Université Laval: des recherches sur un traitement prometteur du cancer du sein

L'espoir est permis, mais il faudra attendre quelques années avant qu'un médicament unique développé à Québec pour traiter le cancer du sein soit approuvé.
Depuis le début de l'année, le professeur à la Faculté de médecine de l'Université Laval, Donald Poirier, et son équipe ont entrepris une étude préclinique sur une nouvelle molécule qui bloque le développement de cellules cancéreuses dans le sein. Les premiers résultats sont encourageants. La molécule n'est utile que pour les cancers du sein liés aux oestrogènes. 
«On a fait des premiers tests sur des souris qui avaient des tumeurs cancéreuses humaines. On les a traitées avec le produit et les tumeurs ont complètement disparu. Ç'a pris une dizaine de jours avant que la molécule fasse effet et un autre 15 jours avant que les tumeurs disparaissent», a-t-il indiqué, mardi, au Soleil.
D'autres tests seront effectués au cours des prochains mois en vue de convaincre de grandes entreprises pharmaceutiques d'investir des dizaines de millions de dollars dans les essais cliniques avec des femmes volontaires. 
«Dans un an et demi, on va avoir accumulé suffisamment de données pour aller en phase clinique. Il y a d'autres applications potentielles. On pourra aussi utiliser la molécule en imagerie médicale et pour traiter l'endométriose», a souligné le chercheur au Centre de recherche du CHUL. La phase clinique des recherches pour vérifier l'efficacité du produit et les possibles effets secondaires pourrait s'étaler sur cinq ans.
M. Poirier a reconnu que la partie n'est pas gagnée d'avance étant donné que bien des étapes restent à franchir avant de crier victoire. Il est toujours possible que les recherches ne soient pas concluantes bien que les résultats jusqu'à maintenant soient prometteurs. 
«La molécule que nous avons développée est l'aboutissement de 20 ans de travaux. On est quand même rendu très loin. Il y a plus de chances que ça se rende en phase clinique», a dit le chimiste dans le domaine biomédical.
Le produit bloque la formation d'une hormone qui stimule les cellules cancéreuses dans la majorité des cancers du sein. «La particularité de cette molécule est qu'elle agit de façon irréversible. Dès que notre molécule a accroché l'enzyme qui agit sur l'hormone, il est éliminé et les cellules cancéreuses disparaissent. Les autres molécules semblables sous étude peuvent être expulsées», a expliqué le chercheur.
En novembre dernier, M. Poirier a conclu une entente avec la société de valorisation AmorChem, l'Université Laval et le CHU de Québec pour poursuivre ses recherches sur la nouvelle molécule. 
Il donnera des explications ce soir sur les étapes de sa découverte à un souper-conférence de l'Association des chimistes et biochimistes du Québec. L'activité a lieu au Pub Galway, sur la rue Cartier à Québec, à compter de 17h.