Yvon Caron, 76 ans, expérimentait pour la première fois le nouvel appareil. Entre l’ancienne machine et la nouvelle, c’est le jour et la nuit, a-t-il témoigné à sa sortie de l’examen.

TEP scan: examen trois fois moins long au CHU de Québec [VIDÉO]

Trente-cinq minutes sans bouger dans un cylindre, c’est long longtemps. Bonne nouvelle pour les patients du CHU de Québec : la durée d’un TEP scan (tomographie par émission de positrons) ne dépasse maintenant pas 10 minutes. Et en plus de produire des images plus nettes, le nouvel appareil, unique au Québec, expose moins les patients à la radioactivité.

Yvon Caron, de Saint-Jean-Port-Joli, doit subir des TEP scan aux six mois à l’Hôtel-Dieu de Québec. Mercredi matin, l’homme de 76 ans expérimentait pour la première fois le nouvel appareil. Entre l’ancienne machine et la nouvelle, c’est le jour et la nuit, a-t-il témoigné à sa sortie de l’examen. 

«Avant, avec toute la préparation avant l’examen, ça me prenait trois heures [passer un TEP scan]. Maintenant, en une heure, tout est fait», a résumé le septuagénaire, heureux de ne pas avoir passé plus de 10 minutes dans le cylindre. Parce que «35 minutes sans bouger, c’est long», souligne-t-il.

Les patients claustrophobes et les jeunes enfants y gagnent particulièrement. «Généralement, on doit mettre les enfants sous sédation pour qu’ils restent immobiles. Avec les nouveaux appareils, on n’a pas eu encore à le faire», souligne le Dr François-Alexandre Buteau, médecin en médecine nucléaire au CHU de Québec, qui évalue à moins de neuf minutes la durée moyenne d’un TEP scan avec la nouvelle caméra digitale, contre 35 à 40 minutes avec l’ancienne caméra analogique. 

Autre bénéfice pour le patient : le nouvel appareil nécessite l’injection de la moitié moins de liquide radioactif. Et la machine produit elle-même 33 % moins de radioactivité que l’ancienne, précise le Dr Buteau.

La nouvelle technologie donne en outre des examens de meilleure qualité, avec une résolution beaucoup plus nette. Selon le Dr Buteau, des lésions aussi petites que 3 ou 4 mm peuvent maintenant être détectées, alors que l’ancienne caméra ne détectait pas les lésions de moins de 1 cm. «Ça permet de rediriger immédiatement le patient vers le bon traitement [chirurgie, radiothérapie ou chimiothérapie, par exemple] selon le stade de sa maladie», explique le Dr Buteau.

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6000 patients par année

Au CHU de Québec, ce sont environ 6000 patients qui se soumettent à un TEP scan chaque année. En date de mercredi, 700 personnes attendaient de passer cet examen. «On s’attend à faire plus de TEP scan avec le nouvel appareil, mais on est encore dans une période de formation des technologues, d’adaptation. On ne saura donc pas avant quelques semaines d’usage combien on peut en faire de plus, mais c’est sûr qu’on va en faire plus», indique André Boucher, chef de service en médecine nucléaire.

Si le coût technique (personnel, matière première, etc.) d’un examen TEP scan (2000 $) reste inchangé, le coût «sociétal» diminuera avec le nouvel appareil, prévoit le Dr François-Alexandre Buteau. «Si on a une meilleure efficacité, on a des patients [dont le cancer] n’a pas le temps de progresser, de devenir métastatique», illustre le médecin, ajoutant que le recours à des «chimiothérapies coûteuses» pourrait notamment diminuer. 

Prescrit surtout en oncologie, le TEP scan est aussi utilisé pour les patients atteints de démence, d’épilepsie ou de pathologies inflammatoires, indique le Dr Buteau. «Comme c’est un type d’examen assez jeune dans le domaine médical, beaucoup d’indications restent encore à développer», expose-t-il. 

Selon Christine Goudreault, coordonnatrice à la direction médicale des services hospitaliers du CHU de Québec, l’acquisition du nouvel appareil entraînera une réorganisation du travail chez les technologues. Comme les TEP scan se font plus rapidement, les technologues en médecine nucléaire, en nombre insuffisant au CHU de Québec, pourront être affectés à d’autres types d’examen, prévoit Mme Goudreault. 

Le CHU de Québec est le premier établissement québécois à mettre la main sur ce nouvel appareil, qui se trouve aussi à Calgary et à Saint John's. Un achat groupé auquel ont participé une dizaine d’établissements lui ont permis d’obtenir la machine pour un montant de 3 millions $, soit à peu près ce qu’il avait payé pour l’ancien appareil, qui datait de 2006 et qui était en fin de vie utile. 

Le nouvel appareil est en fonction depuis le 16 septembre. Entre la mi-juin et la mi-septembre, les patients qui devaient passer un TEP scan étaient accueillis dans une roulotte installée dans le stationnement de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, mentionne Christine Goudreault.

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DES IRM SEPT JOURS SUR SEPT, 24 HEURES SUR 24

Le CHU de Québec n’avait pas une, mais deux bonnes nouvelles à nous annoncer mercredi. Outre l’acquisition d’un nouvel appareil TEP scan, l’établissement offre depuis le 22 septembre des examens IRM (imagerie par résonnance magnétique) 24 heures par jour, sept jours sur sept dans tous ses hôpitaux. 

Depuis le projet-pilote mis sur pied en 2011 à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, la pratique de l’IRM de nuit s’est étendue progressivement aux autres hôpitaux du CHU de Québec. 

En 2014, devant les listes d’attente «énormes», l’établissement s’est lancé dans une opération d’optimisation de ses équipements, avec le concours du gouvernement, relate Christine Goudreault, coordonnatrice à la direction médicale des services hospitaliers du CHU de Québec. L’organisation du travail a été revue, les radiologistes ont été mis dans le coup de façon à ce que les six appareils IRM du CHU de Québec puissent être utilisés pendant les heures «défavorables», explique Mme Goudreault. 

Jusqu’à ce résultat : des IRM désormais accessibles 24 heures par jour, sept jours sur sept à l’Hôtel-Dieu de Québec, au CHUL ainsi que dans les hôpitaux Saint-François d’Assise, de l’Enfant-Jésus et du Saint-Sacrement. «En 2014-2015, on a fait 37 000 examens. On prévoit en faire 50 000 cette année», calcule Mme Goudreault. 

Selon elle, les patients se présentent à leur examen davantage la nuit que le jour, où il y a plus de «no show». 

Conscient qu’en rendant les IRM plus accessibles, une plus forte demande pour ces examens pourrait être induite — avec tous les risques de surdiagnostic que cela suppose —, le CHU de Québec prévoit mener un chantier sur la pertinence en imagerie médicale, indique Christine Goudreault. Élisabeth Fleury