Science

Pourquoi manger des insectes est bon pour nous… et pour la planète

LA SCIENCE DANS SES MOTS / Les océans sont surexploités et les changements climatiques auront de profondes répercussions sur la production alimentaire. Pendant ce temps, près d'un milliard de personnes souffrent de malnutrition chronique dans le monde. Parmi les solutions possibles, l'une fait tranquillement son chemin : manger des insectes.

L'Organisation des Nations Unies (ONU) prévoit qu'en 2050, si la tendance se maintient, la population mondiale atteindra les 9,8 milliards d'habitants. En conséquence, la demande mondiale de denrées alimentaires et d'aliments pour animaux devrait augmenter de 70 %, ce qui exercera une pression supplémentaire sur des ressources agricoles déjà surexploitées.

La demande mondiale de viande en particulier continuera d'augmenter au fur et à mesure que les habitudes alimentaires dans les pays en développement changeront, en raison de l'urbanisation rapide et de la croissance économique.

Des alternatives aux protéines animales

Pour relever les défis alimentaires actuels et futurs, il faut repenser le secteur agro-alimentaire. Nous devons trouver de nouvelles façons de cultiver les aliments, s'attaquer aux inefficacités et élaborer de nouvelles approches en matière de méthodes de production.

Outre la croissance démographique, l'urbanisation et la montée de la classe moyenne dans les pays en développement font augmenter la demande mondiale d'aliments, en particulier de protéines animales. Il faut réduire l'apport des ingrédients traditionnels pour l'alimentation animale comme les céréales, les farines de poisson et les graines oléagineuses et leur trouver des substituts afin d'utiliser plus efficacement les ressources.

Les milliards d'animaux élevés chaque année pour l'alimentation exercent une pression croissante sur les ressources en terre et en eau et contribuent aux changements climatiques et à d'autres impacts négatifs sur l'environnement.

L'élevage du bétail pour la production de viande exerce une pression considérable sur l'utilisation mondiale des terres et de l'eau. À l'heure actuelle, une grande partie des protéines produites pour l'alimentation du bétail provient de sources parfois non durables et nuisibles à l'environnement.

Les milliards d'animaux élevés chaque année pour l'alimentation exercent une pression croissante sur les ressources en terre et en eau et contribuent aux changements climatiques et à d'autres impacts négatifs sur l'environnement.

L'élevage du bétail pour la production de viande exerce une pression considérable sur l'utilisation mondiale des terres et de l'eau. À l'heure actuelle, une grande partie des protéines produites pour l'alimentation du bétail provient de sources parfois non durables et nuisibles à l'environnement.

Manger des insectes

Pour relever le défi considérable d'assurer la sécurité alimentaire pour l'avenir, il est impératif de trouver des sources alternatives et durables de protéines, tant pour la consommation humaine directe que pour l'alimentation animale. Les protéines dérivées d'insectes représentent une solution possible. Les insectes, en particulier les larves de mouches, possèdent de nombreuses qualités qui les rendent bien adaptés à l'alimentation animale.

Par exemple, les insectes sont déjà une source naturelle de nourriture pour les porcs et la volaille ainsi que pour de nombreuses espèces de poissons. De plus, les larves d'insectes ont généralement une teneur élevée en protéines et sont riches en d'autres nutriments bénéfiques comme les graisses, les minéraux et les vitamines.

Pour relever le défi considérable d'assurer la sécurité alimentaire pour l'avenir, il est impératif de trouver des sources alternatives et durables de protéines, tant pour la consommation humaine directe que pour l'alimentation animale. Les protéines dérivées d'insectes représentent une solution possible. Les insectes, en particulier les larves de mouches, possèdent de nombreuses qualités qui les rendent bien adaptés à l'alimentation animale.

Par exemple, les insectes sont déjà une source naturelle de nourriture pour les porcs et la volaille ainsi que pour de nombreuses espèces de poissons. De plus, les larves d'insectes ont généralement une teneur élevée en protéines et sont riches en d'autres nutriments bénéfiques comme les graisses, les minéraux et les vitamines.

Science

Grands Lacs: l’eau est anormalement élevée

Le niveau d’eau du lac Ontario a atteint 75,92 mètres le 6 juin. Il surpasse le record enregistré en 2017 et le seuil d’alerte, qui est de 75,5 mètres. Tous les autres Grands Lacs sont en ce moment anormalement élevés.

Le barrage Moses-Saunders, à Cornwall, réduit de 30 % l’afflux du lac Ontario dans le fleuve Saint-Laurent. Mais son effet sur le niveau du lac est minime, selon Rob Caldwell, le secrétaire canadien du Bureau de la régularisation des Grands Lacs et du Saint-Laurent, cité par Radio-Canada.

L’expert a expliqué que les arrivées d’eau dans le lac Ontario provoquent sa hauteur record. Cette étendue d’eau, la plus à l’est des cinq Grands Lacs, est aussi celle qui se situe à l’altitude la plus basse. Le liquide qui y arrive, en grande partie par les chutes du Niagara, peut venir du lac Supérieur, après un voyage de plus de 600 kilomètres.

