Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a confirmé un premier cas au Québec d'une personne atteinte d’une maladie pulmonaire sévère associée au vapotage.

Vapotage : un premier cas de maladie pulmonaire sévère signalé au Québec

MONTRÉAL — Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a confirmé vendredi matin un premier cas au Québec d'une personne atteinte de maladie pulmonaire sévère associée au vapotage.

Il s'agit donc du deuxième cas de maladie pulmonaire sévère associé au vapotage au pays.

Les autorités médicales de London, en Ontario, avaient signalé, il y a une dizaine de jours, le cas d'un adolescent qui a souffert d'une maladie pulmonaire grave après avoir vapoté sur une base quotidienne.

Par voie de communiqué, le MSSS a tenu à rappeler que «le vapotage n'est pas sans risque et ses effets à long terme ne sont pas encore connus».

Le ministère de la Santé demande aussi aux utilisateurs de ce type de produit de surveiller l'apparition de «symptômes de maladie pulmonaire, comme de la toux, un essoufflement ou une douleur thoracique» et de consulter un médecin sans tarder, au besoin.

Les autorités ont également demandé aux établissements du réseau de la santé de demeurer vigilants. D'ailleurs, «un processus de signalement des cas de maladie pulmonaire sévère potentiellement liés au vapotage est en déploiement», peut-on lire dans le communiqué du ministère.

«Les personnes qui ont des préoccupations relatives à leur santé doivent mentionner à leur professionnel de la santé si elles vapotent ou si elles ont déjà vapoté, de même que les dispositifs et substances utilisés», a souligné Horacio Arruda, directeur national de santé publique dans la missive envoyée aux médias.

Les responsables de la santé des États-Unis enquêtent sur des centaines de cas de problèmes respiratoires graves chez les personnes utilisant des appareils de vapotage. Ils ont enregistré jusqu'à maintenant 12 décès. Le gouverneur du Massachusetts a récemment déclaré une urgence de santé publique et ordonné l'interdiction de la vente des produits de vapotage dans l'État pour les quatre prochains mois.

«Je ne pense pas que c'est une façon efficace d'adresser ce qui se passe avec les maladies pulmonaires aiguës, a commenté le docteur Nicholas Chadi, un pédiatre spécialisé en médecine de l'adolescence et toxicomanie au CHU Sainte-Justine. Les produits qu'on croit être les coupables, ce ne sont pas les produits qui sont vendus nécessairement dans les magasins ou de façon légale. On soupçonne surtout des produits qui viennent du marché noir, pour la plupart des produits dérivés du cannabis qui contiendraient par exemple un produit chimique qui vient de la vitamine E et qui va être très nocif au niveau des poumons.»

Si on empêche tous les produits de vapotage et qu'on ferme tous les magasins, ajoute-t-il, il y a une possibilité que les gens se réorientent vers des produits non contrôlés et disponibles en ligne.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux a d'ailleurs prévenu que «les produits de sources illégales ou non réglementées sont particulièrement à éviter étant donné qu'ils comportent des risques additionnels».

«C'est un message de prudence qui doit aller au-delà de bannir les produits dans les magasins ou sur les sites web contrôlés», a dit le docteur Chadi.

Santé Canada avait récemment averti les vapoteurs de surveiller l'apparition de symptômes tels que la toux, l'essoufflement, la fatigue, la diarrhée, le vomissement et les douleurs à la poitrine et le ministère de la Santé et des Services sociaux avait également émis des mises en garde relatives aux risques de maladies pulmonaires sérieuses.