Santé

Ambulances: le ministère ne répond pas aux besoins, dit la CAQ

Comment le ministère de la Santé détermine-t-il les secteurs qui doivent en priorité recevoir de nouveaux véhicules ambulanciers? Sur quels critères se base-t-il pour transformer les horaires de faction des ambulanciers en horaires à l’heure? Selon une analyse d’un document interne du ministère faite par la Coalition Avenir Québec (CAQ), des ambulances ont été ajoutées et des horaires ont été transformés dans des endroits où les besoins sont moins grands qu’ailleurs.

À trois reprises, rappelle la CAQ, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a annoncé des investissements totaux de 58 M$ dans plusieurs régions du Québec pour l’ajout de nouvelles ambulances et la transformation d’horaires de faction en horaire à l’heure. 

La CAQ a voulu savoir quels secteurs ont eu droit à de nouveaux véhicules et à des horaires à l’heure pour vérifier si les ajouts concordaient avec les besoins réels. Selon elle, le Classement provincial des charges de travail par zone ambulancière, un document interne qui n’a jamais été diffusé publiquement, mais dont la CAQ a obtenu copie, démontre que le ministère a ajouté des ambulances dans des secteurs où les besoins ambulanciers sont moins importants qu’ailleurs.

Ce document classe les 179 secteurs ambulanciers du Québec en fonction du ratio d’utilisation clinique des ambulances par rapport à l’utilisation clinique moyenne visée.

Saint-Michel-des-Saints, par exemple, a un taux d’utilisation clinique de 76 %, alors que La Prairie en a un de 87 %. Or un nouveau véhicule a été ajouté à Saint-Michel-des-Saints, mais pas à La Prairie, remarque la CAQ.

À Louiseville, où le taux d’utilisation clinique est de 53 %, un horaire de faction a été transformé en horaire à l’heure. Mais pas à Saint-Charles-de-Bellechasse, où le taux d’utilisation clinique est pourtant de… 104 %, constate encore la CAQ. 

Un horaire de faction a également été transformé en horaire à l’heure à Rivière-du-Loup, qui a un taux d’utilisation clinique de 48 %. La Tuque n’y a pas eu droit, alors que le taux d’utilisation clinique y est de 71 %.

Logique bizarre

Le député François Paradis ne comprend pas que des secteurs soient favorisés alors que les besoins y sont moins importants qu’ailleurs. «On ne peut pas distribuer les ressources au pif, donc j’imagine qu’il y a une logique derrière les façons de faire du ministère, mais elle est bizarre et difficile à comprendre. Avec un taux d’utilisation de 104 %, Saint-Charles-de-Bellechasse mériterait une intervention immédiate, mais il n’y en a pas. Pourquoi les besoins exprimés ne sont pas ceux qui ont les ressources additionnelles?» demande le député de Lévis en entrevue au Soleil.

Le directeur général de Dessercom, Maxime Laviolette, ne comprend pas davantage les méthodes de calcul du ministère. «À Sainte-Marie-de-Beauce et à Acton Vale, par exemple, on dépasse les ratios, mais les horaires n’ont pas été transformés, alors qu’ils l’ont été dans d’autres secteurs qui sont moins en besoin. […] Et ce n’est pas normal qu’à Lévis, la septième plus grande ville au Québec, on ne compte que huit ambulances», illustre M. Laviolette, selon qui la façon de faire du ministère «manque de transparence». «Quand on regarde les explications que le ministère nous a données sur leurs méthodes de calcul, ça ne balance pas avec ce qu’ils font», dit-il. 

Principe d’équité

Au ministère de la Santé, on assure que les ajouts ont été faits «là où il y avait des besoins et en fonction des données disponibles». «La méthodologie utilisée pour calculer les ajouts nécessaires est la même pour toutes les régions, et ce, par principe d’équité», affirme la porte-parole Noémie Vanheuverzwijn.

Elle explique que «dans les zones de couverture ambulancière où cohabitent des horaires de faction avec des horaires à l’heure, une transformation des horaires de faction sera effectuée dès que la zone atteint un volume de transports annuels de 3000 transports et plus». 

«Dans les zones où il n’y a que des horaires de faction et où le taux d’utilisation clinique des ressources dépasse 100 % [...], il y aura réajustement de l’offre de service, soit par une transformation des horaires ou un ajout de ressources», explique encore Mme Vanheuverzwijn.

La porte-parole du ministère précise également que «les horaires de faction dont le temps de transport des équipes de faction dépasse annuellement une moyenne de 28 heures par semaine seront convertis à l’heure». Pour cette mesure, détaille-t-elle, l’analyse effectuée se poursuivra dans les trois prochains mois afin de vérifier les données pour l’ensemble des équipes de faction. «Advenant que le seuil fixé soit dépassé, il y aura transformation de ces horaires au cours de l’année 2018», assure Mme Vanheuverzwijn.