M. Caldwell a incriminé également le vent de l’est qui réduit l’écoulement des eaux du lac Ontario. «Nous sommes à la merci de Mère Nature», a-t-il déclaré.

L’eau est très haute dans les autres Grands Lacs également :

  • Au début du mois de juin, le niveau du lac Supérieur a dépassé de huit centimètre son record pour cette période de l’année, qui remontait à 1986.
  • Le niveau mensuel du lac Érié a surpassé en mai tous les autres, le précédent record datant également de 1986.
  • Le niveau des lacs Michigan et Huron dépasse de 75 centimètres sa moyenne.

L’eau des Grands Lacs devrait commencer à baisser en automne. Elle monte à chaque printemps. Ce phénomène est toutefois extrême cette année. Les importantes chutes de neige de l’hiver dernier et les pluies abondantes qui ont suivi en sont les causes principales.

Certains chercheurs croient que l’enregistrement de niveaux extrêmement haut et bas dans les Grands Lacs devient la nouvelle norme à cause des changements climatiques.

Science

Une méduse pour aider votre cerveau?

DÉTECTEUR DE RUMEURS / Quel lien y a-t-il entre une protéine de méduse et la santé de votre cerveau ? Un supplément alimentaire qui est censé, selon ses promoteurs, stimuler votre mémoire, votre concentration et votre capacité de raisonnement, en plus de retarder les effets du vieillissement. Le Détecteur de rumeurs et l’Organisation pour la science et la société ont un doute.

L’origine de la rumeur

Prevagen est un supplément alimentaire dont l’ingrédient « actif » est censé être une protéine appelée «apoæquorine», prélevée sur des méduses. Les explications du fabricant sur ce qui permet de l’associer à notre mémoire sont plutôt floues, mais tournent autour du calcium : en gros, chez la méduse, cette protéine s’attache au calcium, et c’est ce qui procure à l’animal sa fameuse fluorescence. Or, les protéines qui se lient au calcium jouent un rôle crucial dans le bon fonctionnement de notre cerveau. Prevagen fait donc valoir qu’un supplément à base d’apoaequorine serait bénéfique.

Extrapolation douteuse

Nos neurones ont effectivement besoin de calcium pour bien fonctionner. Ce calcium ne doit être ni trop abondant ni trop rare. Nos protéines qui se lient au calcium nous protègent contre ces excès. Mais elles se raréfient avec l’âge, ce qui mène à un surplus de calcium dit «non-lié» qui peut endommager nos neurones et donc, nuire à notre mémoire et à notre cognition.

Les biologistes savent que la protéine de méduse en question contient une séquence d'acides aminés très semblable à celle des protéines qui se lient au calcium dans notre corps. De plus, en laboratoire, lorsque des cellules sont mises en contact avec cette protéine, elles acquièrent une meilleure résistance aux dommages. Ces résultats ont mené à l'idée que l'apoaequorine pourrait protéger nos neurones des conséquences du vieillissement.

Le raisonnement a du sens lorsqu'on parle de lames de microscopes en laboratoire. Mais lorsqu'il s’agit d’ingérer cette protéine dans une pilule, on doit s'assurer que la protéine survive à notre système digestif, qu'elle soit absorbée dans notre sang et qu'elle traverse la barrière hémato-encéphalique qui protège notre cerveau des agents infectieux et autres molécules indésirables. Puisque nous savons que les protéines sont décomposées lors de la digestion, les chances que celles-ci demeurent intactes et se rendent au cerveau sont donc négligeables.

Prevagen a-t-elle fait ces tests ? La compagnie Quincy Bioscience, qui distribue Prevagen, proclame que oui. Elle nous présente, avec tambour et trompette, un essai clinique interne contrôlé via placebo, qui démontre une amélioration de la mémoire après 90 jours. Alors qu’en fait, en bout de ligne, le groupe ayant reçu le placebo a performé tout aussi bien que le groupe expérimental.

De plus, au-delà de ce test effectué par la compagnie elle-même, il ne semble pas y avoir de publications révisées par les pairs qui puissent attester de l’efficacité et de l’absence de risques de Prevagen. Ce qui n’empêche pas Quincy Bioscience de proclamer qu’il a été cliniquement démontré que son produit améliore la mémoire et les capacités cognitives. Quoiqu'une clause en petits caractères accompagnant les publicités précise que : «Ces déclarations n'ont pas été évaluées par la Food and Drug Administration. Ce produit n'est pas prévu pour le diagnostic, le traitement, la guérison ou la prévention de toute maladie.»

