Le copropriétaire du Centre de ressources de cannabis, Régis Gaudet, et une de ses partenaires d'affaires, Valérie Pouliot, disent exploiter leur entreprise en toute légalité. Aucune vente de stupéfiants ne se fait sur place.

Un commerce offrant du cannabis thérapeutique ouvre dans Limoilou

L'offre de service pour obtenir du cannabis thérapeutique se diversifie à Québec. Un tout nouveau commerce de référence et de suivi a ouvert ses portes lundi dans Limoilou.
La légalisation de la marijuana annoncée pour 2017 par le gouvernement Trudeau semble accélérer l'implantation d'entreprises liées au commerce du cannabis thérapeutique. Après La Croix-Verte en octobre et Weeds, Herbes et curiosités en juin - fermée par la police en août -, c'est au tour du Centre de ressources de cannabis (CRC) de Québec à s'installer dans la capitale, sur la 3e Avenue.
L'un des propriétaires, qui a déjà pignon sur rue à Longueuil et à Sherbrooke, jure qu'il exploite son commerce en toute légalité. «Il n'y a aucune vente sur place», lance Régis Gaudet, sur un ton qui se veut convaincant. 
CRC se définit comme un service de référence et de suivi auprès des personnes qui veulent obtenir du cannabis thérapeutique dans le cadre des lois existantes. «Premièrement, nous mettons les gens en contact avec un médecin qui peut leur prescrire du cannabis. Ensuite, nous leur proposons des types de thérapie qui pourraient être idéal pour eux. Nous les dirigeons vers autre chose que fumer le cannabis comme le consommer sous forme d'huile, de muffin, de beurre ou autres produits dérivés», explique M. Gaudet.
Le bassin de médecins désignés provient essentiellement de la Colombie-Britannique, où les professionnels de la santé sont beaucoup plus enclins à prescrire ce «médicament», contrairement à ceux du Québec.
Les patients intéressés doivent fournir, non pas une prescription comme dans la plupart des commerces du genre, mais leur dossier médical. C'est sur cette base qu'un médecin analysera la pertinence de prescrire ou non de la marijuana. «Certaines maladies mentales comme la dépression sévère, la schizophrénie et les maniaco-dépressifs sont refusés d'emblée», prévient M. Gaudet.
Le Centre de ressources de cannabis retire ses revenus des frais annuels d'adhésion, à partir de 420 $, et des ristournes pour chaque client qu'il réfère auprès des entreprises accréditées qui fournissent des produits à base de marijuana.
Produire à la maison
Le promoteur dit aussi inciter les patients à demander un permis pour produire eux-mêmes leur cannabis ou à désigner quelqu'un qui le fera à leur place. «Ce n'est pas tout le monde qui peut faire pousser du bon pot», souligne-t-il.
Selon M. Gaudet, cette façon de faire permet de diversifier l'offre à l'extérieur des cercles des pharmaceutiques qui tentent déjà de prendre d'assaut ce marché potentiel. Mais surtout, faire pousser soi-même sa marijuana assure un prix au gramme abordable pour les personnes à faible revenu.
Du même coup, elle offre une opportunité d'affaires pour son entreprise. «Éventuellement, nous pourrions rassembler sous un même toit plusieurs producteurs», avance celui qui affirme avoir des avis juridiques cautionnant cette façon de faire.
CRC dit compter un millier de membres depuis l'ouverture de sa succursale de Longueuil. Il en a une centaine à Sherbrooke depuis le démarrage en septembre.