En 2018, on a enregistré au Québec pas moins de 201 cas humains de virus du Nil occidental déclarés, du jamais vu.

Virus du Nil occidental 2018: année record pour le Québec

Si l’année 2018 a été une année record en termes de nombre de personnes infectées par le virus du Nil occidental (VNO) au Québec, les autorités sont incapables de prédire ce que nous réserve l’été 2019. Selon l’Institut national de santé publique (INSPQ), le mieux reste encore d’adopter des mesures de protection individuelles et d’éliminer autour de sa maison les sources d’eau stagnante, lieu de reproduction privilégié des moustiques qui peuvent être porteurs du VNO.

Dans son dernier bulletin Flash Vigie, le ministère de la Santé revient sur l’année 2018, où on a enregistré au Québec pas moins de 201 cas humains de VNO déclarés, du jamais vu. Tous les cas ont été acquis au Québec, sauf un. La plupart ont été enregistrés dans les régions de la Montérégie, de Mont­réal, de Laval, des Laurentides, de Lanaudière et de la Capitale-Nationale, et, dans une moindre mesure, dans les régions de l’Estrie, de la Mauricie, de l’Abitibi, de Chaudière-Appalaches, qui comptent moins de cinq cas chacune. 

Parmi les 201 cas rapportés, 188 présentaient des manifestations cliniques, dont une atteinte neurologique pour 148 (79 %) d’entre eux. La majorité (84 %) des cas cliniques ont été hospitalisés, dont près du tiers (31 %) aux soins intensifs, et 15 personnes sont décédées, détaille le ministère de la Santé.

Selon lui, les cas déclarés ne représentent qu’une partie du nombre réel de personnes infectées par le VNO puisque seulement 20 % des personnes atteintes présenteraient des symptômes, et moins de 1 % auraient des atteintes neurologiques. Celles-ci comprennent la méningo-encéphalite, l’encéphalite, la méningite, la paralysie flasque aiguë et le parkinsonisme (ou trouble moteur). 

Fluctuante

Selon la médecin vétérinaire Julie Ducrocq, de l’INSPQ, l’incidence du VNO est fluctuante au Québec et au Canada, et la science n’est pas encore en mesure de prédire ce qu’elle sera d’une année à l’autre. «On ne sait pas quelles sont les variables qui expliquent les pics. On sait que les facteurs environnementaux peuvent influencer le cycle de transmission du virus, mais on ignore dans quelle mesure. On travaille très fort pour essayer d’établir des modèles, mais on y est pas encore parvenu», explique-t-elle en entrevue au Soleil

Au Québec, c’est le moustique du groupe Culex pipiens-restuans qui est le principal vecteur du VNO. «Mais ce ne sont pas tous ces moustiques qui sont porteurs du virus. Grosso modo, c’est seulement entre 1 % et 3 % des moustiques qu’on envoie [pour analyse] qui sont positifs», précise la Dre Julie Ducrocq.

Des pays et des provinces au Canada choisissent d’épandre du larvicide pour réduire le nombre de moustiques qui pourraient être porteurs du VNO, mais selon la Dre Ducrocq, «la science ne démontre pas que cette méthode est efficace pour réduire les risques pour les humains». 

«Si on diminue le nombre de moustiques Culex pipens-restuans, d’autres moustiques pourraient prendre leur place. Il peut y avoir un mécanisme de compensation qui fait qu’on n’est pas capable de démontrer que l’utilisation de larvicide réduit le nombre de cas humains de VNO», explique la médecin-vétérinaire.

Pour réduire le risque d’infection par le VNO, l’INSPQ privilégie la sensibilisation : port de vêtements longs et clairs et utilisation de chasse-moustiques, particulièrement au lever et au coucher du soleil, où les moustiques sont plus actifs. «On dit aussi aux gens de faire le tour de leur terrain et d’éliminer les sources d’eau stagnante comme les pneus ou les jouets, où les moustiques déposent leurs larves», dit la Dre Julie Ducrocq. 

D’autres virus transmis par les moustiques font également l’objet d’une surveillance au Québec. Il s’agit des virus du sérogroupe Californie (VSC), qui ont été identifiés dans 24 cas d’encéphalite virale transmise par arthropodes (ETA) en 2018. Selon le dernier bulletin Flash Vigie, les cas d’ETA causés par ces virus étaient rarement rapportés jusqu’en 2016, mais une augmentation est constatée depuis les trois dernières années.