seul, si bien que quand la machine se trompe, il est très difficile de savoir exactement ce qui s’est mal passé.

Et de toute manière, même si on se livre aux analyses complexes qu’il faut pour mettre le doigt sur le bobo, on risque fort de ne pas pouvoir y faire grand-chose, dit M. Després : ce sont les connexions et le poids que l’ordinateur accorde à chacune d’elle qui font qu’il parvient habituellement à la bonne réponse, si bien que si l’on modifie ces connexions pour éviter l’erreur qu’il vient de commettre, on risque fort de lui faire faire d’autres erreurs à l’avenir.

Bref, comme le cerveau humain n’est pas parfait, on ne doit pas s’attendre à atteindre la perfection en l’imitant. C’est pourquoi «le dernier mot reviendra toujours au radiologiste», dit M. Després.

Science

La planète Mars simulée, en plein désert d’Oman

Vêtus de combinaisons spatiales blanches qui tranchent avec le brun et le beige du désert, deux scientifiques traînent un géoradar sur le sol rocailleux.

Les communications avec le poste de commandement dans les Alpes sont retardées de dix minutes. Quand le géoradar cesse de fonctionner, les deux chercheurs retournent à leurs véhicules tout-terrain et demandent par radio des instructions à leurs collègues.

Mais ce n’est pas la planète Mars, c’est la péninsule d’Arabie.

Ce désert désolé dans le sud du Sultanat d’Oman, près des frontières avec le Yémen et l’Arabie saoudite, ressemble tellement à la planète rouge que plus de 200 scientifiques provenant de 25 pays s’y sont installés pour les quatre prochaines semaines, afin de tester sur le terrain la technologie qui pourrait être utilisée lors d’une mission habitée vers Mars.

Des initiatives privées et publiques foncent vers Mars — aussi bien l’ancien président Barack Obama que l’entrepreneur Elon Musk ont prédit que l’homme posera le pied sur la planète rouge d’ici quelques décennies.

La Chine, dont le programme martien reste vague, rivalise maintenant avec les États-Unis et la Russie. Des firmes aéronautiques comme BlueOrigin (qui est pilotée par le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos) ont publié des schémas futuristes de bases spatiales, de vaisseaux et de combinaisons.

Le lancement réussi il y a quelques jours de la fusée Falcon Heavy par la firme SpaceX de M. Musk «nous amène complètement ailleurs en ce qui concerne ce qu’on peut lancer loin dans l’espace, ce qu’on peut envoyer vers Mars», a dit le faux astronaute Kartik Kumar, qui participe à la mission à Oman.

La prochaine étape en direction de Mars, poursuit-il, concernera des problèmes qui n’ont rien à voir avec l’ingénierie, comme des urgences médicales et l’isolement.

«Ce sont des choses que l’on ne doit pas sous-estimer, d’après moi», a-t-il dit.

Pendant que les astronautes et cosmonautes acquièrent une expérience indispensable à bord de la Station spatiale internationale, et que les États-Unis exploitent la réalité virtuelle pour entraîner leurs chercheurs, la vaste majorité des préparatifs en vue d’une mission interplanétaire se font sur Terre.

Et certains des endroits les plus périlleux de la planète sont le terrain de jeu idéal sur lequel mettre à l’épreuve aussi bien l’équipement que les humains.

Vu de l’espace, le désert de Dhofar est une vaste étendue brune. Peu de plantes et d’animaux peuvent survivre à un endroit où le mercure peut surpasser les 50 degrés Celsius.

À l’est d’une dune apparemment sans fin on retrouve la Base martienne d’Oman: un gigantesque habitacle gonflable de 2,4 tonnes entouré de conteneurs transformés en dortoirs et en laboratoires. Il n’y a toutefois pas de sas.

