Une femme de 92 ans en perte d'autonomie s'est trouvée à dormir plutôt loin de chez elle après avoir reçu son congé du CHUL, dimanche.

Une patiente de 92 ans ramenée à la mauvaise adresse

Une résidante de Québec n'arrive toujours pas à comprendre ce qui est arrivé à sa mère, une femme de 92 ans en perte d'autonomie qui a été reconduite par erreur à une mauvaise adresse après des traitements médicaux au CHUL.
Céline Huot fulminait au téléphone. Elle était hors de la ville dimanche quand sa mère, Alma Rousseau, a dû être hospitalisée au CHUL pour des problèmes intestinaux et des nausées vers 16h45. À l'admission, selon Céline Huot, Mme Rousseau a présenté sa carte du CHUL sur laquelle figurent les coordonnées de son ancienne adresse, une résidence pour personnes âgées autonomes. Or, depuis quelques mois, elle est déménagée aux Jardins du Haut-Saint-Laurent, un CHSLD pour personnes en perte d'autonomie. «Lorsqu'on lui a demandé si l'adresse sur la carte était vraiment la bonne, elle a dit oui. Elle est confuse et a des pertes de mémoire», relate Mme Huot.
«Mon fils est allé rendre visite à ma mère et s'est aperçu de l'erreur en voyant le numéro de téléphone figurant sur son bracelet. Il a donné au médecin un papier sur lequel se trouvait la nouvelle adresse de ma mère au CHSLD. Mais celui-ci n'a pas fait le suivi auprès des infirmières. C'est terrible! C'est de la grosse négligence.»
Quand, vers 23h, Mme Rousseau a reçu son congé de l'hôpital, on a chargé un transport adapté de la reconduire... à son ancienne adresse. Sur place, on a accueilli Mme Rousseau sans se rendre compte qu'elle n'est plus résidante de l'endroit. «Le jeune homme à la réception était là depuis peu. Il a donc conduit ma mère à l'adresse de son ancien appartement qui figurait sur sa carte du CHUL.»
Ancien appartement
Par hasard, le nouveau locataire n'était pas là. On a alors installé Mme Rousseau dans un lit pour la nuit. Lundi matin, Mme Huot a reçu un appel de la direction du CHSLD où sa mère réside pour lui dire que sa mère avait disparu. «J'ai complètement paniqué. Ma mère a besoin de soins continuels. On doit l'attacher parce qu'elle perd l'équilibre et tombe quand elle se lève.»
Mme Huot a eu la présence d'esprit de contacter la résidence où sa mère logeait jusqu'à récemment. «J'ai demandé à l'infirmier d'aller voir dans son ancien appartement. Elle était là, seule. Elle n'avait pas mangé, pas bu. Rien. Il était 11h. Elle était vraiment perturbée quand je l'ai retrouvée. Je me suis dit : “Ça ne se peut pas de retrouver ma mère comme ça! Il aurait pu y avoir de graves conséquences. J'ai un gros problème avec le CHUL, qui n'a pas fait son travail. Je me pose de sérieuses questions sur les procédures d'identification des patients. Certains ne sont pas toujours en mesure de répondre correctement parce qu'ils ont des pertes de mémoire. Ils n'ont pas su identifier son problème de perte de mémoire. Comment est-ce possible que les hôpitaux ne soient pas capables d'identifier des patients qui vivent dans les CHSLD? Il y a un gros bogue là!»
Le Soleil a discuté brièvement avec la direction du CHUL lundi, qui a affirmé ne pas disposer de suffisamment d'informations afin de livrer sa version des faits.