L'équipe mobile permettra aux intervenants de se déplacer chez les personnes suicidaires afin de mieux évaluer leur dangerosité et leurs besoins et, ultimement, de leur offrir un filet de sécurité dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Une équipe mobile de prévention du suicide à Québec

Parce qu'il est parfois limité dans ses interventions téléphoniques, le Centre de prévention du suicide (CPS) de Québec vient de mettre sur pied une équipe mobile qui lui permettra de se déplacer chez les personnes suicidaires afin de mieux évaluer leur dangerosité et leurs besoins et, ultimement, de leur offrir un filet de sécurité dans le réseau de la santé et des services sociaux.
<p>Le directeur des services d'intervention du CPS, Éric Arsenault, et la directrice du CPS de Québec, Lynda Poirier.</p>
La bonne nouvelle a été officialisée jeudi par la directrice du CPS de Québec, Lynda Poirier. «Malgré une offre assez complète de services, on s'est rendu compte qu'il y avait certaines situations où on n'était pas en mesure d'évaluer les besoins des clients de façon satisfaisante [lorsqu'ils ne peuvent pas se déplacer, par exemple]», a expliqué au Soleil Mme Poirier.
L'organisme effectue bon an, mal an autour de 25 000 interventions auprès d'environ 5000 personnes suicidaires, précise le directeur des services d'intervention du CPS, Éric Arsenault. «Pour une centaine d'entre elles, on a de la difficulté à estimer le niveau de dangerosité. La police peut parfois être appelée à intervenir, et la personne se retrouve à l'hôpital alors que ce n'est pas nécessairement ce dont elle a besoin», explique M. Arsenault.
Besoin de contact
Le client, renchérit Mme Poirier, peut seulement avoir besoin d'être en contact avec des intervenants. «En se déplaçant chez lui, on crée une alliance thérapeutique, on détermine avec lui les mesures à prendre. S'il a besoin d'être hospitalisé, on s'assure qu'il va nous revenir ensuite. On veut lui donner un filet de sécurité, éviter le vide de services. Le client, on va le suivre du début à la fin», résume la directrice du CPS de Québec, précisant que ce suivi se fera évidemment avec des partenaires des réseaux public et communautaire.
Lynda Poirier estime du reste que l'unité mobile permettra une diminution des délais d'intervention.
L'initiative s'inscrit dans le contexte de la loi P-38 sur la protection des personnes dont l'état mental présente un danger grave et imminent pour elle-même ou pour autrui, mentionne par ailleurs Mme Poirier.