La semaine dernière, Le Soleil rapportait que les autorités gouvernementales envisageaient, à la suggestion des Augustines et du maire Régis Labeaume, de raser les six étages supérieurs de la tour rectangulaire ajoutée il y a plus de 50 ans aux bâtiments historiques de l’Hôtel-Dieu.

Un pas de plus vers des étages en moins à l'Hôtel-Dieu

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale vient de lancer un appel d’offres pour faire évaluer la faisabilité et les coûts relatifs à la démolition éventuelle d’une partie de la tour principale de l’Hôtel-Dieu de Québec.

Le CIUSSS désire que la firme spécialisée en ingénierie retenue «définisse et formule clairement […] l’envergure des travaux potentiels et l’évaluation des coûts» liés à cette potentielle démolition, peut-on lire dans l’appel d’offres publié cette semaine.

La semaine dernière, Le Soleil rapportait que les autorités gouvernementales envisageaient, à la suggestion des Augustines et du maire Régis Labeaume, de raser les six étages supérieurs de la tour rectangulaire ajoutée il y a plus de 50 ans aux bâtiments historiques de l’Hôtel-Dieu. Cette opération en serait une d’embellissement, cette tour étant considérée par plusieurs comme une «verrue» dans le Vieux-Québec.

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Pour que la démolition projetée des six étages soit réalisée, elle doit entrer dans l’enveloppe de 500 millions $ prévus par le gouvernement du Québec pour la transformation de l’Hôtel-Dieu, dont les nouvelles missions devraient voir le jour en 2025 ou en 2026, une fois déménagées les installations existantes du côté du nouveau complexe hospitalier de l’Enfant-Jésus. 

En mai, Québec a annoncé l’octroi d’un montant de 10 millions $ au CIUSSS de la Capitale-Nationale pour accoucher d’un projet déterminant la nouvelle vocation de chacun des bâtiments de l’Hôtel-Dieu. Un rapport est attendu d’ici la fin de l’année. L’appel d’offres lancé vendredi s’inscrit dans ce mandat.

Rapport de 2013

Dans le document, on rappelle qu’un rapport intitulé Projet de réutilisation des locaux actuels de l’Hôtel-Dieu de Québec a été produit en 2013 par la défunte Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Natioanle (aujourd’hui le CIUSSS). Un des chapitres de ce rapport présenté au ministère de la Santé faisait état d’un «scénario immobilier alternatif» pouvant être envisagé. Le scénario en question conduisait notamment à entrevoir la démolition de quelques étages de la tour. «Ce scénario n’a pas fait l’objet d’analyse plus poussée depuis, et c’est dans ce contexte que le présent devis est développé», explique l’établissement.

Le rapport de 2013 suggérait par ailleurs que l’Hôtel-Dieu conserve un service d’urgence et que des services de première ligne soient accessibles, notamment grâce à la présence d’une unité de médecine familiale. Il suggérait aussi que l’établissement compte des lits de convalescence, des lits de soins palliatifs, des lits en unité transitoire de réadaptation fonctionnelle de même que des lits destinés à des adultes présentant une lourde déficience physique (150 lits au total, toutes catégories confondues). 

Bref, le rapport de 2013, qui évaluait le coût des travaux à 305 millions $, suggérait essentiellement ce qui est encore envisagé aujourd’hui. 

Lors de la conférence de presse du 23 mai, on confirmait en effet la volonté d’avoir une superclinique ou un service d’urgence mineure à l’Hôtel-Dieu. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, évoquait également que l’Hôtel-Dieu devienne une «soupape» au réseau : soins palliatifs, convalescence, hospitalisation d’un jour, etc. Le président-directeur général du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Michel Delamarre, nous avait également mentionné que l’idée de développer un CHSLD destiné à une clientèle spécifique, plus jeune, était toujours envisagée.

Pourquoi débourser 10 millions $ pour faire produire un autre rapport déterminant les nouvelles missions de l’Hôtel-Dieu, surtout que les propositions de 2013 sont, pour l’essentiel, toujours envisagées aujourd’hui? Comment ce montant de 10 millions $ est-il ventilé? 

«Un point de départ»

Au ministère de la Santé, on précise que le rapport de 2013 servira de point de départ aux travaux qu’effectuera le CIUSSS. «Ce travail n’a pas été fait en vain, mais les besoins de la région ont évolué, tout comme le contexte organisationnel. Le dossier d’opportunité reposera sur les réalités projetées pour 2022 et non des données de 2012», explique la porte-parole Marie-Claude Lacasse. 

Entre le canevas évoqué à l’époque et le dossier d’opportunité à venir, «des différences quantitatives surgiront sans doute», ajoute-t-elle. «Ce qui n’a pas changé, c’est la détermination du gouvernement de voir à utiliser les espaces cliniques disponibles pour des activités qui répondent à des besoins additionnels démontrés», souligne la porte-parole du ministère.

Quant au montant de 10 M$, «il n’est pas pour la mise à jour le rapport de 2013, mais bien pour l’ensemble des travaux entourant la réalisation du dossier d’opportunité», précise Marie-Claude Lacasse, ajoutant que le rapport demandé au CIUSSS pour la fin 2018 n’est qu’un des éléments à réaliser dans le cadre de l’élaboration du dossier d’opportunité.  

La porte-parole du ministère rappelle qu’un dossier d’opportunité est un processus rigoureux qui conduit à des projets «bien ficelés», reposant sur «des données fiables, des estimations précises et des étapes nombreuses et définies».

«Plusieurs autres études seront requises dans le cadre de la réalisation du dossier d’opportunité et du dossier d’affaires, dont certaines seront réalisées par la SQI. Ainsi, les sommes allouées serviront à réaliser plusieurs études et analyses (solution immobilière, état des bâtiments, mode de réalisation, analyse de risques, mise en œuvre du projet, etc.)» détaille Mme Lacasse.