Plus de 125 citoyens se sont réunis, mercredi soir, afin de manifester leur impatience face au refus de Québec de financer le traversier L’Héritage 1, qui assure la liaison entre Trois-Pistoles et Les Escoumins.

Sauvegarde du traversier Trois-Pistoles-Les Escoumins: le ton monte d’un cran

TROIS-PISTOLES — Devant le silence de Québec à la demande répétée d’un comité de citoyens et d’élus de Trois-Pistoles et de la MRC des Basques de financer les radoubs du traversier l’Héritage 1, le ton monte d’un cran. Plus de 125 citoyens se sont réunis, mercredi soir, afin de manifester leur impatience.

Si le ministère des Transports n’a pas donné de nouvelles avant le 1er février à leur demande de financement s’élevant entre 5 et 6 millions $, ils promettent d’en arriver à des moyens de pression. Certaines idées ont été lancées: bloquer la route 132 face à la Fromagerie des Basques, entraver le pont Pierre-Laporte, manifester devant l’Assemblée nationale, inviter les partis d’opposition à faire front commun contre la Coalition avenir Québec… 

Le comité de citoyens et les élus ne digèrent pas que le ministre des Transports, François Bonnardel, et la ministre responsable du Bas-Saint-Laurent, Marie-Ève Proulx, s’entêtent à répéter que le navire est en fin de vie, justifiant ainsi le refus d’y investir de l’argent pour le réparer. Le maire de Trois-Pistoles, Jean-Pierre Rioux, rappelle qu’une étude réalisée par un expert indépendant a démontré que le bateau, une fois les travaux exécutés, pourrait naviguer encore 40 ans.

Le temps presse

«La balle est dans le camp du gouvernement, a indiqué par vidéo le capitaine de l’Héritage 1, Jean-Philippe Rioux, qui a rappelé que le temps presse pour que le bateau entre en cale sèche. La grosse vague de touristes arrive en juin. Il faut être là!» Il indique aussi qu’une réponse devra être connue très bientôt si la Compagnie de navigation des Basques, qui est propriétaire du traversier, veut conserver ses employés.

Le préfet de la MRC des Basques a rappelé que lui et d’autres élus s’étaient rendus à Québec, le 19 décembre, afin de rencontrer des employés du ministère des Transports. «On a fait nos devoirs et ils ont tout ce qu’il faut pour convaincre le ministre», a soutenu Bertin Denis. Le maire de Notre-Dame-des-Neiges et secrétaire du conseil d’administration de la Compagnie de navigation des Basques, Jean-Marie Dugas, a profité de l’occasion pour déposer une pétition signée par plusieurs citoyens de la Côte-Nord.

«Il faut se préparer à livrer un long combat et ne pas avoir peur de rester debout», a lancé le maire de Trois-Pistoles, Jean-Pierre Rioux. Selon le porte-parole du comité Sauvons l’Héritage, une escalade des moyens de pression est à prévoir. «Au fur et à mesure qu’on va se faire dire non et qu’on n’aura pas de réponse du ministre Bonnardel, on va monter le ton», prévient Guillaume Legault.