Contrairement à ce que le cabinet du ministre Barrette a laissé entendre, il n'y aurait eu aucune discussion ou négociation entre le gouvernement et la Corporation des services d'ambulance du Québec selon son dg Denis Perrault.

Services ambulanciers: les négociations au point mort

Les entreprises ambulancières déplorent la lenteur du gouvernement à entreprendre les négociations concernant le renouvellement de leur contrat de service.
La Corporation des services d'ambulance du Québec, qui représente la grande majorité des entreprises ambulancières privées, attend depuis le début de l'année la convocation d'une rencontre de négociation. «Depuis que le ministère de la Santé et des Services sociaux a dénoncé le contrat de service en décembre dernier, on n'a eu aucune nouvelle, aucune discussion, aucune négociation contrairement à ce que le cabinet du ministre Barrette a laissé entendre», a affirmé, vendredi, au Soleil, le directeur général de la Corporation, Denis Perrault.
Au début de mars, dans un message adressé au sous-ministre Michel Fontaine, il s'est dit prêt à soumettre une proposition pour renouveler le contrat de service et à se concentrer par la suite sur une nouvelle gouvernance du service préhospitalier d'urgence.
«On ne cherche pas à se faufiler et ne pas faire une discussion. On est prêt à la faire. La preuve, on relance alors que c'est le gouvernement qui a dénoncé l'entente», a dit M. Perrault au cours d'un entretien téléphonique.
De plus, il a laissé entendre que les entreprises ambulancières sont ouvertes à des économies. «On n'est pas fermé. Le ton de nos lettres adressées au ministère est ouvert. On comprend le contexte des finances publiques. Encore faut-il que quelqu'un nous appelle», a-t-il souligné.
La Corporation veut également profiter des pourparlers avec le gouvernement pour dissiper l'impression que les entreprises ambulancières génèrent des profits importants à même les fonds publics.
Le rapport du comité national sur les services préhospitaliers d'urgence qui a été remis en juin 2014 a avancé que le gouvernement est en droit de s'attendre «à une grande transparence des entreprises ambulancières par le dépôt d'information et d'états financiers vérifiés, le respect d'indicateurs de performance, avec bonification si les attentes sont dépassées ou pénalité si elles ne le sont pas et à une pleine connaissance des profits réalisés.»
L'absence de négociations entre les entreprises ambulancières et le gouvernement survient dans une période de changement majeur dans le réseau de la santé avec la fusion de nombreux établissements en lien avec la réforme Barrette. De plus, le ministre de la Santé pilote le projet de loi 20 en vue d'imposer des quotas de patients aux médecins de famille. Il est aussi question d'un autre projet de loi pour modifier le financement des hôpitaux et qui risque de susciter de nouvelles contestations.