Super-infirmières à la rescousse à la clinique Saint-Vallier

Menacée de fermeture, faute de relève médicale, la Clinique Saint-Vallier survivra grâce à une collaboration accrue des infirmières praticiennes spécialisées (IPS). La capacité de prise en charge de patients sera même augmentée sans l'ajout de nouveaux médecins, a-t-on annoncé jeudi en conférence de presse.
À l'heure actuelle, trois médecins à temps plein et trois autres à temps partiel pratiquent au GMF de la Clinique médicale Saint-Vallier, dans le quartier Saint-Sauveur. Cinq d'entre eux ont atteint les 65 ans. Comme la relève ne se bousculait pas au portillon de la clinique de la rue Montmagny et qu'ils voulaient «laisser un héritage» avant de partir à la retraite, le Dr Ghislain Dubé et son équipe ont présenté au ministre Gaétan Barrette le projet Archimède, qui mise sur l'interdisciplinarité et la réorganisation des ressources du GMF. 
Le projet-pilote a reçu l'aval du ministre de la Santé. Il bénéficiera d'un investissement de 3,5 millions $ sur cinq ans et permettra à terme d'atteindre 12 000 inscriptions, soit 4000 de plus qu'à l'heure actuelle. «On vise à atteindre un ratio de 3000 patients par médecin. Seul, un médecin ne peut pas faire ça. Mais avec une équipe, un environnement interdisciplinaire, ça se fait», a exposé le ministre Barrette. 
Actuellement, il n'y a qu'une seule IPS à la Clinique médicale Saint-Vallier. Ce nombre passera à trois dans les prochaines semaines, puis à cinq d'ici 2021. Selon le ministre Barrette, cette collaboration accrue des super-infirmières s'inscrit dans la continuité de la récente annonce de son gouvernement, qui a promis de former et de faire travailler 2000 IPS dans le réseau québécois d'ici 2024-2025. 
Trois infirmières cliniciennes, une infirmière auxiliaire et de trois à quatre autres professionnels seront aussi ajoutés pour assurer certains suivis, a-t-on précisé jeudi. 
Répondre adéquatement aux besoins
L'idée, c'est de répondre aux besoins des patients «au bon moment et avec le bon service», a résumé l'IPS Christine Laliberté, selon qui entre 85 % et 90 % des consultations faites à la Clinique médicale Saint-Vallier ne nécessitent pas la présence d'un médecin, bien qu'il y en ait toujours un de garde. 
La clinique n'offre pas de service sans rendez-vous proprement dit, mais elle prend toujours les appels des patients, qui sont alors dirigés vers la bonne ressource, a précisé Mme Laliberté. 
Une analyse de la qualité des soins, de l'organisation du travail et des coûts sera effectuée au terme du projet-pilote. Convaincu que le projet «va fonctionner» et qu'il sera «économiquement intéressant», le ministre Barrette dit avoir bon espoir de convaincre les autres GMF d'emboîter le pas. 
«Je ne peux pas imposer des modèles de pratique aux cabinets de médecins. Mon enjeu, c'est de faire la démonstration» que les GMF ont tout à gagner à travailler en interdisciplinarité, a-t-il expliqué, tout en réitérant son opposition à la création de «réseaux parallèles» (comme les cliniques de super-infirmières). 
Le ministre de la Santé s'est par ailleurs dit convaincu que l'approche novatrice de la Clinique médicale Saint-Vallier attirera la relève «parce que les jeunes médecins sont formés à travailler dans un environnement interdisciplinaire».