Quant aux zones à horaires de faction seulement qui présentent un taux d’utilisation clinique des ressources se situant entre 90 % et 100 % ou qui comptent entre 2500 et 3000 transports par année, ils feront l’objet d’une surveillance annuelle «afin d’anticiper les réajustements au niveau de l’offre de service». 

Mme Vanheuverswijn précise également que dans les zones exclusivement couvertes par des horaires à l’heure qui dépassent un taux d’occupation clinique de 90 %, i  y aura des ajouts d’heures de service. «Certains ajustements de l’offre de service pourront être considérés à la suite d’une recommandation du centre intégré notamment au regard de la géographie du territoire ou de l’étalement urbain», ajoute-t-elle.

Selon Maxime Laviolette, qui dit avoir vu «des lettres passer», les recommandations faites par le CISSS de Chaudière-Appalaches «ne sont pas suivies». 

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Santé

L’AVC touche beaucoup plus les femmes que les hommes au Canada

OTTAWA - Les femmes demeurent touchées de façon disproportionnée au Canada par l’accident vasculaire cérébral (AVC) tout au long de leur vie et elles sont plus nombreuses que les hommes à en mourir ou à vivre avec des séquelles qui sont plus graves.

Le Bulletin sur l’AVC 2018 publié mardi par la Fondation des maladies du coeur et de l’AVC précise que tels incidents tuent un tiers de plus de femmes que d’hommes au Canada.

Environ 405 000 personnes vivent avec les conséquences d’un AVC, dont 214 000 femmes, et comparativement aux hommes, les femmes sont 60 pour cent moins susceptibles de retrouver leur autonomie.

Le Bulletin ajoute que l’AVC est trois fois plus fréquent chez les femmes enceintes que chez celles d’âge comparable qui ne le sont pas. De plus, le risque d’AVC augmente chez les femmes ménopausées et s’élève jusqu’à 30 pour cent avec le recours au traitement d’hormonothérapie substitutive.

La Fondation déplore qu’à peine 46 pour cent des Canadiennes ayant subi un AVC participent à des programmes de réadaptation. Après avoir été terrassées, elles sont moins susceptibles que les hommes de retourner à la maison et près de deux fois plus d’entre elles sont traitées dans des établissements de soins de longue durée.

Yves Savoie, chef de la direction national de la Fondation, affirme que les hommes profitent davantage que les femmes des améliorations des 20 dernières années en matière de sensibilisation, de soins, de traitement et de recherche.

Le Bulletin sur l’AVC 2018 signale que chaque jour au Canada, 18 femmes meurent d’un accident vasculaire cérébral.

L’hypertension artérielle est un facteur de risque majeur d’AVC chez les femmes et les hommes adultes, tout comme le diabète et le tabagisme.

«Les femmes sont plus susceptibles d’avoir une pression artérielle élevée et (...) un rythme cardiaque irrégulier, une condition connue sous le nom de fibrillation auriculaire», a expliqué Patrice Lindsay, le responsable des AVC pour la Fondation.

La fibrillation auriculaire peut entraîner une accumulation de sang à l’intérieur d’une cavité cardiaque, ce qui permet aux caillots de se former et de se diriger vers le cerveau, où ils obstruent les vaisseaux sanguins et provoquent un accident vasculaire cérébral.

«Et ces deux facteurs contribuent fortement aux accidents vasculaires cérébraux et (...) aux AVC qui ont de mauvais résultats», a-t-il dit.

Les femmes qui ont eu un AVC, surtout tard dans la vie, peuvent être veuves ou vivre seules et n’ont souvent pas de soutien familial à la maison pour les aider à se rétablir, alors que la moyenne des victimes d’AVC est d’environ cinq ans plus jeune et peut compter sur un conjoint pour les aider à retrouver une fonction physique dans une plus grande mesure.

«Je pense que ce rapport met notamment en évidence des lacunes dans les connaissances sur les femmes et les AVC, de sorte que nous ne comprenons pas complètement pourquoi le pronostic des femmes après un AVC est pire ou quelles sont les choses qui sont à l’origine de cette différence que nous constatons», a déclaré la docteure Moira Kapral, une spécialiste du University Health Network de Toronto dont la recherche porte sur les services de santé de l’AVC.

«Jusqu’à ce que nous comprenions cela, nous ne pouvons pas développer un traitement efficace», a-t-elle ajouté, en précisant que la recherche sur les AVC est de plus en plus ciblée sur les femmes.

Les signes de l’AVC sont résumés par l’acronyme VITE: Visage (Est-il affaissé?), Incapacité (Pouvez-vous lever les deux bras normalement?), Trouble de la parole (Trouble de prononciation?) et Extrême urgence (Composez le 911).

L’AVC est une urgence médicale. Il est essentiel d’obtenir des traitements tels que des médicaments anti-caillots pour limiter les dommages aux cellules du cerveau et améliorer les chances de guérison.

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Sur internet: coeuretavc.ca/avc/signes-de-l-avc

Santé

Troubles alimentaires: une journée mondiale pour dissiper les mythes

Les intervenants en santé mentale s’activent samedi pour souligner la Journée mondiale de sensibilisation aux troubles alimentaires.

