L’annonce quasi simultanée de la hausse des salaires et des dénonciations publiques d’infirmières qui dénoncent leurs conditions de travail «sont les gouttes qui ont fait déborder le vase», concède Estelle Ouellet, secrétaire et trésorière de l’organisme Médecins québécois pour le réseau public.

Schisme entre des médecins spécialistes et leur fédération

Les médecins spécialistes seraient aujourd’hui deux fois plus nombreux à s’être exprimés contre la hausse de leur salaire que les délégués les représentant à la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) croit l’organisme Médecins québécois pour le réseau public (MQRP), à la lumière du nombre de signatures obtenues à ce jour pour la lettre rendue publique et dans laquelle des médecins s’opposent à la récente augmentation de leur salaire.

En date du 11 mars, la lettre a recueilli plus de 856 appuis de médecins spécialistes et omnipraticiens, mais aussi de médecins résidents et d’étudiants en médecine. 

«Nous, médecins québécois, demandons que les hausses salariales octroyées aux médecins soient annulées et que les ressources du système soient mieux distribuées pour le bien des travailleuses et travailleurs de la santé et pour assurer des services en santé dignes à la population du Québec», lit-on dans le document. 

Du nombre total de signatures, plus de 250 sont celles de médecins spécialistes, explique Estelle Ouellet, secrétaire et trésorière au MQRP, ce qui dépasse le nombre de délégués à la FMSQ qui avaient appuyé la hausse de la rémunération des médecins spécialistes s’élevant à 500 millions $. Ce sont 133 délégués qui avaient voté en faveur d’une telle proposition, précise-t-elle, signe que les délégués n’avaient pas consulté leurs membres au préalable.

Les gouttes de trop

L’annonce quasi simultanée de la hausse des salaires et des dénonciations publiques d’infirmières qui dénoncent leurs conditions de travail «sont les gouttes qui ont fait déborder le vase», concède Mme Ouellet, qui est aussi résidente en psychiatrie au Centre universitaire de santé McGill, à Montréal. 

«On se sent mal à l’aise d’avoir une augmentation salariale alors qu’il y a des coupures dans le réseau de la santé depuis dix ans», ajoute-t-elle. «Les soins ne sont pas optimaux parce que nos collègues ont des conditions de travail qui sont dénonçables et qui sont dénoncées.»

Le MQRP, un organisme à but non lucratif, dénonce depuis 2015 les hausses salariales accordées aux médecins spécialistes et aux omnipraticiens. L’organisme n’a toujours pas déterminé la finalité de la lettre qu’il a rendue publique, et travaille présentement à définir la meilleure voie à emprunter pour interpeller à la fois les deux grandes fédérations de médecins (celles des médecins spécialistes et l’autre des omnipraticiens), mais également le ministre de la Santé ainsi que le premier ministre. 

«Manque de respect»

Lors de l’annonce conclue entre le gouvernement et les médecins spécialistes leur accordant une hausse salariale de 500 millions $, MQRP avait décrié le «manque de respect» du gouvernement envers les infirmières, et avait dénoncé le fait qu’il semble exister «deux poids deux mesures dans la façon dont on négocie la rémunération salariale des professionnels de la santé.»