La surface du désert ressemble tellement à Mars qu’on détecte difficilement les différences, selon M. Kumar, dont la combinaison spatiale est couverte de poussière. «Mais ça va plus loin que ça: les types de géomorphologie, toutes les structures, les dômes de sel, les lits des rivières, les oueds, ça côtoie beaucoup ce qu’on retrouve sur Mars.»

Le gouvernement omanais avait offert d’accueillir la prochaine simulation martienne du Austrian Space Forum lors d’une rencontre du Comité des Nations unies pour l’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique. La proposition a été rapidement acceptée.

Des scientifiques de partout ont soumis des suggestions d’expériences et la mission baptisée AMADEE-18 en a retenu 16, dont la mise à l’essai d’un rover robotisé ultrarapide (inspiré d’un arbuste desséché poussé par le vent) et d’une nouvelle combinaison spatiale appelée Aouda.

Cette combinaison sophistiquée de 50 kilos est qualifiée de «vaisseau spatial personnel» puisqu’on peut respirer, manger et réaliser des expériences à l’intérieur. La visière affiche des cartes et de multiples données.

«Peu importe qui participera à cette grande expédition, il y a des choses qui nous apprenons ici qui feront partie de la mission», a prédit le commandant de la simulation martienne à Oman, Gernot Groemer.

Avant que l’homme ne pose finalement le pied sur la Lune, des environnements hostiles, de l’Arizona jusqu’à la Sibérie, ont été utilisés pour mettre au point les atterrisseurs, les rovers et les combinaisons. Les agences spatiales qualifient ces lieux d’»analogues», puisqu’ils simulent le froid extrême et l’isolement des sites extraterrestres.

«On peut tester des systèmes dans ces endroits et voir jusqu’où on peut les pousser, à quel moment ça commence à faire défaut, et ce qu’on doit faire pour éviter que ça se produise sur Mars, a expliqué João Lousada, qui participe lui aussi à la simulation omanaise.

Des fausses stations spatiales ont été construites sous l’eau au large de la Floride, dans les déserts frigides de l’Antarctique et dans les cratères volcaniques d’Hawaï.

«Les analogues terrestres sont utiles pour l’exploration spatiale, mais ce n’est pas une panacée», prévient Scott Hubbard, qui dirigeait jadis le programme martien de la NASA.

L’agence spatiale américaine a testé ses rovers dans le désert du Mojave, mais cela lui a aussi enseigné plusieurs choses au sujet de l’adaptation humaine.

«La capacité des humains à s’adapter à un environnement désorganisé surpasse encore de loin ce que pourrait faire n’importe quel robot», explique M. Hubbard, qui ajoute que les humains, et non les robots, seront essentiels à l’exploration de Mars.

La liste des «analogues planétaires» de l’Agence spatiale européenne est longue, de l’Australie jusqu’à la Russie en passant par l’Islande, l’Antarctique et... le Canada.

La liste des inconnus est tout aussi longue, et les simulations «ne remplacent en rien le fait d’être sur le terrain», a dit M. Hubbard.

L’équipe déployée à Oman témoigne d’un optimisme irrépressible.

«La première personne qui marchera sur Mars est déjà née, et elle fréquente peut-être l’école primaire à Oman, ou en Europe, ou aux États-Unis ou en Chine», a rappelé M. Lousada.

Insolite

Les mantes religieuses voient en 3D, mais pas comme nous

PARIS - Les mantes religieuses voient la vie en 3D, mais d’une façon différente de nous, ont annoncé jeudi des chercheurs, selon lesquels cette découverte pourrait permettre de simplifier les processus de vision des robots.

L’homme, comme les singes, les chats, les chevaux, les chouettes ou encore les crapauds voient en trois dimensions. Mais la mante religieuse est le seul insecte connu à disposer de cette vision stéréoscopique.

Science

Des chercheurs développent une méthode rapide pour faire pousser des cheveux

TOKYO - Des chercheurs japonais ont annoncé avoir développé une méthode de culture très rapide de follicules capillaires qui pourrait permettre à terme, selon eux, de dire adieu à la calvitie ou de remédier aux pertes de cheveux dues à la chimiothérapie ou à certaines maladies.

