«Notre seul intérêt est la sécurité de la population», de répéter la Dre Chantal Simard, présidente du Conseil des médecins.

Traumatologie à Baie-St-Paul: le ministre Bolduc reporte sa décision

Le ministère de la Santé et des Services sociaux reporte à l'automne sa décision de retirer le statut de traumatologie primaire à l'Hôpital de Baie-Saint-Paul. Les médecins, qui s'opposent à la mesure, ont obtenu ce délai.
«On a obtenu une sorte de moratoire déguisé. Les gens du Ministère ont bien compris qu'ils ne pouvaient appliquer cette décision sans la collaboration des médecins. Notre seul intérêt est la sécurité de la population», de répéter la Dre Chantal Simard, présidente du Conseil des médecins, au sortir d'une rencontre avec les représentants gouvernementaux.
Québec souhaitait, dès cet automne, diriger les blessés polytraumatisés directement vers un centre tertiaire de Québec, sans s'arrêter à Baie-Saint-Paul. Les 23 docteurs de cet hôpital craignent que la mesure amène l'augmentation du taux de mortalité et de morbidité. Plusieurs organismes, dont Le Massif et la Ville de Baie-Saint-Paul, s'opposent à cette décision. En 2011, selon des données fournies par le corps médical, ce sont 150 patients qui auraient été transférés directement vers Québec si la mesure avait été appliquée.
«Les gens du Ministère ont été surpris d'entendre que les délais pouvaient atteindre jusqu'à 107 minutes entre le territoire couvert par l'hôpital et Québec. Des zones grises, il y en a plusieurs, comme la formation des ambulanciers, la découverture ambulancière, la distance, l'état de la route l'hiver, les clientèles touristiques l'été, surtout avec Le Massif, etc.», a décrit le Dr Simard.
«L'idéal aurait été un moratoire de quatre ans, le temps d'une étude sur les services d'urgence en région déjà planifiée soit réalisée, mais nous sommes satisfaits dans le sens qu'on nous a enfin entendus», de conclure le Dr Simard.
D'ici l'automne, plusieurs réunions sont à l'agenda, mais les médecins préviennent qu'ils n'accepteront jamais une telle mesure tant et aussi longtemps que des «zones grises» demeureront.