Élections 2018

La clinique SABSA veut des engagements fermes de la part des partis

Le candidat libéral dans Taschereau, Florent Tanlet, s’est engagé mardi à apporter son «soutien indéfectible» à SABSA dans la bonification de son entente avec le gouvernement du Québec. Un engagement jugé «timide» par la coordonnatrice de la coopérative du quartier Saint-Roch, Amélie Bédard, qui rappelle que «ce dont on a besoin, c’est 250 000 $ par année!»

En conférence de presse, mardi, Florent Tanlet a dévoilé ses principaux engagements pour sa circonscription, dont celui de «faire les revendications pour SABSA auprès du gouvernement». Il y a lieu, a-t-il dit, de «bonifier, peaufiner» l’entente actuelle entre Québec et la coopérative, qui offre des services de santé à une clientèle vulnérable et marginalisée. «C’était la première entente, donc en fonction des réalités, il y a sans doute besoin de changer quelques petites choses», a dit le candidat libéral dans Taschereau.

Selon lui, peut-être y aurait-il moyen, par exemple, de permettre à SABSA d’utiliser différemment le budget prévu pour l’achat de fournitures médicales. Vérification faite auprès d’Amélie Bédard, l’entente prévoit un montant pouvant atteindre jusqu’à 20 000 $ pour l’achat de ces fournitures, mais la coopérative de santé ne dépense pas plus de 5000 $. Selon elle, la différence pourrait servir à assumer d’autres dépenses, comme celles liées au logiciel informatique utilisé par l’infirmière praticienne spécialisée (IPS) Isabelle Têtu. 

La coordonnatrice de SABSA souligne que l’entente avec le gouvernement, qui se renouvelle d’office chaque automne, doit être complètement révisée. «On va faire de plus grosses demandes», prévient Mme Bédard, qui voudrait notamment que les frais d’opération (loyer, chauffage, télécommunications, frais de déplacement, etc.) et le salaire de l’infirmière bachelière de la coopérative soit payés par le système public. 

À l’heure actuelle, l’entente prévoit seulement, outre le salaire de l’IPS et le remboursement des fournitures médicales, le «prêt» d’une travailleuse sociale trois jours par semaine. Le reste doit être assumé par la coopérative, qui doit organiser des campagnes de financement pour assurer sa survie.

Laurentienne en boulevard urbain

Florent Tanlet s’est par ailleurs engagé lundi à «transformer la plus grande partie du sud de l’autoroute Laurentienne en boulevard urbain», faisant ainsi écho aux demandes faites la semaine dernière par des groupes environnementaux et des conseils de quartier. 

«Mon souhait, idéalement, c’est que le boulevard urbain s’étende de Soumande à Dorchester. […] Mais tous les organismes savent très bien qu’on ne fera pas une pelletée de terre d’ici quatre ans. On n’en est pas là. On sait que c’est un horizon de 20 ou 30 ans», a-t-il dit, ajoutant que le Parti libéral avait la volonté de «voir loin», lui qui a donné son appui au réseau de transport structurant de la Ville de Québec.

Un passage piétonnier arc-en-ciel

Le candidat libéral a également fait part de sa volonté d’avoir dans Taschereau un passage piétonnier arc-en-ciel, comme il y en a dans d’autres villes, pour souligner l’ouverture de la capitale à la diversité sexuelle. «J’en ai parlé à la Ville, et elle s’est montrée très, très ouverte. C’est juste quelques coups de peinture, et le tour est joué», a-t-il dit. 

Florent Tanlet a aussi promis de tout faire pour qu’une «Aire ouverte», un lieu d’accueil qui vise l’amélioration de la santé globale et du bien-être des jeunes vulnérables de 12 à 25 ans, soit implantée dans Taschereau (il y a actuellement des «Aires ouvertes» dans la région de Montréal et sur la Côte-Nord). Le candidat libéral, qui s’est dit «préoccupé depuis toujours» par le sort des jeunes, a rappelé que plus de 75 % des troubles mentaux se manifestent avant l’âge de 25 ans, et que 50 % des troubles présents chez les adultes ont débuté avant l’âge de 14 ans. 

