Sara-Émilie Chabot est atteinte d’ostéogenèse imparfaite, ou «maladie des os de verre», qui se caractérise par une fragilité anormale et généralisée des os, ainsi que du syndrome de Larsen, autre pathologie rare qui touche les os. 
Sara-Émilie Chabot est atteinte d’ostéogenèse imparfaite, ou «maladie des os de verre», qui se caractérise par une fragilité anormale et généralisée des os, ainsi que du syndrome de Larsen, autre pathologie rare qui touche les os. 

Une employée immunosupprimée du CHUL réclame des directives claires

Une agente administrative du CHUL immunosupprimée et n’ayant que 30% de capacité pulmonaire déplore l’absence de mesures claires et uniformes dans le réseau de la santé pour protéger les employés dans sa situation.

Sara-Émilie Chabot est atteinte d’ostéogenèse imparfaite, ou «maladie des os de verre», qui se caractérise par une fragilité anormale et généralisée des os, ainsi que du syndrome de Larsen, autre pathologie rare qui touche les os. 

En plus d’avoir les os qui s’effritent et les articulations qui se disloquent facilement, Mme Chabot a des problèmes de scoliose et n’a que 30% de capacité pulmonaire. 

«J’adore mon travail, mais je suis très craintive face à la COVID-19 qui prend de l’ampleur chaque jour. […] J’ai peur, car si c’était moi qui attrapais ce virus, je ne suis pas certaine que je m’en sortirais», a-t-elle écrit lundi dans un long message Facebook destiné à sensibiliser le gouvernement et les établissements de santé à la situation que vivent les employés vulnérables comme elle. 

«À l’heure actuelle, il n’y a aucune mesure pour les gens immunosupprimés comme moi travaillant dans le milieu de la santé», dénonce celle qui est en arrêt de travail jusqu’à lundi parce qu’elle relève d’une pneumonie «qui n’a pas été facile avec mes poumons fragiles».

«Oui, nous sommes appuyés par le service santé de notre établissement. Mais pour eux, à part des mesures préventives que nous savons déjà […], il n’y aurait aucune autre mesure comme par exemple un arrêt obligatoire pour des gens ayant des problèmes [de santé] chroniques», écrit Sara-Émilie Chabot. 

En entrevue au Soleil, jeudi, Mme Chabot a indiqué que la gestionnaire de qui elle relève l’avait contactée la veille. «Elle m’a dit que je ne serais pas blâmée et que je n’aurais pas de conséquences si je décidais de me retirer, et que je pourrais être rémunérée par l’assurance-emploi», rapporte l’agente administrative, qui, même si une «solution» se dessine pour elle, souhaite «continuer à mener le combat pour les autres». 

«Ce que je demande au gouvernement et aux hôpitaux, c’est qu’il y ait une directive claire, uniforme, pour les employés comme moi», résume-t-elle. 

Plus tôt cette semaine, Radio-Canada a fait état de la situation de certains employés du réseau de la santé atteints d’une maladie chronique et dont le médecin a signé un billet médical exigeant leur retrait immédiat du travail, mais à qui l’employeur refuse de verser des prestations d’assurance-salaire. 

Un message du gouvernement a pourtant été envoyé la semaine dernière aux sous-ministres et aux dirigeants d’organismes gouvernementaux à propos de la COVID-19 et des «orientations quant au télétravail».

«Les personnes âgées de 70 ans et plus ainsi que celles atteintes de maladies chroniques ou immunosupprimées ne doivent pas se présenter dans les milieux de travail et doivent demeurer en isolement. Le traitement de l’employée ou de l’employé est maintenu, que cette personne soit ou non en télétravail», dit cette note.