Leur étude utilise deux types de cellules placées dans des petits récipients de silicone afin de cultiver des «germes de follicules pileux», source des petites cavités où naît et est nourri le cheveu.

Dirigée par le professeur Junji Fukuda de l’Université nationale de Yokohama, l’équipe nippone est parvenue à cultiver 5.000 de ces «germes» en quelques jours.

Cette méthode est présentée comme un grand pas par rapport aux laborieuses techniques existantes qui parviennent à créer juste une cinquantaine de ces «germes» à la fois.

Les tests sur des humains ne sont pas envisagés avant cinq ans, mais les chercheurs sont convaincus que cette technique pourrait être utilisée pour reconstituer d’abondantes mèches. Elle pourrait également venir en aide aux personnes atteintes de cancers et suivant une chimiothérapie ou souffrant de maladies provoquant une perte de cheveux, a déclaré M. Fukuda, dont les travaux ont été publiés dans la revue Biomaterials.

«Les cliniques spécialisées utilisent souvent des cheveux de la nuque pour les planter sur les zones frontales dégarnies. Le problème c’est que cela n’accroît pas le volume total de cheveux», a expliqué M. Fukuda.

Les traitements médicamenteux existants peuvent ralentir la chute des cheveux, mais ne parviennent pas forcément à inverser le processus, a-t-il souligné.

Un nouveau traitement faisant usage de cette technique pourrait être disponible dans 10 ans, a estimé le professeur.

Science

Le cerveau, ce cachotier

CHRONIQUE / «Lors de discussions, il m’arrive parfois de chercher le nom d’un artiste, d’une chanson, d’un restaurant, etc., sans le trouver immédiatement. Puis tout à coup, 15 à 30 minutes plus tard, le nom me revient. Pouvez-vous m’expliquer le processus cérébral en cause dans cette mémoire à retardement?» demande Pierre Morin, de Québec.

C’est le fameux «bout de la langue» sur lequel pendouillent tous ces mots, tous ces noms qu’on a en tête — on sait qu’on le sait — mais qui refusent de se montrer à notre conscience. Cela peut paraître un peu trivial, mais c’est un phénomène qui a été passablement étudié en psychologie, à cause de ce qu’il peut révéler sur la façon dont la mémoire fonctionne.

Tout le monde l’a déjà vécu et sait à quel point il peut être frustrant de se rappeler de presque tout à propos de quelqu’un, sauf de son nom. Des études ont montré que ceux qui ont quelque chose sur le bout de la langue peuvent donner des détails sur ce qu’ils cherchent, comme la première lettre, le nombre de syllabes du nom ou s’il s’agit d’un nom composé (Jean-Pierre Ferland) ou simple (Gilles Vigneault). Quand il s’agit d’un nom commun, les gens bilingues peuvent s’en rappeler dans une autre langue — et combien de fois m’est-il arrivé personnellement de donner, en cherchant un nom d’acteur, cinq ou six titres de films dans lesquels il avait joué avant de retrouver son nom.

Les jeunes adultes rapportent que cela leur arrive environ une fois par semaine, alors que les plus vieux se débattent avec ce damné bout de langue une fois par jour, en moyenne. «C’est même une des plaintes les plus fréquentes chez les personnes âgées. Mais ça fait partie du vieillissement normal», dit Sven Joubert, spécialiste de la mémoire et du vieillissement au Département de psychologie de l’Université de Montréal.

