Une boutique de Québec fait la promotion de la cigarette électronique

En ouvrant la première succursale de Vapoclub, rue Saint-Jean, Jean-François Tremblay espère faire évoluer les mentalités par rapport à la cigarette électronique. «Il faut que les autorités en matière de santé enlèvent leurs oeillères et qu'on se donne les normes de qualité les plus strictes» en matière de législation, estime l'homme d'affaires.
Jean-François Tremblay mentionne que, contrairement à la fumée secondaire de tabac, qui se propage à l'infini sur une période de deux à quatre heures, la vapeur d'eau générée par la cigarette électronique a une durée de vie de 11 secondes sur un rayon d'un mètre.
«Mon combat, c'est contre le tabac. Et mon combat, c'est de promouvoir la cigarette électronique comme alternative de livraison de nicotine. Est-ce que c'est parfait? Non, bien sûr que non, parce qu'on a encore une dépendance. Mais mon combat n'en est pas un d'acceptation globale. C'est de dire que c'est un produit qui est meilleur que le tabac pour ceux qui sont accro à la nicotine.»
M. Tremblay a fumé pendant plus de 30 ans avant d'être converti à la vapeur d'eau - qui peut contenir ou non une certaine quantité de nicotine. «J'ai essayé 17 fois d'arrêter. Les timbres, le laser, la gomme, j'ai tout essayé. Et aujourd'hui, plus jamais je ne retoucherais à du tabac», expose-t-il fièrement, cigarette électronique au bec.
En affaires depuis un an avec Vapoclub, l'ancien spécialiste du marketing dans l'industrie des jeux vidéo ne cache pas le fait qu'il profite d'une «zone grise» dans la loi pour fonder son commerce. «Le gouvernement voulait interdire la cigarette électronique au même titre que la cigarette dans les lieux publics. Le Parti québécois avait dit qu'au printemps, il allait se pencher sur la question. Mais le déclenchement des élections nous a fourni une belle fenêtre pour nous donner le temps de faire bouger les choses.»
Campagne de séduction
Pétition, ouverture prochaine d'autres succursales et franchises de Vapoclub à Québec et potentiellement partout au pays, recherches et démarches pour l'instauration d'un premier «vape-café» dans la capitale... M. Tremblay part en véritable campagne de séduction avec la cigarette électronique. Il est cependant conscient qu'il «prend un risque», puisque tant le directeur national de santé publique du Québec que Santé Canada en déconseillent l'usage.
«Aucun produit de ce genre n'a été approuvé», a rappelé lundi Gary Holub, agent des relations avec les médias de Santé Canada. «Par conséquent, l'annonce et la vente de cigarettes électroniques, y compris d'E-liquides, contenant de la nicotine ou comportant des allégations santé sont contraires à la Loi sur les aliments et drogues et, donc, illégales.» Il n'a toutefois pas été possible de le faire commenter l'ouverture d'une boutique qui commercialise ouvertement ce genre de produits.
Chose certaine, le marché de la cigarette électronique est en pleine expansion. À Québec seulement, on dénombre au moins deux autres commerces de ce genre, quebecvape.com et jevapote.ca. Cette dernière entreprise, qui a pignon sur rue boulevard Henri-Bourassa depuis novembre, doit d'ailleurs se trouver un nouveau local plus grand afin de répondre à la demande toujours grandissante. «Je voudrais bien répondre à vos questions, mais juste le temps de vous parler, j'ai déjà manqué quatre appels et mes clients attendent en ligne», a laissé tomber le propriétaire, joint par téléphone lundi après-midi.
Tous ces commerces, qui ont des boutiques en ligne, demandent à leurs clients d'avoir 18 ans ou plus.