De nombreux producteurs laitiers sont venus écouter le chef conservateur Andrew Scheer au bar Jack Saloon à Saint-Georges, vendredi.

Scheer trinque avec les producteurs laitiers en Beauce

SAINT-GEORGES — Le chef conservateur Andrew Scheer s’est rendu vendredi dans la circonscription de son ancien rival à la course au leadership, Maxime Bernier, pour tenter de lui barrer le chemin en Beauce.

M. Bernier, qui a fondé son propre parti après sa défaite, affrontera l’ancien maire Richard Lehoux dans une course qui risque d’être suivie de près le soir de l’élection.

Au bar Jack Saloon à Saint-Georges, de nombreux producteurs laitiers venus écouter M. Scheer ont la ferme intention de déloger M. Bernier lundi soir.

«C’est nous autres, les producteurs, qui l’ont fait battre à la dernière minute à la convention de la chefferie du Parti conservateur. C’est encore nous qui allons le faire battre comme député en Beauce», prédit Raymond Roy, un agriculteur de la région. «Quand tu ne te fais pas appuyer, tu te revires de dos et tu t’organises pour que le gars change de place, opine Marquis Roy. On est capable de se défendre et de dire : “Regarde, Maxime, c’est fini. On en a assez entendu”.»

M. Bernier a passé les derniers jours de la campagne dans son coin de pays pour s’assurer de sa réélection. Contrairement à 2015, où un simple jingle lui a assuré son siège, il a installé de nombreuses pancartes électorales en Beauce.

De passage à Québec vendredi, le chef du Parti populaire du Canada a décoché une flèche à M. Scheer, qui vient en Beauce à la toute fin de la campagne pour donner un coup de main à son candidat. «Je pense qu’il s’aperçoit que son candidat ne sera pas élu comme il le pensait», lance M. Bernier.

C’est la deuxième fois cette semaine que M. Scheer se rend au Québec, avec la montée du Bloc québécois dans les intentions de vote. Les conservateurs se retrouvent quant à eux en troisième place, loin derrière les libéraux et les bloquistes, selon les plus récents coups de sonde.

Une hausse de la TPS?

À trois jours du vote, les conservateurs prétendent qu’un gouvernement libéral imposerait une hausse de la TPS qui passerait de 5 % à 7,5 %.

Lorsque les journalistes ont demandé à M. Scheer d’où il sort ce chiffre, il s’est défendu de l’avoir tout simplement inventé.

Comme il le fait depuis plusieurs jours, il a brandi la menace d’une coalition entre les libéraux et le NPD qui engendrerait des déficits considérables. À son avis, il est «clair» que des déficits ne peuvent que mener à une hausse de taxes ou d’impôts.

M. Trudeau a répondu que les attaques de son rival conservateur ne sont que pure fiction. «Les attaques d’Andrew Scheer sont fausses. Ils ne peuvent rien faire [d’autre] que d’inventer des choses parce qu’ils n’ont rien à offrir aux Canadiens, sauf des coupures», a réagi le chef libéral.