Ce n’est pas tout. Les données présentées par la compagnie concernant la sûreté du produit semblent elles-mêmes démontrer que le produit ne peut pas fonctionner. Leur essai clinique conclut en effet : «La présente étude s'est penchée sur le potentiel allergène de la protéine purifiée. (Les résultats) révèlent que la protéine n'est pas un allergène connu et ne risque pas de provoquer une réaction croisée avec des allergènes connus. L'apoaequorine est facilement digérée par la pepsine. (...) Ces données ne laissent pas la porte ouverte à des préoccupations supplémentaires en matière de sûreté qui seraient dues à une stabilité inhabituelle de la protéine suivant son ingestion.»

Autrement dit, la compagnie admet, dans cet extrait, que la protéine est décomposée lors de la digestion et n'entre pas dans le cerveau.

Pire encore, dans un avertissement envoyé à la compagnie en 2012, la Food and Drug Administration des États-Unis écrivait que «notre inspection a trouvé des traces de plus de 1 000 événements indésirables et de plaintes rapportées à votre firme entre mai 2008 et décembre 2011». Des «événements indésirables» aussi divers que des convulsions, des AVC, une aggravation des symptômes de la sclérose en plaques, des douleurs à la poitrine, des tremblements, des évanouissements et, étrangement, un dérangement de la mémoire et de la confusion.

Un poursuite contre la compagnie a d’ailleurs été lancée en 2017 aux États-Unis par la Commission fédérale du commerce (FTC) pour fausse représentation et études «non concluantes». Un juge a d’abord rejeté cette poursuite, mais une cour d’appel a tranché en faveur de la FTC en février 2019. Dans la foulée de ce dernier jugement, des consommateurs ont déposé un recours collectif faisant valoir que «Prevagen est un produit à but unique : son seul prétendu avantage est d'améliorer la fonction cérébrale et la mémoire — ce qu'il ne fait pas.»

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Ce texte est une adaptation du billet rédigé en anglais par Joe Schwarcz, publié sur le site de l’Organisation pour la science et la société de l’Université McGill.

Science

Avez-vous vu mes moineaux?

SCIENCE AU QUOTIDIEN / «Ma femme et moi habitons la Pointe-de-Sainte-Foy depuis 35 ans. Chaque printemps, nous nous faisons réveiller le matin par des douzaines de corneilles qui nichent dans les grands pins. Mais cette année, silence total le matin. On voit une corneille par ci, par là, mais c’est tout. Nous avons aussi vu beaucoup moins de petits oiseaux migrateurs comme les juncos. Où sont passés tous ces oiseaux ?», demande Pierre Fréchette.

En ce qui concerne les corneilles, c’est difficile à dire. Ce peut être simplement un hasard si elles sont allées croasser ailleurs cette année, car cette espèce n’est pas en déclin, dit l’ornithologue d’Environnement Canada Michel Robert. Celui-ci est bien placé pour le savoir car il a dirigé le dernier Atlas des oiseaux nicheurs du Québec, paru ce printemps, qui repose sur plus de 100 000 heures d’observation sur le terrain réalisées par quelque 1800 bénévoles entre 2010 et 2014. Comme le même genre d’exercice avait été fait à la fin des années 80 et que les chercheurs sont retournés exactement aux mêmes endroits, on peut faire des comparaisons et dégager des tendances sur 25 ans.

Or, m’a écrit M. Robert lors d’un échange de courriels, «je n’ai pas noté qu’il semblait y avoir moins de corneilles ce printemps ; de plus, les données de l’Atlas n’indiquent rien qui va dans le sens d’un déclin des populations nicheuses de cette espèce pour la période 1990-2014». Il ne semble donc rien s’être passé de particulier avec les corneilles, à part le fait qu’elles s’adonnent cette année à avoir choisi d’autres branches que celles du voisinage de M. Fréchette. Ça arrive.

En ce qui concerne les oiseaux migrateurs, cependant, il y a clairement «quelque chose là», comme on dit. Parmi les facteurs qui poussent les oiseaux à migrer, on trouve la température et la disponibilité des ressources. Or avec le printemps de (comment le dire poliment ?) schnoutte que nous avons connu, beaucoup d’espèces d’oiseaux qui nichent ou qui passent par ici ont retardé leur arrivée/passage. Certaines ne tolèrent pas le froid et n’auraient pas pu survivre, d’autres sont capables d’endurer un peu de froid quand elles ont de la nourriture, mais ledit froid a justement empêché les insectes et les fleurs de sortir aussi tôt que d’habitude, etc.

Bref, ces espèces n’avaient alors aucune raison de venir dans le sud du Québec, et la plupart sont «arrivées/passées à Québec plus tard qu’à l’accoutumée, écrit M. Robert. Encore ce matin [le 4 juin, ndlr] au Domaine Maizerets, il y avait de nombreuses espèces de parulines en migration alors qu'à ce temps-ci de l’année, normalement, la plupart des oiseaux migrateurs sont déjà [passés]».