Une école 42 dans Taschereau

Un autre engagement des libéraux : appuyer l’établissement dans Taschereau d’un centre de formation inspiré de l’école 42, implantée en France et destinée aux jeunes et aux adultes souhaitant poursuivre des études informatiques poussées. Rappelant que Québec était particulièrement touchée par une pénurie de main-d’œuvre dans le secteur numérique, Florent Tanlet s’est engagé à ce que ce genre de centre s’installe dans sa circonscription si l’étude de faisabilité confiée à Québec numérique recommande l’implantation d’un tel lieu d’apprentissage.  

Santé

Cancer de la prostate: Messieurs, quel doigt est assez célèbre pour vous?

TORONTO — Messieurs, quel doigt serait assez célèbre pour vous convaincre de vous soumettre à un examen de dépistage du cancer de la prostate?

C’est la question que pose Cancer de la prostate Canada avec sa nouvelle campagne de sensibilisation «Famous Fingers» (qui n’est offerte qu’en anglais).

Si le doigt de Napoléon a conquis l’Europe et celui de Genghis Khan la Chine, si le doigt de Frankenstein a apeuré les villageois et que celui de Thor a régné sur le panthéon nordique, votre prostate ne saura lui résister.

Toute teintée d’humour soit-elle, le but de la campagne n’est pas vraiment de convaincre les hommes de se soumettre au redouté toucher rectal, un examen qui permet de détecter la présence d’une tumeur cancéreuse sur la prostate.

On veut plutôt qu’ils discutent du sujet avec leur médecin et qu’ils subissent un test qui mesurera leur taux sanguin d’antigène prostatique spécifique (APS). Un taux élevé d’APS pourra témoigner d’un cancer au niveau de cette petite glande sexuelle et une détection hâtive pourra faire toute la différence, d’autant plus que le cancer de la prostate est habituellement asymptomatique à ses débuts.

Quand les premiers symptômes apparaissent, a dit le docteur Stuart Edmonds, le vice-président de la recherche pour Cancer de la prostate Canada, cela veut souvent dire que la progression de la maladie est très avancée et les options de traitement seront alors limitées.

Le taux de survie est pratiquement de 100 pour cent lors d’une détection hâtive. Autrement, si le cancer a eu le temps de se propager, le taux de survie après cinq ans chute à environ 26 ou 27 pour cent, ajoute-t-il.

Quelque 21 300 Canadiens ont reçu un diagnostic de cancer de la prostate en 2017 et la maladie a fait environ 4100 morts, selon la Société canadienne du cancer. Le cancer de la prostate est le troisième plus mortel pour les hommes, derrière le cancer du poumon et le cancer colorectal.

Des experts en marketing doutent toutefois de l’efficacité de la campagne «Famous Fingers» qui, selon eux, sera perçue par l’homme moyen comme une invitation à aller se faire enfoncer un doigt dans les fesses. Ils croient qu’il aurait été préférable de mettre en valeur, par exemple, les répercussions de la maladie sur la vie sexuelle.

Sur Internet: famousfingers.ca

Santé

Des préposés aux bénéficiaires ont compté 543 bains non donnés

MONTRÉAL — Au moins 543 bains n'ont pas été donnés depuis le début de l'été et 761 tournées de changements de culottes d'incontinence n'ont pas été faites.

Ce sont quelques-unes des statistiques sur les services qui n'ont pu être dispensés dans les CHSLD (Centres d'hébergement et de soins de longue durée) qu'a compilées le Syndicat québécois des employés de service, affilié à la FTQ.

Le SQEES a questionné ses 5300 membres préposés aux bénéficiaires qui travaillent dans le réseau de la santé pour connaître l'ampleur du phénomène de la surcharge de travail et de la qualité des soins et services qui s'ensuit. Le syndicat a reçu 543 formulaires remplis et signés; il ne s'agit donc pas de vagues plaintes anonymes.

«On demandait à nos gens: après vos heures de travail, remplissez ce que vous n'avez pas eu le temps de faire. On leur disait: gardez une cadence de travail normal, rentrez à l'heure, sortez à l'heure. Et ce que vous n'avez pas le temps de faire, vous le mettez sur le formulaire, vous le signez et vous nous l'envoyez», a résumé Sylvie Nelson, présidente du SQEES, au cours d'une entrevue, lundi.

