L’état des lieux au lendemain du sinistre.
L’état des lieux au lendemain du sinistre.

Scène de désolation à Saint-Fabien

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
SAINT-FABIEN — La désolation se lisait sur le visage des citoyens de Saint-Fabien, vendredi, au lendemain du terrible incendie qui a éventré une partie de ce village situé près de Rimouski. Les cendres encore fumantes de ce qui restait des sept maisons détruites et d’un cabanon, tout comme l’odeur de calcination de quelques véhicules, témoignaient de la violence du sinistre qui a jeté à la rue plusieurs personnes. Quinze résidences situées dans le périmètre du sinistre ont été endommagées, dont certaines lourdement. Une cinquantaine de citoyens ont été évacués. 

Plus de 60 pompiers provenant de plusieurs municipalités avoisinantes ont combattu l’élément destructeur jusqu’à 2h dans la nuit de jeudi à vendredi. De nombreux policiers de la Sûreté du Québec leur étaient en assistance. Le sinistre n’a heureusement fait aucun blessé. 

L’alarme a été sonnée à la caserne de pompiers jeudi vers 14h30 sur la 7e Avenue de Saint-Fabien. «À l’arrivée des pompiers, c’était un embrasement généralisé, relate le directeur régional du service incendie de la MRC de Rimouski-Neigette, Ian Landry. Avec les vents, ça s’est propagé très rapidement d’une maison à l’autre.»

Au lendemain du sinistre, des pompiers étaient toujours sur les lieux. «Quand il y a des incendies de cette ampleur, la chaleur demeure là très longtemps, explique M. Landry. On éteint les petits foyers de chaleur qui persistent. Les odeurs de brûlé dans le secteur, c’est normal encore pour quelques jours.» Des employés d’Hydro-Québec et de Telus étaient aussi à pied d’œuvre. À cause des dommages causés à la fibre optique, les citoyens de Saint-Eugène-de-Ladrière, une municipalité limitrophe à Saint-Fabien, n’avaient plus de services de téléphonie ni d’Internet.

Le sinistre a éventré une partie du village de Saint-Fabien.

Vendredi matin, la cause de l’incendie n’avait pas encore été déterminée. «L’enquête est encore en cours, mais tout porte à croire que ce serait une défaillance électrique», indique le pompier. Selon le conseiller municipal Yannick Dumais, les pertes et les dégâts se chiffrent sommairement à quelques millions $.

La municipalité a déployé son plan de mesures d’urgence. Les bénévoles de la Croix-Rouge et six intervenants psychosociaux offriront de l’aide et du soutien aux sinistrés et aux personnes évacuées tant et aussi longtemps que les besoins se feront sentir. «On a déployé des infirmières sur place, à la résidence pour personnes âgées, souligne le coordonnateur en sécurité civile du Centre intégré de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent, Pierre-Paul Malenfant. Nos intervenants prennent contact avec les personnes qui peuvent présenter des problèmes de santé. Pour ce qui est des victimes de l’incendie, on a des intervenants psychosociaux qui prennent contact avec elles pour identifier leurs besoins.» Des intervenants ont aussi été mobilisés à l’école. Le travail de la sécurité civile se fait en étroite collaboration avec la Croix-Rouge. 

Solidarité

Le maire de la municipalité de moins de 2000 habitants a rappelé combien sa municipalité n’en était pas à son premier malheur au cours des dernières années. Jacques Carrier faisait notamment référence au violent incendie survenu en 2017, à quelques jours de Noël, alors qu’un commerce, un salon funéraire et des logements avaient été complètement rasés par les flammes. «Les gens de Saint-Fabien se sont serré les coudes et ont fait montre d’une solidarité exceptionnelle, a-t-il souligné, visiblement ému et consterné. Ils ont tout fait pour aider leurs concitoyens frappés par le malheur. Je ne doute pas qu’il en sera encore ainsi et que bientôt, la vie reprendra pour eux son cours normal.» Il est possible de verser des dons en argent par Interac à l’adresse loisirss@cgocable.ca et le mot de passe est FeuSF.