Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s'est entendu avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec sur la prise en charge des patients par les médecins d'urgence.

Tâches des médecins d'urgence: Barrette fait volte-face

Le message des médecins d'urgence a finalement été entendu, du moins en partie, par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Les nouveaux médecins de famille qui ont obtenu leur certificat de compétence additionnelle en médecine d'urgence n'auront finalement pas à faire de la prise en charge de patients pour avoir le droit de travailler à l'hôpital.
La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) a confirmé jeudi s'être entendue à cet effet avec le ministère de la Santé. Les 33 médecins de famille qui ont gradué cette année en médecine d'urgence ne seront plus soumis à l'obligation de prendre en charge 250 patients. 
En contrepartie de ce «droit» de pratiquer à temps complet à l'urgence, les MU3, comme on les désigne dans le milieu, devront consacrer quelques heures par semaine, selon leur horaire, dans une superclinique. Comment cette mesure sera-t-elle déployée techniquement? Mystère. Plusieurs ficelles restent encore à attacher, a-t-on indiqué jeudi à la FMOQ. Une réunion du Comité de gestion des effectifs médicaux en omnipratique aura lieu la semaine prochaine à ce sujet.
Au cours des derniers mois, des pressions ont été exercées sur le Ministère pour le convaincre de dispenser les médecins d'urgence de faire de la prise en charge de patients. La loi 20 a sorti les médecins de famille des hôpitaux, provoquant des découvertures médicales et des ruptures de services dans plusieurs urgences du Québec, ont notamment dénoncé l'Association des médecins d'urgence du Québec (AMUQ) et le Regroupement des médecins omnipraticiens pour une médecine engagée (ROME).
D'après un sondage réalisé à l'automne par la FMOQ et dont Le Soleil a rapporté les grandes lignes jeudi, il manquerait actuellement une centaine de médecins dans les urgences de la province. Près de 70 % des chefs des services d'urgence qui ont répondu à l'enquête ont dit avoir un déficit en effectifs estimé à deux équivalents temps plein. Une pénurie qui a un impact direct sur les temps d'attente et qui met les patients à risque, s'inquiétait dans nos pages le président de l'AMUQ, le Dr Bernard Mathieu.
Les urgentologues se réjouissent
Si les médecins d'urgence se réjouissent de la volte-face du ministre Barrette, d'aucuns estiment que l'entente conclue ne suffira pas à régler le problème de sous-effectifs dans les urgences. «On est bien content qu'il reconnaisse l'expertise en médecine d'urgence. Mais il faut savoir que la majorité des quarts de travail dans les urgences sont faits par des médecins de famille qui ne sont pas des MU3», rappelle le Dr Simon-Pierre Landry, co-porte-parole du ROME. Le Dr Landry souhaite que les médecins de famille sans formation en médecine d'urgence soient aussi exemptés de faire de la prise en charge de patients lorsqu'ils pratiquent à l'urgence à temps complet, notamment dans les régions.
Un avis que partage la FMOQ. «Il faut se donner la capacité d'être flexible. Si à Dolbeau, par exemple, il n'y a pas de besoins en prise en charge et que les besoins sont à l'urgence, il faut être capable de faire preuve d'ouverture» en exemptant les médecins de famille sans formation en médecine d'urgence de suivre des patients, dit le porte-parole de la FMOQ, Jean-Pierre Dion.