En plus des manques de bains et de changements de culottes d'incontinence, ces préposés ont dénombré 542 lavages à la débarbouillette qui n'ont pu être faits depuis le début de l'été, 657 repositionnements de bénéficiaires et 824 promenades de résidants qui n'ont pu être faits.

Fait à noter, le SQEES est l'un des grands syndicats qui représentent des préposés aux bénéficiaires, mais il n'est pas le seul. Les statistiques sont donc bien plus élevées que celles qu'il a colligées.

Valoriser

Mme Nelson voit là une illustration du manque d'effectif et de la surcharge de travail des préposés aux bénéficiaires, avec les conséquences qui s'ensuivent sur la qualité des soins et services.

Les principales causes identifiées sont le sous-effectif et le non-remplacement des absences (423 fois), ainsi que l'appel au personnel d'agence, qui ralentit la cadence de travail, selon le syndicat.

«Il va falloir valoriser la profession, autant au niveau des conditions de travail qu'au niveau salarial», argue-t-elle.

Au maximum de son échelle de salaire, un préposé aux bénéficiaires dans le secteur public gagne 21,80 $ l'heure.

Campagne électorale

Mme Nelson demande aux chefs en campagne électorale de s'engager à améliorer les conditions de travail de ces préposés aux bénéficiaires.

«On a bien beau dire qu'on va créer 1500 places en CHSLD; on n'est pas contre les 1500 places; mais présentement, avec les gens qu'on a, on a de la misère à donner les services avec les préposés qu'on a», objecte-t-elle.

La démarche du SQEES était appuyée par Paul Brunet, du Conseil pour la protection des malades. Le président de la FTQ, Daniel Boyer, se trouvait aussi aux côtés de Mme Nelson pour appuyer son syndicat dans sa campagne «Humanisons nos tâches».

«On vise le même but, c'est la bientraitance des personnes âgées. Au SQEES, on pense que c'est vraiment de la maltraitance organisationnelle que nos personnes (âgées) subissent», a affirmé Mme Nelson.

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TÂCHES NON EFFECTUÉES SELON LES 543 FORMULAIRES REMPLIS

• 543 bains

• 542 toilettes partielles (lavage à la débarbouillette)

• 725 lits non faits ou literie non changée

• 657 repositionnements de bénéficiaires

• 937 nettoyages de surfaces (tables, fauteuils roulants, etc)

• 761 tournées de changements de culottes d'incontinence

• 824 promenades de résidants

• 503 rasages de barbe

• 463 coupes d'ongles

Élections 2018

La CSN et la FTQ demandent une assurance médicaments universelle publique

MONTRÉAL — Deux grandes centrales syndicales réclament la création d’une assurance médicaments publique et universelle au Québec. Les présidents de la CSN et de la FTQ lancent la balle dans le camp des politiciens en campagne électorale.

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) ont fait cette annonce, dimanche matin à Montréal.

Les syndicats ont d’ailleurs lancé une plateforme en ligne où le public est invité à s’informer et à rejoindre leur mouvement.

Selon les regroupements de travailleurs, il s’agirait de «la pièce manquante» du système de santé.

D’après les syndicats, le Canada serait le seul pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à ne pas inclure de couverture universelle des médicaments d’ordonnance dans son système de santé publique.

Par communiqué, le président de la FTQ, Daniel Boyer, dénonce l’inefficacité du «régime à deux têtes» au Québec entre ceux qui détiennent une assurance privée et les autres qui comptent sur le régime public.

Cela «cause des injustices graves à une grande partie de la population, de plus en plus de personnes ne prennent pas leurs médicaments pour des raisons financières», s’indigne-t-il.

Coûts élevés

De son côté, le président de la CSN, Jacques Létourneau, s’en prend au coût «extrêmement élevé» des médicaments au Québec qui serait parmi les plus élevés de l’OCDE.

«Le régime mixte ne correspond plus à nos besoins collectifs, notamment en raison des problèmes d’accessibilité, d’équité et de contrôle de coûts», plaide-t-il.

Les deux syndicats soutiennent qu’un régime public à 100 % permettrait de «garantir un accès équitable aux médicaments d’ordonnance».

Ils affirment que les dépenses pourraient même être réduites, ce qui en ferait donc une bonne décision économique et politique.