La moitié des cas de surdose de drogue touchent des 18 ans et moins depuis le début de l’année en Estrie.

Une surdose sur deux touche un jeune de 18 ans et moins

Dans le cadre de cette enquête sur les surdoses liées aux opioïdes en Estrie, la DSP reçoit aussi des signalements liés à d’autres substances psychoactives.

Il s’agit de la première enquête épidémiologique du genre lancée par la DSP.

« On invite les cliniciens, le service de police, les milieux communautaires, tout le monde qui serait témoin d’une surdose ou d’une intoxication à une drogue de rue, une substance psychoactive, peu importe laquelle, de nous la déclarer. On élargit la lunette, on ne met pas l’accent que sur les opioïdes. »

« La bonne nouvelle, c’est que les indicateurs montrent que, spécifiquement en lien avec les opioïdes, il n’y a pas aucun indice comme quoi on serait en augmentation d’une problématique de surdose. »

Les données de la Santé publique de l’Estrie s’étirent du 1er janvier au 18 juillet. Elles montrent que des 28 déclarations, 15 sont liées à la consommation de cannabis, 8 au xanax et 4 au fentanyl et une autre à l’amphétamine.

« Dans le cas du fentanyl, les gens savaient qu’ils consommaient cela; ce n’est pas de la drogue qui a été coupée... »

La directrice de la DSP de l’Estrie, Mélissa Généreux : « On élargit la lunette, on ne met pas l’accent que sur les opioïdes. »

Fentanyl caché
À ce sujet, un phénomène émergent inquiète les autorités, soit que le fentanyl est parfois mélangé à d’autres drogues, de sorte que les personnes ignorent qu’elles en consomment. Le fentanyl est 100 fois plus puissant que la morphine.

Dre Généreux trouve préoccupant que la moitié des cas recensés dans l’enquête concerne des jeunes de moins de 18 ans.

« Souvent, c’est de la polyconsommation : ce sont des jeunes qui vont prendre du xanax avec du cannabis, du xanax avec de l’alcool... Pour un jeune qui n’a pas développé une tolérance très grande à ce type de substance ni à l’alcool, il n’est pas habitué de voir à quelle dose cela pourrait mener à des effets désagréables... C’est quand même beaucoup : on s’entend que les jeunes ne représentent pas la moitié de la population; ils sont surreprésentés. Ça, on va suivre ça de près. » L’enquête se poursuit.

Comme il s’agit de la première du genre, il n’existe pas de données comparatives.

Rappelons que le carfentanyl, une substance 10 000 fois plus toxique que la morphine, avait fait une première victime en Estrie l’automne dernier. La consommation de cette drogue, combinée à d’autres substances, s’est avérée fatale pour un Cowansvillois de 25 ans.

« Pour les opioïdes, il faut demeurer vigilant, mais en ce moment on n’a pas d’indice comme quoi c’est un gros problème. Dans les régions autour de l’Estrie, on n’a pas de vague de surdoses en cours. Bien qu’ailleurs au Canada et aux États-Unis on voit que la tendance est à la hausse, on sait que c’est à nos portes et qu’on doit demeurer vigilant, mais dans les régions autour, on n’a pas d’évidence que la problématique est en hausse. »

Les opioïdes comprennent notamment des médicaments d’ordonnance comme le fentanyl, le Dilaudid et l’oxycodone.