Selon le président de la Confédération des syndicats nationaux, Jacques Létourneau, la nouvelle formule de représentation syndicale sera un véritable casse-tête.

Santé et services sociaux: un scrutin postal pour choisir son syndicat

Un vote que divers syndicats qualifient d'«historique» en raison de son ampleur est sur le point de s'amorcer dans le réseau québécois de la santé et des services sociaux.
À compter de lundi et jusqu'au 24 février, pas moins de 200 000 employés y évoluant vont être invités à participer à un scrutin postal pour choisir l'organisation qui se chargera de les représenter et bien sûr de négocier leurs futures conditions de travail.
Ce vaste vote est directement lié à la mise sur pied des centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) et des centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS).
Avec la création de ces énormes structures, le nombre d'établissements dans le réseau avait glissé de 182 à 34 en 2015 et désormais, les travailleurs d'un CISSS ou d'un CIUSSS appartenant à la même catégorie d'emplois devront tous être représentés par une seule organisation.
«Casse-tête»
Selon le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, cette nouvelle formule représentera un véritable casse-tête.
«Par exemple, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les travailleuses et travailleurs dans une catégorie d'emplois vont être couverts par une entente qui va aller de Dolbeau-Mistassini jusqu'à La Baie. Si on parle de Chaudière-Appalaches, ce sera de Thetford Mines jusqu'à Montmagny [...]. Pendant longtemps, on gérait les conventions collectives à l'échelle d'un hôpital ou d'un centre d'accueil. Maintenant, ça va être sur l'ensemble du territoire» d'un CISSS ou d'un CIUSSS, a-t-il résumé.
Dans un pareil contexte, les négociations à venir promettent de poser de grands défis.
«On devra déterminer comment on va gérer les listes de rappel et ce sera quoi la délimitation du territoire à l'intérieur duquel des employés pourront être invités à se déplacer "pour travailler". On ne va pas demander à une infirmière de partir de Dolbeau pour aller à La Baie ou de Thetford pour se rendre à Montmagny», a-t-il illustré.
M. Létourneau a conclu en reconnaissant que «ce ne sera pas simple» de mener des pourparlers vu «les monstres administratifs» que l'actuel gouvernement provincial a engendrés.