À cause de cela, d’ailleurs, on a tendance à voir dans le phénomène du bout de la langue un signe que la mémoire commence à faire défaut, mais tout indique jusqu’à présent qu’il n’en est rien — qu’on se rassure. Par exemple, une étude publiée en 2013 dans Psychological Science a fait passer des batteries de tests cognitifs à quelques centaines de participants, qui étaient ensuite mis dans des situations propices à mettre un mot sur le bout de la langue — lire une définition et devoir trouver le mot, regarder des photos de gens connus dont ils devaient donner le nom, etc. Dans l’ensemble, les auteurs de l’expérience ont trouvé (grosso modo) que le phénomène du bout de la langue était plus fréquent chez les gens plus âgés mais que, à âge à peu près égal, il ne survenait pas plus souvent chez ceux qui obtenaient de moins bons scores de mémoire épisodique (soit le souvenir des événements de la vie). «Les deux phénomènes semblent largement différents l’un de l’autre», conclut l’article.

Comme l’expliquent M. Joubert et son collègue de l’Université Laval Sébastien Tremblay, il y a une différence entre la mémoire elle-même et les mécanismes par lesquels le cerveau récupère l’information. On n’a pour l’heure que des hypothèses au sujet de ces mécanismes, mais la distinction est claire.

«Notre cerveau fonctionne comme une sorte de réseau, où il y a des regroupements de mots, un peu comme des listes, explique M. Tremblay. Ça marche un peu par catégorie : on peut regrouper les mots par thèmes, ou par moments de la vie où on les a appris, etc. […] Et chaque information est reliée à d’autres connaissances ou d’autres souvenirs, parce qu’il y a toujours un contexte dans lequel on apprend quelque chose. Alors ça fait autant de chemins différents par lesquels le cerveau peut passer pour aller chercher de l’information.»

Mais il peut arriver que l’on se perde en route, pour ainsi dire. Par exemple, si quelqu’un découvre une nouvelle chanson dans un pick-up pendant un voyage de pêche et qu’il tente de se rappeler le nom de l’artiste quelques semaines plus tard, de retour en ville, il se peut que son cerveau consulte les «mauvaises listes» pendant un certain temps avant de retrouver le chemin menant vers la bonne information. Et ce contexte (changeant) peut aussi expliquer pourquoi on se rappelle soudainement de ce qu’on cherchait après une demi-heure.

Une autre possibilité, dit M. Joubert, est qu’«en mémoire, il y a des mécanismes conscients qui nécessitent des efforts et de l’attention, et il y en a qui sont plus automatiques. Alors une hypothèse que je ferais, c’est que si on arrête de mobiliser les mécanismes conscients, peut-être que la partie inconsciente peut travailler plus. Cela expliquerait pourquoi des noms qu’on avait sur le bout de la langue nous reviennent parfois tout seul, bien après qu’on ait arrêté de les chercher.»

Autres sources:

› Timothy A. Salthouse et Arielle R. Mandell, «Do Age-Related Increases in Tip-of-the-Tongue Experiences Signify Episodic Memory Impairments?», Psychological Science, 2013, goo.gl/JHDxXW

› Bennett L. Schwartz et Janet Metcalf, «Tip-of-the-tongue (TOT) states: retrieval, behavior, and experience», Memory and Cognition, 2010, goo.gl/PTZ8Uv

Science

Les nouveaux contaminants sous la loupe des chercheurs

Comment éliminer les contaminants pharmaceutiques et autres contaminants résistants contenus dans l’eau? L’institut national de la recherche scientifique espère bien trouver une réponse grâce à un programme pour former une équipe de pointe.

L’eau contient des contaminants dits émergents, principalement issus du domaine pharmaceutique, difficiles à éliminer avec les procédés conventionnels. «On consomme des médicaments à la maison et à l’hôpital qui peuvent se retrouver dans l’eau. Et les stations [d’épuration] ne sont pas adaptées pour traiter ces types de contaminants», illustre le professeur Patrick Drogui, directeur du programme de 1,6 million $. 

L’argent servira à former des experts qui travailleront de concert avec le monde industriel. Leur mandat est de développer de nouveaux moyens technologiques environnementaux pour éliminer les contaminants qui résistent toujours.

