Le médecin, qui a demandé que sa clinique et lui ne soient pas identifiés, dit avoir appelé dans toutes les urgences de Québec jeudi matin pour les informer que sa superclinique avait des disponibilités pour recevoir des patients. «Ça n’a rien donné.»

Une superclinique à la recherche de... patients

Le responsable d’une superclinique de Québec est à la recherche de… patients. Il aimerait que les urgences des hôpitaux réfèrent davantage aux supercliniques les patients classés P4 ou P5, les deux catégories les moins prioritaires.

Le médecin, qui a demandé que sa clinique et lui ne soient pas identifiés, dit avoir appelé dans toutes les urgences de Québec jeudi matin pour les informer que sa superclinique avait des disponibilités pour recevoir des patients. «Ça n’a rien donné. J’ai un médecin qui va devoir quitter», faute de patients dans la salle d’attente du sans rendez-vous, a confié notre interlocuteur, qui déplore que les urgences ne réorientent pas leur clientèle moins prioritaire vers les supercliniques. 

«Je ne comprends pas pourquoi elles ne le font pas, surtout quand on sait qu’il y a un pourcentage de patients qui quittent l’urgence après quelques heures d’attente sans avoir été vus par un médecin. Il y a des P4 et des P5 qui pourraient assurément être vus dans des cliniques et des supercliniques, mais il n’y a pas de liens qui se font, pas de protocole pour réorienter les patients», dénonce notre source, selon qui une véritable collaboration avec les supercliniques permettrait de diminuer la pression sur les urgences. 

«La majorité du temps, on est plein [...], mais il y a des journées où on a plus de ressources et où on pourrait voir plus de patients», explique le médecin, qui réclame qu’une procédure formelle soit mise en place dans les urgences pour rediriger les patients présentant une condition médicale mineure, mais néanmoins urgente. 

Pas de protocole

«C’est comme si ça ne rentrait pas dans leurs habitudes, peut-être par crainte médico-légale, ou parce que ça demande du temps et des ressources pour le faire, que c’est compliqué, je ne sais pas», réfléchit notre interlocuteur. 

Au CHUQ de Québec, on admet n’avoir aucun protocole pour rediriger les patients classés P4 ou P5. «Ça fait partie des choses qui s’évaluent, mais ce n’est pas pour demain. Pour en arriver à un tel protocole, il faudrait mettre en place des critères très précis», souligne une porte-parole du CHU de Québec, Lindsay Jacques, ajoutant que l’établissement «n’a pas de projet en ce sens pour l’instant».

Au cabinet du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, on endosse l’idée de notre médecin. «Non seulement nous sommes d’accord avec cette proposition, c’est même ce que l’on demande aux établissements», dit l’attachée du ministre, Catherine W. Audet.

Il y a actuellement six supercliniques dans la capitale qui peuvent accueillir les patients avec ou sans médecin de famille, soit celles de La Clinique médicale Saint-Louis, de la Cité médicale, du Centre médical Le Mesnil, de la Clinique médicale des Promenades, de Proactive Santé et de MAclinique Lebourgneuf.