Le ministre de la Santé Gaétan Barrette

Urgence fermée: Barrette déclenche une enquête sur un mort en Gaspésie

Fermer l’urgence du CLSC de Paspébiac en sachant qu’un patient en arrêt cardiaque était en route n’est «pas acceptable», juge le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Le ministre a annoncé samedi qu’une enquête a été déclenchée pour faire la lumière sur les circonstances entourant la mort à la suite d’un malaise cardiaque d’un homme dans la nuit de jeudi à vendredi. Cette nuit-là, le patient a été rapidement pris en charge à Bonaventure. Les paramédics ont voulu le conduire à l’urgence de Paspébiac, qui est normalement ouverte 24 h sur 24, mais on les a informés qu’en raison d’un manque de personnel, l’urgence fermait ses portes à minuit. 

Les paramédics se sont donc rendu jusqu’à l’hôpital de Maria, situé 80 kilomètres plus loin. Le décès de l’homme a été constaté sur place. 

M. Barrette déplore le fait que l’appel soit survenu à la fin «d’un quart de travail», et que quelqu’un ait pris la décision de fermer les portes quand même. «La médecine, et surtout dans les urgences, c’est pas quelque chose qui doit s’arrêter à la fin des quarts de travail, surtout dans une situation de vie ou de mort», a-t-il plaidé en marge du Congrès des membres du Parti libéral samedi, à Québec.

Le ministre reconnaît que la région manque de médecins en ce moment, mais qu’il s’agit d’une «situation ponctuelle». Normalement, l’urgence du CLSC de Paspébiac peut compter sur les services de 8 médecins. Sauf qu'à l’heure actuelle, deux sont en congé parental et deux autres sont en congé en raison de blessures. 

Par contre, M. Barrette croit que ce n’est pas une excuse pour ne pas rester en poste quand la situation l’exige. «Pour moi, cette décision qui a été prise était absolument la mauvaise.» 

Impossible de dire si le patient aurait eu la vie sauve s’il avait été accueilli à Paspébiac. Par contre, le médecin de garde était la meilleure personne selon M. Barrette pour stabiliser le patient, avant son transport dans un hôpital. «Il faut vraiment mettre toutes les chances du bord du patient.»

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie a annoncé samedi que «des mesures particulières» ont été prises pour assurer la présence d’un médecin la nuit à partir de maintenant. Celui-ci recevra les patients transportés par ambulance seulement.