Les installations de GSK dans le parc technologique du Québec métropolitain
Les installations de GSK dans le parc technologique du Québec métropolitain

Vaccin: un joueur majeur s’associe à Medicago

Jean-François Cliche
Jean-François Cliche
Le Soleil
L’entreprise de Québec Medicago travaillera désormais sur son candidat vaccin contre la COVID-19 avec un partenaire de taille : la multinationale britannique du médicament GlaxoSmithKline (GSK) se joindra à ses efforts, ont annoncé mardi les deux sociétés.

«Cette collaboration avec GSK nous donne accès non seulement à un adjuvant éprouvé qui pourrait augmenter l’efficacité de notre vaccin candidat, mais aussi à une vaste expérience scientifique pour appuyer nos efforts de développement», s’est réjoui le président de Medicago, Dr Bruce Clark, dans un communiqué.

Les «adjuvants» sont des substances connues pour activer le système immunitaire. On en met régulièrement dans les vaccins parce que le système immunitaire apprend mieux à combattre un microbe quand il est «en alerte» — cela augmente donc la protection que confèrent les vaccins.

Rappelons que Medicago avait annoncé en mars avoir mis au point un candidat vaccin à base de «particules pseudo-virales» (PPV) et qu’elle s’apprêtait à démarrer des essais dits «pré-cliniques» (sur des animaux). Ces PPV sont tout simplement des protéines que l’on retrouve à la surface de la COVID-19 et qui sont présentées dans une double couche de lipides — exactement comme elles se présentent à la surface de virus des coronavirus. L’entreprise de Québec fabrique ces PPV dans des plantes qui sont «manipulées» afin de leur faire fabriquer les protéines voulues. Les feuilles sont ensuite récoltées et les molécules désirées sont isolées et purifiées.

Essais cliniques en juillet

Medicago a également annoncé mardi que des essais cliniques (sur des humains) serait lancée dès la mi-juillet. Les essais cliniques se déroulent en trois phases, qui visent grosso modo à déterminer si un traitement est sécuritaire (phase 1) et efficace (phases 2 et 3). L’entreprise de Québec et GSK espèrent être en mesure de franchir ces trois étapes au cours des prochains mois et d’avoir un vaccin prêt pour la première moitié de l’an prochain «sous réserve de résultats cliniques favorables et de considérations réglementaires».

Si tout se passe bien, environ 100 millions de doses pourraient être fabriquées d’ici la fin de 2021. Et quand la grosse usine en construction dans le secteur d’Estimauville sera terminée, Medicago estime qu’elle pourra produire jusqu’à un milliard de doses par année.