Pour l’ensemble du Québec, la durée moyenne de séjour à l'urgence est de 4 heures pour les patients qui ne nécessitent pas d’être placés sur une civière.

Urgences: 10% des patients s’en vont sans avoir vu un médecin

Le temps d’attente moyen à l’urgence pour les patients dits «ambulatoires», c’est-à-dire des cas qui ne nécessitent pas d’être placés sur une civière, n’a à peu près pas diminué au Québec depuis 2014-2015. Il a même connu une légère augmentation dans les établissements du CIUSSS de la Capitale-Nationale, notamment dans Portneuf et Charlevoix. Par ailleurs, 10% des patients qui se présentent dans les urgences quittent celles-ci sans avoir été vus par un médecin.

Pour l’ensemble du Québec, les données fournies au Soleil par le ministère de la Santé font état d’une durée moyenne de séjour (DMS) de 4 heures pour les patients ambulatoires en 2017-2018 (données jusqu’au 14 octobre), contre 4,3 heures en 2014-2015. 

La DMS pour les patients ambulatoires comprend le temps entre le triage par une infirmière et l’évaluation par un médecin. Elle diffère du temps moyen d’attente sur civière, qui a diminué de 15% à l’échelle provinciale depuis un an, selon les données obtenues par Radio-Canada la semaine dernière. Le temps moyen d’attente sur civière est maintenant de 13 heures, soit une de plus que l’objectif gouvernemental de 12 heures. 

C’est dans les régions de Chaudière-Appalaches et de la Côte-Nord qu’on attend le moins longtemps pour voir un médecin à l’urgence. Dans les établissements du CISSS de la Côte-Nord, la DMS pour les patients ambulatoires a beaucoup diminué depuis trois ans, passant de 4,3 heures en 2014-2015 à 2,7 heures en 2017-2018. Elle a toutefois légèrement augmenté dans les établissements de Chaudière-Appalaches, passant de 2,5 heures il y a trois ans à 2,6 heures cette année. 

À l’autre bout du spectre, les DMS les plus longues pour les patients ambulatoires se situent dans les Laurentides (5,4 heures en 2017-2018, contre 5,7 heures en 2014-2015) et en Montérégie (5,2 heures en 2017-2018, contre 5,4 heures en 2014-2015).

Augmentation dans Portneuf et Charlevoix

Dans les établissements du CIUSSS de la Capitale-Nationale, la DMS pour les patients qui ne sont pas sur une civière a légèrement augmenté, passant de 2,5 heures en 2013-2014 à 2,6 heures en 2017-2018. Seul l’hôpital de Sainte-Anne-de-Beaupré a vu son temps d’attente à l’urgence diminuer (3,3 heures en 2014-2015, contre 2,7 heures cette année). 

En revanche, la DMS pour les patients ambulatoires a augmenté à La Malbaie (2,8 en 2017-2018, contre 2,1 heures en 2014-2015), à Saint-Marc-des-Carrières (2,6 heures en 2017-2018, contre 2,1 heures en 2014-2015), à Baie-Saint-Paul (2,6 heures en 2017-2018, contre 2,5 heures en 2014-2015) et à Saint-Raymond (2,9 en 2017-2018, contre 2,8 heures en 2014-2015). Elle est restée stable à Chauveau et au Jeffery Hale, avec respectivement 2,4 et 2,7 heures.

Dans les urgences du CHU de Québec, la DMS pour les patients ambulatoires n’a pas beaucoup bougé, passant de 3,9 heures il y a trois ans à 3,8 heures cette année.

Départs sans prise en charge

Toujours selon les données compilées par le ministère, le nombre total de visites dans les urgences du Québec a légèrement diminué depuis trois ans, passant de 2 051 213 en 2013-2014 à 2 035 805 en 2017-2018.

Les départs de patients avant la prise en charge médicale restent élevés pour l’ensemble de la province, bien qu’ils aient légèrement diminué depuis trois ans. Cette année, 10% des visites à l’urgence (204 451) se sont conclues sans prise en charge, contre 10,8% (220 784) en 2014-2015. 

La proportion de patients réorientés vers une ressource plus appropriée à leur condition clinique (super clinique ou clinique de grippe, par exemple) a cependant augmenté, passant de 1,8% (37 167 patients) en 2014-2015 à 3,7% (74 413 patients) en 2017-2018.

«Le fait que cette donnée soit en augmentation est une bonne nouvelle, et témoigne de la volonté et des efforts du réseau à diriger le patient vers la ressource appropriée», a souligné une porte-parole du ministère de la Santé, Marie-Claude Lacasse.

Pires résultats

Certains établissements font piètre figure quant à la proportion de patients qui quittent l’urgence sans avoir été vus par un médecin et sans avoir été réorientés. Le pire résultat appartient à l’Hôpital de Saint-Eustache, où 22,4% (5971) des patients qui ont visité l’urgence cette année sont partis sans avoir vu un médecin et où à peine 1% (254) de ces patients ont été réorientés. 

Dans Portneuf (Saint-Raymond et Saint-Marc-des-Carrières), environ 20% des patients s’en vont sans avoir été pris en charge par un médecin, et ils sont rarement réorientés (moins de 0,2%).