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«Depuis plusieurs années, on ne voit plus d’hirondelles dans notre paysage, alors où sont-elles allées ? Même les moineaux, qui jadis étaient nombreux dans nos villes et campagnes, semblent les avoir désertés. Est-ce une une réalité ou une fausse impression ?», demande Yvon D’Argy, de Québec.

C’est malheureusement une réalité indéniable, tant pour les hirondelles que pour les moineaux. D’après le Relevé des oiseaux nicheurs du Québec, les populations d’hirondelles rustiques et d’hirondelles de rivage se sont complètement écrasées, ayant fondu de pas moins de 98 % et 92 % respectivement depuis 1970 — au point où le fédéral les a placées sur sa liste d’espèces protégées en novembre 2017. Dans le cas du moineau domestique, on parle d’une baisse d’environ 70 % depuis 1990.

Alors, qu’est-il arrivé ? Grosso modo, ces espèces sont des victimes collatérales et involontaires des changements qui ont «intensifié» notre agriculture au cours des dernières décennies. Par exemple, les marges autrefois laissées en friche autour des champs, et qui constituaient des habitats pour certains oiseaux et insectes, sont maintenant cultivées par les fermiers. On compte environ 80 % moins de pâturages (autre habitat favorable) aujourd’hui qu’au milieu du siècle dernier, lit-on dans un rapport du Regroupement Québec Oiseaux publié en 2014 au sujet de la disparition des oiseaux champêtres. Il y a moins d’élevage qu’avant et le bétail est désormais gardé à l’intérieur presque tout le temps, ce qui prive plusieurs espèces de sources de nourriture — que ce soit les grains qui tombaient des mangeoires ou les insectes que les animaux attiraient.

Beaucoup de terres ont été converties à la production de maïs et de soya, qui n’offrent pas de bons habitats et qui laissent le sol à découvert au printemps, quand les migrateurs arrivent. L’usage grandissant des pesticides est également en cause, tant parce qu’ils éliminent une partie du garde-manger des insectivores et que ceux-ci se trouvent à manger des proies contaminées. Bref, les campagnes ne sont plus aussi hospitalières qu’avant pour ces espèces.

«D’ailleurs, note l’Atlas des oiseaux nicheurs au sujet du moineau domestique, le moineau ne semble pas avoir subi de pertes notables [...] en Abitibi-Témiscamingue, région où les pratiques agricoles ont peu changé.» En milieu urbain, poursuit l’ouvrage, le moineau domestique doit composer avec des prédateurs plus nombreux qu’avant et avec la compétition accrue du roselin familier, une espèce originaire du sud-ouest américain mais qui a beaucoup étendu son aire de répartition récemment.

Dans le cas de l’hirondelle rustique, il faut ajouter qu’elle est aussi «victime» des matériaux modernes avec lesquels on construit les résidences et les granges de nos jours : elle fait son nid avec de la boue qui, si elle adhère solidement au bois, ne prend pas bien du tout sur du PVC ou du métal.

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Vous vous posez des questions sur le monde qui vous entoure ? Qu’elles concernent la physique, la biologie ou toute autre discipline, notre journaliste se fera un plaisir d’y répondre. À nos yeux, il n’existe aucune «question idiote», aucune question «trop petite» pour être intéressante ! Alors écrivez-nous à : jfcliche@lesoleil.com.

Science

Les «ports artificiels», clef du succès du Jour J

LA SCIENCE DANS SES MOTS / Lorsque les troupes alliées ont pris d'assaut les plages de Normandie, en France, le 6 juin 1944 — une audacieuse invasion d'un territoire occupé par les nazis et qui a fait pencher la balance de la Deuxième Guerre mondiale — elles ont utilisé une technologie à la fois remarquable et totalement non éprouvée : les ports artificiels.

Pour organiser ce qui était alors le plus grand assaut maritime de l'histoire, les armées américaine, britannique et canadienne ont dû prévoir le débarquement d'au moins 150 000 soldats, militaires, et tout leur équipement dès le premier jour de l'invasion.

La reconquête du littoral français était seulement le premier défi. Par la suite, les troupes alliées prévoyaient traverser les territoires occupés afin d'aller libérer Paris et, finalement, se rendre à Berlin, où elles allaient converger avec l'armée soviétique pour vaincre Hitler.

Lorsque le général Dwight Eisenhower et ses conseillers ont fait pression pour réaliser cette ambitieuse invasion de la France occupée par les nazis, le premier ministre britannique Winston Churchill a émis de sérieux doutes.

Opération impossible ?

Une telle opération nécessitait plus d'un million de soldats - tous équipés d'armes, de munitions, de nourriture et de vêtements - en plus de centaines de milliers de véhicules, de tentes et du personnel médical.

Le transport d'un si grand nombre de personnes et de matériaux dans des navires, qui devraient lutter contre les vagues, les marées et les courants, représentait un énorme défi logistique.

Churchill, rappelant l'échec de la campagne maritime pour capturer Gallipoli pendant la Première Guerre mondiale, craignait que les troupes alliées ne soient piégées sur les plages et ne deviennent des cibles faciles pour les soldats allemands qui attendaient sur les falaises de Normandie.

