La superclinique, qui offrira un minimum de 20 000 consultations sans rendez-vous par année, regroupe actuellement une vingtaine de médecins de famille, dont plusieurs acceptent de nouveaux patients.

Une superclinique ouverte jusqu'à 105 heures par semaine

La médecine de famille idéale a maintenant un nom, de l'avis du ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Première superclinique annoncée à Québec, MAclinique Lebourgneuf offrira à terme jusqu'à 105 heures d'ouverture par semaine, soit 21 de plus qu'exigé.
Quand l'équipe de MAclinique est venue rencontrer le ministre Barrette pour lui présenter son projet, il y a un an, celui-ci n'en «revenait pas». «Je me disais : c'est comme ça que ça devrait fonctionner la médecine de famille», a raconté, enthousiaste, le ministre de la Santé lors d'une conférence de presse qui avait lieu jeudi dans les locaux inachevés de la nouvelle clinique du boulevard Lebourgneuf. 
«Pour moi, c'était un projet extraordinaire. [...] Cette superclinique offrira une disponibilité de 98 heures par semaine, soit 14 heures par jour, sept jours sur 7, et elle a l'intention de se rendre jusqu'à 105 heures par semaine, soit 15 heures par jour», s'est réjoui le ministre Barrette. «Ce qui est unique, c'est qu'on ne l'a pas demandé. Ils [les médecins de MAclinique] le font par choix, parce qu'ils ont la volonté d'offrir des services à la population», a-t-il souligné.
La superclinique, qui offrira un minimum de 20 000 consultations sans rendez-vous par année, regroupe actuellement une vingtaine de médecins de famille, dont plusieurs acceptent de nouveaux patients. «On peut en prendre énormément, des centaines et des centaines», a mentionné la directrice médicale, la Dre Chantal Guimont, sans s'avancer sur un nombre précis. Selon elle, MAclinique, qui est ouverte de 8h à 22h, a la capacité de recevoir jusqu'à 150 patients par jour.  
Jusqu'ici, les médecins du nouveau GMF, qui viennent de cliniques environnantes ou de l'extérieur de Québec et dont plusieurs ont de l'expérience en médecine d'urgence, comptent ensemble quelque 9000 patients inscrits. «On est ouvert à accueillir d'autres médecins qui veulent venir, mais le but n'est pas non plus de dégarnir les autres territoires», a dit la Dre Guimont. 
Le CIUSSS de la Capitale-Nationale a attribué à MAclinique quatre infirmières auxiliaires, une infirmière technicienne et deux infirmières cliniciennes. Un montant de 82 867 $ par année a également été accordé pour le personnel administratif de la clinique, qui offrira sur place des services de prélèvements et d'imagerie médicale.
«Mini-urgence»
La «mini-urgence» traitera des cas mineurs (les P4 et P5), mais elle pourra aussi aller «au-delà». «On est équipé pour réparer des plaies, faire des plâtres, faire des échographies [...], pour donner des traitements...» a énuméré la directrice médicale de MAclinique. 
Même si ce n'est actuellement pas dans les plans, le ministre Barrette n'exclut pas que le bloc opératoire privé de MAclinique devienne un autre Rockland MD, Dix30 ou Opmedic, qui accueillent aux frais de l'État des patients des hôpitaux dans le cadre d'un projet-pilote visant à comparer les coûts d'une chirurgie entre le privé et le public.
La Dre Guimont a préféré taire les sommes investies pour démarrer MAclinique, qui occupe plus de la moitié d'un nouveau complexe de 225 000 pieds carrés. «Ce n'est pas une question qui est importante. La population, ce qu'elle doit savoir, c'est que cet argent-là est investi pour offrir des services dans un environnement public. On veut être accessible, faire le maximum pour les gens avant de devoir les envoyer dans les salles d'urgence», a-t-elle dit.
MAclinique est la 13e superclinique annoncée par le ministre Barrette, qui en vise 34 d'ici la fin de l'année et 50 d'ici décembre 2018. Au moins cinq autres supercliniques sont prévues pour la ville de Québec.
Position névralgique
La position géographique névralgique de MAclinique permettra de desservir la population de la couronne nord de Québec, en manque de médecins et de services de première ligne, a-t-on fait valoir jeudi en conférence de presse. Et, oui, il peut, dans certaines situations particulières, y avoir deux super-cliniques l'une à côté de l'autre (le Centre médical Le Mesnil, situé à moins de deux kilomètres de MAclinique, deviendra aussi superclinique), a dit le ministre Gaétan Barrette, qui a longtemps martelé le contraire. Ce qui lui importe, a-t-il expliqué, c'est que les gens s'éloignent du Complexe G (et de Place Laurier), «parce que la population, elle est autour d'ici». Présent à la conférence de presse, le député de Vanier, Patrick Huot, a souligné que tant les résidents du secteur des Rivières et de la Haute-Saint-Charles que ceux de Charlesbourg, de Lac-Beauport et de Stoneham profiteront d'une offre de service bonifiée sur Lebourgneuf.