Le Dr Horacio Arruda

Taux de vaccination «incroyablement bas»

En dépit des campagnes publicitaires et des risques de complication et de décès, le taux de vaccination contre la grippe des personnes à risque de 65 ans et moins est «incroyablement bas».
«Chez les gens avec des maladies chroniques, le taux de vaccination n'est pas assez élevé. C'est même pas 25 %. C'est vraiment problématique. Ce sont des gens qui font de l'asthme, du diabète, qui ont des problèmes pulmonaires ou cardiaques», a indiqué, mardi, le directeur de la Santé publique, le Dr Horacio Arruda, en marge d'une conférence de presse sur la situation de la grippe au Québec.
Les personnes de moins de 65 ans ayant des problèmes de santé chroniques sont considérées à risque de développer des complications si elles attrapent la grippe. Pour ces gens, la vaccination est gratuite. «Soit que ces gens ne voient pas leur médecin durant cette période, soit que le médecin n'en parle pas, soit qu'ils sont en santé et qu'ils n'ont pas le goût de se faire vacciner. C'est triste», a ajouté le Dr Arruda.
Chez les personnes de 65 ans et plus - qui sont également considérées à risque -, le taux de vaccination n'est pas très élevé non plus. «Quand on parle des gens âgés dans la communauté, le taux de vaccination peut atteindre 45 % à 60 %. Ce n'est pas énorme», a-t-il commenté. Par contre, dans les CHSLD, le taux de vaccination avoisine 90 %.
Selon le Dr Arruda, plusieurs personnes banalisent les complications que peut causer la grippe chez les personnes à risque. «La grippe peut être la cause d'une cascade d'événements qui va amener quelqu'un à être hospitalisé, à se déshydrater, à avoir une pneumonie, à chuter, à avoir une fracture de la hanche, à être opéré, à faire une complication après la chirurgie, à faire une phlébite à son retour à la maison et entrer de nouveau à l'hôpital et même provoquer un décès», a-t-il expliqué.
La présidente du Comité sur les infections nosocomiales (acquises à l'hôpital), la Dre Lise-Andrée Galarneau, déplore également les faibles taux de vaccination au Québec. «Le taux de vaccination des personnes avec des problèmes de santé chroniques est incroyablement bas. C'est autour de 25 %. Si on s'améliorait à ce niveau, il y aurait moins de gens dans les urgences et moins d'impact sur le reste», a-t-elle commenté, au cours d'une récente entrevue.
Le reste dont il est question est principalement les infections par le C. difficile, qui peuvent entraîner le décès. «Le C. difficile suit nos périodes grippales. Il y a un lien direct. L'an passé, on l'a vécu très difficilement. Les hôpitaux étaient très bondés. C'était plus que dans les années passées», a souligné la Dre Galarneau.
Faudrait-il faciliter davantage l'accès à la vaccination pour les personnes à risque qui travaillent? Faudrait-il revoir les horaires de vaccination? À ces questions, le Dr Arruda a répondu que l'organisation des services relevait des CLSC et des CSSS. «Il n'y a pas un seul modèle d'organisation. On a passé un message très clair : quand quelqu'un est considéré à risque dans le programme public, on leur a demandé de s'organiser pour les vacciner, que ce soit dans des cliniques dans les centres d'achat ou des plages horaires dans les CLSC», a-t-il dit.
Par ailleurs, le Dr Arruda s'est fait rassurant quant à la présence prédominante du virus H1N1 durant la présente saison grippale. «La saison de la grippe cette année est habituelle. C'est une saison régulière», a-t-il affirmé.
«Nous ne sommes pas en pandémie comme en 2009 avec le virus H1N1. À ce moment, ce virus était tout à fait nouveau et les gens n'étaient pas immunisés. Depuis ce temps, il est devenu un virus commun», a-t-il expliqué. Ce virus est d'ailleurs inclus dans le vaccin contre la grippe depuis 2009.