Il a donc exigé qu'une équipe d'ingénieurs, de scientifiques et d'officiers militaires conçoive une aire de rassemblement maritime qui pourrait réellement appuyer une telle opération.

La solution de l'équipe était ingénieuse : deux ports artificiels faciles à assembler où les navires alliés pouvaient jeter l'ancre en toute sécurité pour organiser cette opération de grande envergure.

Comme je l'écris dans mon livre publié en 2016 sur ce qui est connu sous le nom de « Mulberry Harbours », chacun de ces ports artificiels était constitué de brise-lames - des barrières contre les vagues constituées de navires coulés et d'énormes chambres en béton.

Derrière les brise-lames circulaires se trouvait un système sophistiqué de piliers flottants ancrés au fond marin.

Toutes ces pièces ont été remorquées à 30 milles de l'autre côté de la Manche le Jour J, à partir du sud de l'Angleterre, puis coulées sur place, à environ un mille de la côte nord-ouest de la France, le même jour.

Les avions allemands de reconnaissance aérienne ont repéré les chambres en béton, qui avaient été remplies d'air pour les faire flotter avant qu'elles ne soient coulées. Mais d'après mes recherches archivistiques, les Allemands n'avaient aucune idée de ce qu'ils voyaient ou de l'utilisation qui serait faite de ces contenants géants.

Une solution flottante

Une fois terminé, chaque Port Mulberry — un nom de code qui n'a aucune autre signification — donnait aux troupes alliées l'accès à une surface d'environ 1 mille carré d'une mer calme et sans vagues à partir duquel elles ont pu organiser l'invasion.

Près de 200 navires militaires et de péniches de débarquement ont mouillé dans les ports de Mulberry la première semaine, envoyant 12 divisions militaires, soit environ 180 000 hommes, directement en territoire ennemi.

Science

Les scientifiques doivent sauter dans le ring de la désinformation

Sur les réseaux sociaux et tout autour de nous, science et pseudoscience se côtoient. «Quand je lis des choses comme l’eau miraculeuse des sportifs, cela ne me donne pas toujours envie de sauter dans l’arène, même si cela reste nécessaire de le faire», résume la professeure au département des sciences biologiques de l’Université Bishop’s et co-organisatrice du colloque de l’ACFAS sur la communication de la recherche, Estelle Chamoux.

«Le climat socioculturel actuel contribue à la promotion du paranormal. C’est une bataille perdue d’avance, l’adepte des pseudosciences affirme sans prouver et c’est moi qui dois démontrer qu’il se trompe», résume pour sa part le professeur titulaire à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, Serge Larivée.

La faute va en partie à ce fameux biais de confirmation qui nous permet de prendre des raccourcis utiles, mais qui nous trompe si souvent. « Le cerveau est une machine à générer des croyances. Il veut faire du sens rapidement, ce qui va renforcer ce qu’il pense être vrai, mais qui n’est qu’un biais trompeur », ajoute le chercheur. Le biais de confirmation, analysait longuement le Pr Larivée dans un article, contribue à créer des automatismes mentaux : utile pour gagner du temps et pour réduire les émotions négatives liées à la remise en question d’idées qui nous sont chères…

Redonner confiance

Mais la faute en revient aussi à une barrière qui semble s’être dressée entre le public et la science. Les scientifiques ont souvent du mal à communiquer de manière simple et accessible, tandis que les personnes perçoivent les experts comme une voix parmi tant d’autres.

Ce qui peut contribuer à la méfiance, croit la Pre Chamoux : «La société québécoise possède en moyenne un niveau de littératie scientifique peu élevé, correspondant à primaire 4-5. C’est pour cela qu’il y a une forte méfiance et un désintérêt élevé, et que beaucoup de gens adhèrent aux théories du complot.»

Le manque de littératie scientifique deviendrait même un problème de santé publique, par exemple lorsqu’il détourne les parents de la vaccination. «Les inquiétudes peuvent être légitimes mais sur les réseaux sociaux, n’importe quel gourou va monopoliser le débat en faisant primer l’émotionnel sur le rationnel. Alors que le scientifique va répondre par des données probantes, les anti-vaccins vont culpabiliser les mères avec des arguments infondés», relève encore la Pre Chamoux.

Alors que Serge Larivée avait documenté dans une étude, en 2013, la place grandissante des pseudosciences au sein des librairies, rayons des enfants compris, il apparaît que même les écoles et les universités ne sont plus à l’abri. «Quand un salon de l’ésotérisme se donne dans une école secondaire ou qu’un médium donne une conférence dans une université, cela apporte de la crédibilité à ce genre de choses. L’école a aussi son autocritique à faire», relève l’étudiante en biologie de l’Université Bishop’s — et ancienne naturopathe — Sonya Anvar.

