Selon la présidente-directrice générale par intérim du CHU, Lucie Grenier, et le président-directeur général du CIUSS de la Capitale-Nationale, Michel Delamarre, il manque d’effectifs pour rouvrir le service de soins palliatifs de L’Hôtel-Dieu de Québec, malgré l’arrivée de trois nouveaux médecins en septembre.

Soins palliatifs: pas de réouverture à court terme de la clinique externe [VIDÉO]

La direction du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHU) ne prévoit pas à court terme de réouverture partielle de la clinique externe de soins palliatifs oncologiques de L’Hôtel-Dieu de Québec, mais l’arrivée de nouveaux médecins prévue en 2019 lui permet d’espérer.

«Nous convenons que la situation n’est pas optimale. Elle est loin de nous réjouir», a déclaré la présidente-directrice générale par intérim du CHU, Lucie Grenier, vendredi.

Malgré l’arrivée de trois nouveaux médecins depuis septembre, les ressources demeurent insuffisantes «à court terme pour nous permettre de rouvrir cette clinique-là». «Il faudrait qu’on ait soit beaucoup de médecins avec une pratique partielle ou des médecins avec des pratiques à temps complet», a expliqué la pdg.

Le Plan régional d’effectifs médicaux pour 2019, qui entrera en vigueur le 1er décembre, prévoit l’arrivée de 35 médecins pour la région, dont 10 places pour de nouveaux facturants. «On espère que la situation actuelle et le recrutement qui s’en vient devraient nous permettre d’attirer des médecins en soins palliatifs», a expliqué Michel Delamarre, pdg du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale. Selon lui, «il y a des médecins de famille dans la région qui pourraient considérer une pratique en soins palliatifs à ce moment-ci».

Pour qu’il y ait une réouverture complète de la clinique externe «sans mettre de pression indue sur nos médecins», il doit y avoir l’équivalent de sept médecins à temps complet. Actuellement, il y en a moins de deux.

Pour l’heure, peu de médecins «se consacrent nécessairement à temps complet en soins palliatifs», note Mme Grenier. La plupart d’entre eux font aussi une pratique en première ligne. 

Toutefois, l’arrivée de nouveaux médecins permettrait d’accroître l’activité et de pouvoir être capable de reprendre des patients en charge.

Il y a de nombreux besoins dans d’autres secteurs d’activité, a affirmé Michel Delamarre, assurant du même souffle que les besoins en soins palliatifs étaient reconnus par le Département régional de médecine générale. Il n’a toutefois pas précisé si la réouverture même partielle des installations était une priorité.

«Il y a des priorités de recrutement qui sont disponibles pour le CHU actuellement et les AMP [activités médicales particulières] couvrent l’hospitalisation en soins palliatifs, donc il y a quand même actuellement des leviers qui sont donnés pour être capables de consolider les équipes en soins palliatifs», a-t-il dit.

Services externes interrompus

La clinique a dû suspendre ses services externes temporairement au début du mois en raison d’un manque d’effectifs. Cette décision a été prise pour maintenir les services offerts aux patients hospitalisés.

Des mesures de compensation ont toutefois été mises en place pour couvrir les patients en clinique externe, comme des suivis téléphoniques, ainsi que l’accès à des infirmières et des pharmaciens.

D’après le CHU, 78 des 92 patients de la clinique externe sont suivis par un médecin spécialiste, dont 51 sont en traitement actif. Le CIUSSS-CN a aidé quatre personnes qui n’étaient pas prises en charge par un médecin de famille ou spécialisé à s’en trouver un. Une autre personne est toujours en attente, mais Michel Delamarre assure que le dossier devrait se régler en début de semaine prochaine.

Dès le lendemain de la fermeture, les patients ont été appelés par l’infirmière pivot et ont été assurés de «l’entière disponibilité» des infirmières. «On essaie de les rassurer et de les assurer qu’on les prend bien en charge avec nos équipes interdisciplinaires», a ajouté Mme Grenier.