Troubles de la vue: votre enfant ne le dira pas [VIDÉO]

Valérie Marcoux
Valérie Marcoux
Le Soleil
«Il y a des parents qui pensent que leur enfant va se plaindre d’un problème visuel, mais ce n’est pas le cas», affirme Steeve Lachance, directeur général de la Fondation des maladies de l’œil. «La seule façon qu’il s’en rend compte, c’est quand une correction est apportée.»

«Il y a très peu d’enfants, avant l’entrée à l’école, qui sont allés voir l’optométriste pour un examen complet en clinique, même si c’est remboursé jusqu’à 17 ans », déplore Steeve Lachance. Le programme de remboursement existe pourtant depuis 50 ans. Devant ce constat, le projet À l’école de la vue a été créé pour aller à la rencontre des élèves dès leur entrée au primaire. 

Les écoles primaires publiques du Québec peuvent s’inscrire en ligne pour recevoir la visite de L’école de la vue. Sept équipes sillonnent la province pour réaliser des dépistages de troubles visuels chez les enfants de 4 et 5 ans. Les écoles intéressées doivent s’inscrire quelques mois avant chaque début d’année scolaire sur le site de L’école de la vue.

Jeudi, c’était au tour des élèves de l’école Sacré-Cœur de Québec de recevoir la visite de L’école de la vue. Le dépistage se fait en deux étapes dans un local de l’école. Premier arrêt : l’autoréfractomètre. «C’est comme un appareil photo pour les yeux», vulgarise David William, coordonnateur régional pour le projet À l’école de la vue. «Ça détecte la myopie, l’hypermétropie, l’astigmatisme. Ça donne des bons points de référence en commençant les tests pour nos vraies optométristes qui sont là », explique-t-il. Avant d’envoyer l’enfant à la station suivante, le coordinateur vérifie également sa capacité à voir en trois dimensions et lui fait passer le test d’Ishihara qui détecte le daltonisme.

Avec ses premiers résultats en main, l’enfant se dirige vers l’une des optométristes installées plus loin dans le même local. «On a plusieurs défis avec des enfants de 4 et 5 ans», constate Andréanne Pelletier, optométriste. «Il faut toujours s’assurer de la validité des réponses et souvent ils ne vont pas connaître leurs lettres non plus», explique-t-elle.

Le projet À l’école de la vue a reçu un financement de 15 millions $ qui leur permet de pratiquer leurs activités sur trois ans. Il en est à sa deuxième année et ses responsables espèrent un renouvellement. Depuis le début du projet en 2018, près de 30 000 élèves ont eu accès à ce service. En moyenne, 4 enfants sur 10 sont référés à une clinique pour un examen oculovisuel complet. «Ça ne remplace absolument pas l’examen en clinique», précise Andréanne Pelletier. «Dès qu’une anomalie est dépistée, il faut vraiment aller évaluer ça de façon plus approfondie en clinique», ajoute-t-elle. 

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ÉVÉNEMENT PERTURBÉ

Des professeurs bloquaient les entrées de l’école Sacré-Cœur afin d’envoyer un message clair au ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge.

Dès 12h30, des professeurs bloquaient les entrées de l’école Sacré-Cœur afin d’envoyer un message clair au ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge. «Il n’est plus le bienvenu dans les écoles du Québec», déclare Daniel Gauthier, président par intérim du Syndicat de l’enseignement de la région de Québec (SERQ). Avec sa nouvelle réforme, «le ministre manque de respect envers les enseignantes et enseignants», ajoute-t-il. Le piquetage n’a pas empêché la tenue de l’évènement de presse pour L’école de la vue, mais aucun ministre ne s’est présenté malgré l’invitation des organisateurs.