L’un des moyens d’amener la science auprès des gens serait de bâtir un lien direct entre leurs préoccupations et les connaissances scientifiques — comme apprennent à le faire les vulgarisateurs professionnels et les journalistes scientifiques. Pour cela, les scientifiques doivent sauter dans l’arène. «Il faut les outiller pour qu’ils s’y sentent à l’aise, peut-être en commençant par un blogue ou une page YouTube. Ils doivent être présents sur les réseaux sociaux», ajoute encore Estelle Chamoux.

Un autre moyen de redonner confiance en la science, c’est de multiplier les initiatives citoyennes. Avec la plateforme sur les tiques et la maladie de Lyme que Sonya Anvar a mise sur pied, les habitants du Québec, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick peuvent participer en mettant une photo et la localisation de la tique recueillie sur leur animal ou sur eux.

Cette démarche scientifique participative permet du coup à la personne d’en apprendre plus sur ce qu’est la science, à l’image de ceux qui participent aux recherches cliniques. Parce que, explique Sonya Anvar, se familiariser avec la manière dont la science se construit permet à cette personne de mieux comprendre ce qu’est vraiment la science.

Science

Sauver les poissons : «moins compliqué» que le climat

PARIS — «Ce n'est pas un problème si ardu !» L'océan pourrait encore se repeupler, en partie, si on laissait les stocks de poissons se reconstituer, souligne Daniel Pauly, sommité de la biologie marine, dont les travaux ont révélé l'ampleur de la surpêche mondiale.

À 73 ans, le Français, professeur à Vancouver, multiprimé, expert ès ressources marines «le plus prolifique et le plus cité» selon la revue Science, continue à étudier et à diffuser au plus grand nombre. C'est «une obligation morale de participer à la vie, à la société civile», dit à l'AFP ce scientifique engagé, dont la vie épique est retracée dans une biographie, Un océan de combats, signée de l'océanographe David Grémillet (éd. Wildproject).

Et quel parcours ! Fils d'un GI afro-américain vite volatilisé et d'une ouvrière française, exploité pendant des années par une famille de chiffonniers suisses, le jeune Daniel s'échappera par les études, les rencontres, les voyages, se forgeant une conscience politique aigüe, de l'Amérique ségrégationniste jusqu'aux Philippines et en Afrique. Il mènera à bien des chantiers herculéens, établissant une base de données sur la biologie des poissons du monde entier, et pas des seules mers froides, puis sur l'état des pêcheries au niveau global.

«Le fond du tonneau»

L'histoire que ces travaux racontent, telle qu'il la résume, est vertigineuse: elle commence en 1880 «avec les premiers chalutiers à vapeur anglais. En 10 ans, ils épuisent les poissons autour des îles britanniques, alors ils partent au large. Pareil en France, et ailleurs. «Au large», c'est en Patagonie, en Afrique, en Antarctique, partout... C'est l'expansion! Or sur une planète finie, cela veut dire que ça va se casser la figure un jour»

«On liquide les stocks, puis on va ailleurs. C'est comme la pyramide de Ponzi, poursuit-il. Dès les années 1990, les nouveaux stocks, plus rares, ne compensent plus les pertes. Aujourd'hui, tous sont exploités, et c'est le déclin» de la pêche.

Pourtant, contrairement au climat par exemple, «ce n'est pas un problème vraiment compliqué. C'est une question de subventions, qu'il faut abolir, de quotas, qu'il faut un peu baisser, et de préférences pour la pêche artisanale plutôt qu'industrielle. Les poissons réagissent bien. Si la législation est bien conçue, les stocks se remettent !»

Succès type: la loi américaine Magnuson-Stevens prise en 1976 puis amendée. «Elle contraint à rétablir les stocks en 10 ans. Si les quotas sont trop élevés, la société civile peut porter plainte! Ça fonctionne, et le gouvernement n'intervient jamais.» En revanche Daniel Pauly n'a pas de mot assez dur pour la politique européenne.

Méduses et surimi

«Les pays ont décidé d'une compétition à outrance pour ce qui reste, pour le fond du tonneau. Par exemple la Commission européenne avait décidé il y a quelques années de reconstituer les stocks, et il y a eu amélioration, et là elle va recommencer avec les subventions pour moderniser les flottes. C'est impensable !»

Les politiques «ne comprennent pas, ou ne veulent pas comprendre, quand nous disons : vous attraperez plus en pêchant moins».

Alors quel poisson mangerons-nous dans quelques années ? «Du surimi, et des méduses !, répond-il, plaisantant à moitié. En France, on aura toujours du poisson car on achètera tous ceux qu'on trouvera. Mais si «nous» c'est le monde, c'est un autre problème.»

Il invite le consommateur à s'engager. Mais choisir le contenu de son assiette ne suffit pas — si tant est qu'on s'y retrouve devant des écolabels limités. «Il faut identifier le poisson comme cause à faire avancer, un enjeu politique. Ensuite à l'Etat d'orienter.» Lui poursuit ses recherches, sur l'oxygène et la croissance des poissons, sujet aussi lié au climat.

