Gaétan Barrette a lancé mardi un nouveau service gratuit qui permettra de prendre un rendez-vous en ligne avec un médecin de famille dès l'automne 2017.

Un doc au bout des doigts

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a lancé mardi un nouvel outil informatique de 4,5 millions $ qui permettra à la population de prendre un rendez-vous en ligne avec un médecin de famille. Le service, gratuit, devrait être accessible partout au Québec dès l'automne 2017.
Conçu par CGI à la suite d'un appel d'offres, Rendez-vous santé Québec (RVSQ) offrira une plateforme de rendez-vous accessible à tous sur ordinateur, tablette et téléphone, a précisé Gaétan Barrette en conférence de presse. D'abord développé pour la prise de rendez-vous avec un médecin de famille, le nouveau service sera éventuellement étendu à d'autres professionnels de la santé, comme les super-infirmières, a promis le ministre de la Santé.
À partir de cette plateforme, un patient pourra prendre rendez-vous avec son médecin de famille ou, si celui-ci n'est pas disponible, avec un autre médecin du même GMF. «Le système permettra de basculer les demandes», a expliqué le ministre Barrette. 
S'il n'y a pas de disponibilités dans le GMF, la demande basculera vers un médecin d'un autre cabinet dans un rayon de x kilomètres du lieu de résidence inscrit. Les cliniques ayant des disponibilités apparaîtront alors à l'écran, a précisé le ministre. Il sera également possible de confirmer, modifier ou annuler un rendez-vous et d'avoir accès à un système de rappels automatisés.
Tous les patients pourront se prévaloir du nouveau système, qu'ils aient ou non un médecin de famille. Et pour ceux qui n'ont pas ce qu'il faut pour l'utiliser, il sera toujours possible de continuer de prendre rendez-vous par téléphone, a mentionné le ministre de la Santé.
«C'est un système gratuit. Il n'y aura jamais de frais chargés aux médecins ni aux patients», a par ailleurs indiqué le Dr Barrette, qui mise sur le «bon sens» des médecins pour qu'ils participent au nouveau système. S'ils résistent, le ministre dit compter sur la population pour qu'elle fasse pression sur eux. «J'ai hâte de voir la résistance s'exercer face à la pression populaire», a glissé le ministre.
Oui, l'adhésion à RVSQ exigera que les systèmes de rendez-vous internes des cliniques soient «interfacés» de façon à les rendre compatibles avec le nouveau logiciel, a-t-il convenu. Mais selon lui, l'outil offrira clairement aux médecins «une facilité en termes d'organisation de leur travail». «La rétroaction est très forte pour les médecins d'embarquer là-dedans», a-t-il insisté. 
Projet-pilote
Le déploiement du nouveau service de rendez-vous se fera de façon progressive. La phase de rodage débutera dans les prochaines semaines avec l'implantation d'un projet-pilote dans une région qui reste encore à déterminer. L'outil sera ensuite déployé à la grandeur de la province d'ici l'automne.
Les 4,5 millions $ investis par Québec incluent tous les frais pour une période de cinq ans, au terme de laquelle le gouvernement sera propriétaire du logiciel. «Après cinq ans, le gouvernement du Québec aura la possibilité de faire ses développements lui-même. [...] C'est une innovation en termes de gestion qui est à souligner», a mentionné le ministre de la Santé.
Un service du genre, Bonjour-santé, existe déjà, mais le ministre a indiqué qu'il faisait actuellement l'objet de vérifications par la RAMQ parce l'entreprise qui l'opère charge des frais de 15 $ aux patients. «La RAMQ est en réflexion sur son intervention par rapport à l'état actuel de la loi», a-t-il dit. La Loi sur l'assurance maladie interdit de rendre l'accès à un service assuré conditionnel à un paiement ou de procurer un accès privilégié moyennant paiement. 
Questionné sur les risques de ratés que pourrait connaître le nouveau système, comme ce fut le cas avec les Centres de répartition des demandes de services (CRDS) mis sur pied l'automne dernier pour favoriser l'accès aux soins spécialisés dans des délais raisonnables, le ministre Barrette a affirmé que «les problèmes qu'ont connus les médecins avec les CRDS ne sont pas dus au système lui-même mais au facteur humain». 
Selon lui, c'est parce que les médecins de famille ne remplissent pas correctement les formulaires que les CRDS ne sont pas optimaux. «Il y a un problème de formation des individus. Comme dans n'importe quel système où il y a des êtres humains, aussi qualifiés soient-ils, il y a une période d'adaptation à vivre», a-t-il dit.