Son thème s’articule cette année autour de la lutte contre la stigmatisation de ces comportements.

La directrice générale d’Anorexie et Boulimie Québec (ANEB), Josée Champagne, déplore qu’avec près de 70 millions de personnes atteintes à travers le monde, de nombreux tabous et préjugés persistent à leur égard.

Elle cite en exemple la fausse croyance selon laquelle ces troubles constituent des «choix», ce qui pousse les personnes touchées à «vivre la maladie dans le silence et dans la honte».

Mme Champagne dénonce un manque de soutien pour celles-ci, à une époque où les avancées dans les recherches permettent un «rétablissement complet».

«Avec de l’aide, on peut s’en sortir, et c’est ça le message que nous on veut véhiculer, fait-elle valoir. L’aide existe, mais il en faut plus.»

Parmi les troubles alimentaires auxquels s’adresse l’ANEB figurent l’anorexie — «la maladie mentale avec le plus haut taux de mortalité», indique Mme Champagne.

L’organisme caractérise l’anorexie nerveuse par une brusque perte de poids, le fruit de régimes drastiques, de vomissements provoqués ou d’exercice physique excessif, entre autres.

Ces méthodes sont également employées par les boulimiques pour compenser des épisodes de compulsions alimentaires.

Selon ANEB, les hommes représentent d’ailleurs de 10 à 15% des personnes souffrant de boulimie, une statistique qui réfute la croyance populaire selon laquelle les troubles alimentaires n’affectent que les femmes.

Josée Champagne veut en finir avec ces mythes.

Les hommes seraient même plus susceptibles de souffrir de bigorexie ou de dysmorphie musculaire, c’est-à-dire d’avoir l’impression d’être trop mince ou jamais assez musclé.

«On pense encore que les gens doivent sembler maigres pour être malades, ce qui est tout à fait faux», se désole Mme Champagne.

Pourtant, des troubles alimentaires comme l’hyperphagie boulimique ne sont pas étrangers à des problèmes d’obésité.

À l’occasion de la journée du 2 juin, les témoignages affluent sur les réseaux sociaux sous les mots clic #agissonsensemble et #WeDoAct2018.

«Pour en avoir moi-même souffert pendant un an. Tout le monde trippe sur ton corps (autant les filles que les gars) alors que toi, c’est tellement noir dans ta tête», a écrit une utilisatrice de Twitter.

«Quand j’ai décidé moi-même de rajouter un quart de plaquette de beurre sur ma tartine, j’avais gagné sur la maladie», en a confié une autre.

Santé

Les burgers au poulet Sans Nom pourraient causer une éclosion de salmonellose

Une éclosion d’infections à une forme de salmonellose, la Salmonella enteritidis, décelée dans huit provinces où ont été répertoriés des cas de maladie chez les humains pourrait être liée à la consommation de burgers de poulet de la marque Sans Nom vendus dans les chaînes des Compagnies Loblaw, a laissé entendre samedi l’Agence de la santé publique du Canada.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a d’ailleurs lancé un avis de rappel d’aliments pour le produit en question, dont la date de péremption est le 6 février 2019.

Plus tôt, les Compagnies Loblaw avaient annoncé le rappel, «par mesure de précaution», de certains emballages de burgers de poulet Sans Nom. L’entreprise avait reconnu que ces produits pouvaient présenter un risque de salmonelle s’ils ne sont pas préparés correctement. Les produits étaient vendus dans tout le pays par les différentes chaînes de Loblaw comme Maxi, Provigo et Intermarché.

L’entreprise assure que tous les produits concernés ont été retirés des tablettes et que les clients peuvent retourner le produit à n’importe quel magasin où les produits Sans Nom sont vendus. Un remboursement complet leur sera donné.

Selon l’Agence de la santé publique du Canada, il y a 59 cas d’infection à la Salmonella enteritidis au Canada, dont 19 au Québec, 14 en Ontario et trois dans les Maritimes. Dix personnes ont dû être hospitalisées, mais heureusement, aucun décès n’a été signalé. Les personnes ont été malades entre mars et mai 2018.

L’agence fédérale a expliqué par voie de communiqué que «plusieurs personnes malades faisant partie de l’éclosion ont signalé avoir consommé des burgers de poulet de la marque Sans Nom avant de tomber malades [et qu’] un échantillon d’aliments provenant (du produit) avait obtenu un résultat positif à un test de dépistage de Salmonella enteritidis».

L’ACIA continue de mener enquête sur l’éclosion, en collaboration avec l’Agence de la santé publique du Canada et Santé Canada.

Elle a indiqué «que le risque pour les Canadiens [était] faible».

«Il est possible de prévenir la salmonellose en adoptant de bonnes pratiques de manipulation, de préparation et de cuisson pour préparer ces types de produits alimentaires», ajoute-t-elle dans le communiqué.