Science

Bipèdes à cause des supernovas ? Douteux !

DÉTECTEUR DE RUMEURS / Le Détecteur de rumeurs ne s’était encore jamais intéressé aux supernovas, ces étoiles qui terminent leur vie dans une gigantesque explosion. Mais la nouvelle, beaucoup partagée sur les réseaux sociaux, voulant que nos ancêtres aient commencé à marcher à cause d’une série de supernovas, a attiré notre attention.

L’origine de la rumeur

Bien que ce soit un article dans le quotidien britannique The Guardian, qui ait été le point de départ des partages sur les réseaux sociaux (intitulé « Des explosions d’étoiles ont conduit les humains à marcher sur deux jambes, suggère une étude radicale »), l’origine de cette nouvelle est bel et bien une recherche : publiée le 28 mai dans le Journal of Geology par deux chercheurs en physique du Kansas, on y lit ce court passage : «La conversion des forêts aux savanes a longtemps été considérée comme un facteur central de l’évolution des hominidés vers la bipédie… Ainsi, il est possible qu’une supernova proche ait joué un rôle dans l’évolution des humains.»

Beaucoup de «si»

Le gros de cette recherche s’appuie sur une série d’empreintes géologiques qui ont permis aux géologues, ces dernières années, de déduire que des étoiles ont explosé dans notre «banlieue» galactique il y a 2,6 à 8 millions d’années. Les auteurs placent un «sommet» de ces événements cosmiques il y a 2,6 millions d’années et l’attribuent à une étoile située à «seulement» 160 années-lumière — soit assez proche pour avoir été visible à l’œil nu. Leur hypothèse est que les radiations causées par ce dernier événement auraient été suffisantes pour perturber notre atmosphère, augmentant du coup, présument-ils, le nombre d’orages électriques, donc les éclairs, donc les feux de forêt — et de là, concluent-ils, auraient transformé les forêts, où vivaient nos ancêtres, en savanes. Il se trouve que le passage aux savanes, ou herbes hautes, a souvent été pointé du doigt par les paléontologues comme une cause de notre évolution vers la marche sur nos «pattes arrière».

Cela fait toutefois beaucoup de «si» et ce n’est que dans l’avant-dernier paragraphe (sur 10 pages) que les deux physiciens font cette allusion à la marche debout. Mais ils ont aussi choisi de placer cette interprétation dans leur abstract — soit le paragraphe d’introduction qui est censé résumer les points les plus importants d’une recherche. Donnant du coup à leur brève allusion de l’avant-dernier paragraphe une importance démesurée.

Deux gros bémols

Dans les faits, les paléontologues conviennent plutôt depuis longtemps que le passage à la bipédie constitue un phénomène complexe, impossible à attribuer à une seule cause. Le besoin, dans un paysage de savane, de voir approcher les prédateurs de loin, est un facteur qui a pu jouer, mais d’autres ont certainement contribué, au fil des millions d’années : facteurs génétiques, comportementaux, environnementaux etc.

Par ailleurs, la célèbre Lucy, découverte en Éthiopie en 1974, marchait déjà debout il y a 3,2 millions d’années. Des fossiles suggèrent que sa famille Australopithecus afarensis était essentiellement bipède il y a 4 millions d’années. Moins connu, Sahelanthropus tchadensis marchait peut-être en partie sur deux jambes il y a 6 à 7 millions d’années.

Reste qu'en faisant référence, dans leur abstract, au rôle qu’auraient pu jouer les supernovas dans l’évolution vers le bipédalisme, les scientifiques ont réussi à attirer davantage l’attention que s’ils avaient parlé uniquement d’explosions d’étoiles.

Science

Dans les yeux d'un daltonien

SCIENCE AU QUOTIDIEN / «On nous annonce des lunettes «magiques» qui permettrait aux daltoniens de voir les couleurs. Je suis moi-même daltonien et je ne comprends pas comment ces lunettes pourraient me permettre de nommer une couleur spécifique. Comment pourrais-je nommer une couleur que je n’ai jamais vue, ni jamais identifiée ?», demande Bertrand Bouchard, de Beauport.

Il existe effectivement des lunettes dont les fabricants prétendent, ou du moins laissent entendre à mots plus ou moins couverts, qu’elles restituent aux daltoniens la vision des couleurs. Par exemple sur le site d’EnChroma, une des principales marques de ces verres, on promet des «couleurs et une clarté qui vont changer votre vie» et l’on propose aux gens qui peinent à distinguer certaines couleurs de «découvrir ce que cela signifie de vivre sa vie avec une perspective plus colorée». Plusieurs exergues (dithyrambiques) d’articles parus dans les médias y sont aussi présentés, et eux sont encore plus explicites. En voici un exemple : «Ils [ceux qui achètent des EnChroma] voient les vraies couleurs pour la toute première fois.»

