«C'est un problème à l'heure actuelle, parce que les campagnes de vaccination plafonnent pour toutes sortes de raison, mais entre autres parce que les gens n'aiment pas ça, se faire vacciner avec des aiguilles», explique le docteur Guy Boivin.

Un vaccin contre la grippe qui n'utilise pas d'aiguille

Vous avez une peur bleue des aiguilles et vous craignez d'attraper la grippe? Bonne nouvelle, le vaccin contre l'influenza pourrait bientôt être administré par voie nasale ou avec l'aide d'une «patch» applicable sur les gencives, grâce aux travaux de chercheurs de l'Université Laval.
Pour le titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l'influenza et autres virus respiratoires, le docteur Guy Boivin, il s'agit d'un moyen d'améliorer l'acceptabilité du vaccin dans la population.
«C'est un problème à l'heure actuelle, parce que les campagnes de vaccination plafonnent pour toutes sortes de raison, mais entre autres parce que les gens n'aiment pas ça, se faire vacciner avec des aiguilles», explique celui qui a déjà publié des résultats de recherches concluants sur l'administration du vaccin par gouttes intranasales chez les animaux.
Quant à celles par «patch», elles sont en cours avec un partenaire français qui développe le produit dans lequel est incorporé le vaccin. En Suède, la population consomme de la nicotine de cette façon, c'est-à-dire en plaçant sur leur gencive supérieure des petites pochettes de poudre de tabac. «La gencive, c'est un milieu qui a beaucoup de vaisseaux sanguins, ça absorbe très bien», explique le Dr Boivin.
Selon lui, il est beaucoup plus logique d'administrer le vaccin «par où entre le virus», soit le nez ou la bouche. «On va produire des anticorps qui sont sur place au niveau des muqueuses et qui vont tout de suite intercepter le virus lorsqu'il va tenter d'entrer dans l'organisme», illustre-t-il.
Avant de voir ces vaccins oraux et nasaux faire leur entrée sur le marché, il reste encore à terminer les études sur les animaux et à réaliser les études cliniques chez les humains. «On est à la recherche de partenaires», souligne Dr Boivin, dont la chaire a reçu jeudi un financement de 1,4 million $ en provenance de fonds fédéraux versés pour soutenir la recherche dans les universités canadiennes.
Quatre autres Chaires de recherche du Canada à l'Université Laval ont bénéficié des fonds fédéraux annoncés par le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, Chris Alexander, qui était en visite à Québec.