Le Centre médical de Charlesbourg fait partie de ces cliniques qui ont mis fin à leur mission réseau en novembre 2017. Son président directeur-général, Éric Caron, affirme être prêt à rouvrir «demain matin» son sans rendez-vous 73 heures par semaine. Il n’a toutefois pas encore reçu le coup de fil «tant attendu» du ministère.

Un seul des quatre sans rendez-vous fermés prêt à rouvrir à Québec

La ministre de la Santé, Danielle McCann, a réitéré mercredi sa volonté de rouvrir les sans rendez-vous des cliniques médicales et des CLSC qui ont été forcés de fermer leurs portes à la clientèle orpheline pendant le règne de son prédécesseur. À Québec, sur les trois cliniques et le CLSC qui ont mis fin à ce service au cours des deux dernières années, seul le Centre médical de Charlesbourg nous a confirmé vouloir le remettre en fonction.

En mêlée de presse, la ministre McCann a précisé vouloir rouvrir «dans les prochaines semaines», voire les prochains mois, les sans rendez-vous qui ont été fermés «dans plusieurs régions du Québec», estimant leur nombre à 14. «On a un plan» pour rouvrir ces sans-rendez-vous, a-t-elle réitéré, tout en assurant que son gouvernement était prêt à y mettre les budgets et ressources nécessaires.

En entrevue au Soleil, plus tôt en novembre, la ministre McCann avait déjà fait savoir que son ministère allait rétablir rapidement le financement des cliniques réseau qui avaient été forcées de fermer leur sans rendez-vous à la clientèle non-inscrite parce qu’incapables de répondre aux exigences du programme de supercliniques de l’ex-ministre Gaétan Barrette. «On les contacte, on leur demande si elles sont capables de rouvrir le sans rendez-vous», et si elles le sont, on rétablit leur financement, avait promis la ministre.

Le Centre médical de Charlesbourg fait partie de ces cliniques qui ont mis fin à leur mission réseau en novembre 2017. Son président-directeur général, Éric Caron, affirme être prêt à rouvrir «demain matin» son sans rendez-vous 73 heures par semaine, pour autant qu’on lui redonne les quatre infirmières requises. Il n’a toutefois pas encore reçu le coup de fil «tant attendu» du ministère. «Ça commence presque à m’inquiéter», laisse tomber Éric Caron, qui s’est fait promettre par la Coalition avenir Québec pendant la campagne électorale la réouverture du sans rendez-vous de sa clinique du boulevard Henri-Bourrassa, fermé depuis le 1er novembre 2017.

«Nos médecins sont capables pour l’instant de s’occuper du sans rendez-vous, mais dans la prochaine année, il nous faudra minimum deux nouveaux médecins», calcule M. Caron, qui souhaite obtenir ces nouveaux bras dans le prochain plan régional d’effectifs médicaux (PREM). «On a déjà six médecins qui sont intéressés à venir à Charlesbourg, on a juste besoin de la permission» du PREM, mentionne-t-il.

La clinique médicale Giffard, dans le secteur de Beauport, a également fermé sa portion réseau lorsque la clinique médicale des Promenades, située dans le même centre commercial, a accédé au rang de superclinique, en novembre 2017. Non seulement la clinique Giffard ne rouvrira pas son sans-rendez-vous à la clientèle non inscrite, mais elle ne recevra plus du tout de patients, a appris Le Soleil. Ceux-ci seront plutôt accueillis à la clinique médicale des Promenades, qui sera agrandie, a fait savoir le responsable médical des deux cliniques, le Dr Michel Robitaille.

Ouvert aux discussions

«On va avoir perdu huit médecins au cours de la dernière année pour différentes raisons, dont des départs à la retraite. On avait aussi des médecins pour qui le modèle de superclinique ne convenait pas» explique le Dr Robitaille, tout en rappelant que ce modèle exige plus d’heures d’ouverture que l’ancien modèle de clinique réseau, «mais offre moins de subventions». «C’est sûr que si l’option de redevenir clinique-réseau se présente», la clinique médicale des Promenades y songerait, glisse-t-il.

À la clinique médicale Pierre-Bertrand, qui a perdu son financement de clinique réseau le 1er avril 2017 parce qu’elle ne pouvait pas adhérer au programme de superclinique, on est ouvert à remettre le service en fonction, «mais il faudrait s’asseoir et en discuter».

«Quand on nous a fermé, on nous a enlevé huit infirmières sur neuf [...]. Ça nous prendrait des infirmières, mais aussi des médecins», dit le médecin responsable de la clinique, le Dr Serge Dubé, dont deux collègues sont malades et trois autres sont en préretraite.

«On a été très échaudé par cette expérience-là [la fermeture de la clinique réseau], mais ça va nous faire plaisir de discuter avec la ministre», assure-t-il.

L’unité de médecine familiale du CLSC Haute-Ville ne reçoit plus non plus de patients orphelins depuis mars 2017. Dans son cas, ce sont les exigences de la loi 20, qui oblige les médecins à suivre plus de patients et à être plus assidus auprès d’eux, qui a motivé la fermeture.

Au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale, on nous a fait savoir mercredi qu’il était «prématuré de se positionner sur la réouverture possible» du sans rendez-vous du CLSC Haute-Ville à la clientèle non inscrite.