Mais comme c’est souvent le cas avec les sites d’entreprise, il y a une bonne part de marketing dans tout cela, comme en fait foi la petite «note légale» publiée tout au bas de la page web : «Les verres EnChroma sont un dispositif d’assistance optique qui améliore la discrimination des couleurs chez les personnes daltoniennes ; ils ne guérissent pas du daltonisme. Les résultats peuvent varier selon le type et le degré de daltonisme. (Mon soulignement.)

Le mot-clef, ici, est vraiment discrimination, car comme l’explique Christian Salesse, professeur d’ophtalmologie de l’Université Laval, «ces verres vont permettre à certaines personnes qui sont déficientes dans la vision des couleur de voir des niveaux de couleurs qui sont différents. Et donc ça donne l’impression de détecter des couleurs différentes mais ça ne règle pas le daltonisme. (…) Il n’y a rien que ces verres-là règlent complètement, il faut être clair».

Il est très ardu de se représenter exactement et concrètement la différence que cela peut faire aux yeux d’un daltonien, dit M. Salesse, car cela demanderait de se mettre dans sa tête, essentiellement. Si bien qu’il est impossible de répondre directement à la question de M. Bouchard, puisque on ne sait pas vraiment la différence que ces verres feraient pour lui. Mais disons tout de même ceci. Il existe des simulateurs de daltonisme en ligne, qui consistent à présenter des points de couleur ou des photos avec des filtres qui enlèvent le rouge ou le vert, qui sont habituellement les couleurs que les daltoniens ont du mal à percevoir (il arrive aussi que ce soit le bleu, mais cette forme de daltonisme plus rare).

Quand on regarde ces images, on voit tout de suite que les rouges, les verts et les jaunes deviennent tous comme des tons de jaune-brun, et que certaines teintes qui sont manifestement différentes pour un œil fonctionnel apparaissent identiques pour un daltonien. On peut donc imaginer que des verres comme ceux d’EnChroma accentuent ces différences. Les couleurs, notons-le, restent toujours dans la même palette jaune-brun, mais là où il y avait deux couleurs identiques aux yeux des daltoniens, il y aura désormais deux tons différents.

Mais j’insiste, on est dans l’imagination, ici. «C’est très difficile à savoir vraiment, souligne M. Salesse, mais c’est sûr que cela ne redonne pas une vision des couleurs complètes.»

Cela pourrait d’ailleurs difficilement être le cas, explique le chercheur, puisque ces verres agissent comme des filtres, ce qui signifie qu’ils n’ajoutent pas d’information visuelle, au contraire ils en enlèvent. Cela change l’apparence des couleurs, ce qui peut amener certaines personnes à distinguer des couleurs qui leurs semblaient pareilles, mais cela ne leur permet pas de les percevoir pleinement.

Et comme l’indiquent la petite note de bas de page sur le site d’EnChroma, cela ne fonctionne pas pour tout le monde, car le daltonisme peut prendre des formes et avoir des causes diverses. L’œil humain perçoit les couleurs grâce à des récepteurs nommés cônes, à cause de leur forme (nous avons aussi des «bâtonnets» pour la vision en noir et blanc, mais c’est une autre question). Ces cônes viennent en trois sortes pour voir les trois couleurs dites primaires : le bleu, le rouge et le vert.

Certaines personnes naissent avec une seule sorte de cône et ne perçoivent donc qu’une seule couleur. «Ces gens-là, les verres comme ceux d’EnChroma ne doivent pas du tout les aider, mais on parle quand même ici d’environ 1 personne sur 1 million», estime M. Salesse. D’autres naissent avec deux cônes différents (donc il leur en manque un) — «ceux à qui il manque les cônes rouges, ça ne les aidera pas des masses», dit-il. Et d’autres encore naissent avec tous leurs cônes, mais l’un d’entre eux est moins fonctionnel pour une raison ou pour une autre — les gènes responsables de l’expression des pigments de ces cônes peuvent être défectueux, un gène codant pour l’une ou l’autre des protéines impliquées dans la «phototransduction» (quand la lumière captée par le pigment du cône est transformée en signal nerveux) peut être muté, etc.

Dans tous les cas, les verres pour «corriger» le daltonisme ne peuvent rien pour les gens qui ne perçoivent pas le bleu. Cela peut mieux fonctionner pour les gens que les ophtalmologistes appellent les «protans» (cônes rouges affectés) et les «deutérans» (cônes verts affectés), mais encore là, cela peut varier d’une personne à l’autre, dit M. Salesse.

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Qu’ont en commun les ultramarathoniens, qui courent 250 km par semaine pendant des mois, et les femmes enceintes? À vue de nez, pas grand-chose, mais une étude parue dans Science Advances vient de leur trouver un étonnant point commun : leurs dépenses énergétiques seraient très proches du «plafond» que l’espèce humaine est capable de soutenir à long terme.

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