Et ils sont nombreux, outre les composés pharmaceutiques, il y a des hormones, des nanoparticules et des pesticides. «Actuellement, on peut parfois éliminer de 10% à 30% d’un produit, mais certains autres se retrouvent à 100% dans l’eau même après les traitements», explique le chercheur. 

La présence de ces rejets dans l’environnement peut être nocive pour la flore, la faune et même l’humain. Certains sont considérés comme des perturbateurs endocriniens.

Le privé dans le coup

Le défi est de trouver de nouveaux procédés écologiques de décontamination, sans ajout de produits chimiques dans l’eau, insiste le professeur Drogui. La formation s’adresse aux étudiants universitaires qui agiront principalement en collaboration avec des entreprises du territoire de la Ville de Québec.

«Il est important de pouvoir compter sur des experts capables d’innover et de proposer des approches responsables pour préserver les ressources en eau», a rappelé la conseillère Suzanne Verreault, responsable des dossiers environnement, qui était présente pour l’annonce.

Science

Direction: planète Mars

Si jamais l’être humain pose le pied sur Mars, ou s’il retourne un jour sur la Lune, cela pourrait être dans ce modèle de fusée-là : une «Falcon Heavy» comme celle que le milliardaire Elon Musk (l’homme derrière les voitures électriques Tesla) s’apprête à faire voler pour la toute première fois, mardi. À quoi peut-on s’attendre ? Que regarder ? À quoi cela servira-t-il ? Petit guide pour s’y retrouver…

La clef du vol-test de mardi sera l’atterrissage, conviennent les experts que Le Soleil a consultés. Jusqu’à tout récemment, les autres fusées orbitales étaient conçues pour ne servir qu’une seule fois et se détruire en rentrant dans l’atmosphère. La Falcon Heavy, elle, doit revenir sur le plancher des vaches (sa partie inférieure du moins, voir l’image ci-contre) et se poser sans heurt. Tout le modèle d’affaire de SpaceX, l’entreprise de M. Musk, repose d’ailleurs là-dessus : réutiliser les mêmes fusées plusieurs fois afin de réduire les coûts.

Il a fallu de nombreux essais (et plusieurs fusées détruites) avant de finalement y parvenir avec la fusée Falcon-9, en décembre 2015. La version «lourde» qui s’envolera pour la première fois est essentiellement trois Falcon-9 attachées ensemble. «Mardi, ils sont supposés faire atterrir les trois parties (deux simultanément à Cap Canaveral, et la partie centrale sur une barge en pleine mer, ndlr), dit David Saussié, chercheur à l’École polytechnique et spécialiste des systèmes de contrôle de la trajectoire des fusées. C’est surtout ça qui sera intéressant de regarder. À priori, ils sont bien partis pour réussir puisqu’ils l’ont déjà fait plusieurs fois avec des fusées, une par une.»

Mais d’un autre côté, poursuit-il, «ils ont aussi reporter ce vol-là plusieurs fois», signe que ce n’est pas parce qu’on est capable de lancer et rattraper une balle qu’il est facile de le faire avec trois en même temps. L’astronaute canadien Jeremy Hansen abonde d’ailleurs dans le même sens (voir autre texte). 

Si le vol est une réussite, Falcon Heavy deviendra de loin la fusée la plus puissante actuellement en service, pouvant amener près de 64 tonnes en orbite basse (là où se trouve la Station spatiale internationale), contre à peine 23 tonnes pour la Delta-4 Heavy. Mine de rien, c’est le plus puissant engin (en termes de charge utile) depuis la Saturn-5 qui a amené les missions Apollo sur la Lune et qui reste l’engin le plus puissant de l’histoire. La NASA travaille en ce moment sur un modèle encore plus fort, mais SpaceX revendique l’avantage du coût : alors que la Delta revient à 400 millions $ par lancement, la Falcon Heavy couperait la facture des deux tiers, sinon des trois quarts, compte tenu du fait qu’elle est réutilisable.