À 22 ans, le directeur Kéven Poulin, démarre la Clinique de soins infirmiers du Campanile, en compagnie de la copropriétaire, Marilyne Bolduc.

Un étudiant veut bâtir un réseau de cliniques privées de soins infirmiers

Le concept de système de santé «à deux vitesses», Kéven Poulin a bien l'intention de l'exploiter au maximum. Après l'ouverture de la clinique privée de soins infirmiers du Campanile, il y a un mois, le jeune administrateur planche sur une vaste expansion, à Québec et en province, convaincu que les patients sont plus que jamais prêts à mettre la main dans leur poche afin d'obtenir des traitements plus rapides que dans le réseau public.
À seulement 22 ans, étudiant au certificat en gestion de commerce au Cégep Garneau et, l'an prochain, au bac en administration, Kéven Poulin voit grand et vise l'ouverture d'une clinique par année, non seulement à Québec, mais aussi en Beauce, au Saguenay, à Trois-Rivières, à Sherbrooke et en Outaouais. «Tant que les besoins seront là», le jeune entrepreneur compte faire flèche de tout bois.
«Je crois beaucoup à la privatisation du système de santé», explique-t-il, déplorant les délais trop longs dans le système public pour obtenir des soins de base. «Les gens sont prêts à faire ce choix, à payer pour obtenir des prélèvements sanguins ou des vaccins plus rapidement, à un prix abordable, dans un délai de 24 à 48 heures. Mais que ce soit au public ou au privé, nous travaillons pour la même cause, celle de la santé du patient.»
Liste de prix
Ouverte le 5 octobre, la clinique de soins infirmiers du Campanile affiche sa liste de prix dans une brochure. Les tarifs vont de 10 $ pour un prélèvement urinaire ou un «suivi diabétique», à 45 $ pour une rencontre en contraception, en passant par une vaccination grippale à 30 $. Des frais de 25 $ sont exigés pour l'ouverture du dossier, sauf pour les prélèvements.
Certains traitements réclament une prescription médicale, par exemple le retrait d'une sonde urinaire ou une injection intraveineuse. La clinique offre aussi des services à domicile à des prix variant selon le secteur. «Nous avons une bonne réponse du public, ajoute M. Poulin. L'achalandage ne cesse de monter depuis l'ouverture.»
Six infirmières cliniciennes et auxiliaires travaillent pour le moment à la clinique du Campanile, qui se dit «à l'avant-garde» des autres établissements de soins infirmiers». Le jeune directeur dit n'avoir aucun problème à recruter du personnel. Les infirmières sont nombreuses à offrir leurs services, certaines avec «des curriculums impressionnants».
Même si la clinique offre des salaires plus bas que dans le système public et aucun avantage social, en revanche, les heures de travail sont plus flexibles. La fermeture du centre, les fins de semaine, permet une plus grande conciliation travail-famille. «Il y en a beaucoup qui acceptent de gagner un peu moins pour avoir une vie plus stable. T'as beau gagner beaucoup d'argent, si tu ne peux pas en profiter...»