Les résultats de l'étude, dirigée par le professeur de la Faculté de médecine Jean-Pierre Julien, ont été publiés récemment dans la revue Journal of Clinical Investigation.

Université Laval: de l’espoir pour un traitement de la maladie de Lou Gehrig

Des chercheurs de l’Université Laval ont démontré l’efficacité chez des souris d’une nouvelle thérapie qui s’attaque à la principale manifestation de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), connue aussi sous le nom de maladie de Lou Gehrig.

Les résultats de leur étude, dirigée par le professeur de la Faculté de médecine Jean-Pierre Julien, ont été publiés récemment dans la revue Journal of Clinical Investigation

Selon un communiqué publié mercredi par l’Université Laval, les chercheurs ont mis au point un anticorps qui réduit la quantité d’une protéine, la TDP-43, surexprimée dans la moelle épinière de personnes souffrant de SLA. Cette surexpression entraîne la formation d’agrégats de TDP-43 dans les cellules nerveuses ainsi qu’une réponse inflammatoire exagérée qui augmente la vulnérabilité des neurones, explique-t-on.

L’équipe de Jean-Pierre Julien a donc produit un anticorps qui cible cette fameuse protéine. Elle a inséré cet anticorps à l’intérieur de virus, puis a injecté ceux-ci dans le système nerveux de souris produisant des agrégats de TDP-43. 

«Nous avons alors observé une réduction du nombre d’agrégats de cette protéine, explique le professeur Julien dans le communiqué. Nous avons aussi constaté une atténuation de l’inflammation ainsi qu’une amélioration importante des performances cognitives et motrices des souris.»

Cette percée ouvrirait la port au développement d’immunothérapies non seulement pour la SLA, mais aussi pour les démences fronto-temporales. 

«Nous tentons maintenant de développer une approche qui ne nécessiterait pas l’utilisation de virus. Des résultats préliminaires nous portent à croire que des anticorps spécifiques injectés directement dans le liquide cérébro-spinal pourraient diminuer la formation d’agrégats de la protéine dans les cellules nerveuses», précise Jean-Pierre Julien, avec qui il n’a pas été possible de s’entretenir, mercredi. 

Il n’existe pour l’heure aucun traitement contre la SLA, qui se caractérise par une dégénérescence des neurones qui contrôlent l’activité musculaire. La maladie entraîne un affaiblissement progressif des bras et des jambes, suivi d’une paralysie et, de deux à cinq ans plus tard, de problèmes respiratoires menant à la mort. La SLA, qui a fait l’objet d’une campagne de financement devenue virale en 2014 (le Ice Bucket Challenge), frappe un adulte sur 1000.