L’accès aux soins de santé pour les personnes les plus vulnérables du quartier, souvent sans voiture et se déplaçant à pied, a été «considérablement réduit» depuis la fermeture de ce sans rendez-vous à la clientèle orpheline, selon le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste.

Sans rendez-vous au CLSC Haute-Ville: l’intervention de McCann réclamée

Le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste réclame l’intervention de la ministre de la Santé, Danielle McCann, pour forcer la réouverture du sans-rendez-vous du CLSC Haute-Ville aux patients sans médecin de famille.

Une délégation du Comité s’est rendue mardi soir à l’assemblée du conseil d’administration du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale, où elle dit avoir appris que l’établissement «ne prévoit pas rouvrir le sans rendez-vous du CLSC» du chemin Sainte-Foy aux patients orphelins, fermé depuis mars 2017. 

En novembre dernier, la ministre McCann avait réitéré sa volonté de rouvrir les sans rendez-vous des cliniques et des CLSC qui ont été forcés de fermer leurs portes à la clientèle orpheline pendant le règne de son prédécesseur. Questionné par Le Soleil sur ses intentions, le CIUSSS de la Capitale-Nationale avait indiqué qu’il était «prématuré de se positionner sur la réouverture possible» du sans rendez-vous du CLSC Haute-Ville à la clientèle non inscrite.

Pour le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, «si la nouvelle ministre de la Santé a réellement comme priorité de désengorger les urgences en améliorant les soins de première ligne, le CLSC Haute-Ville doit absolument faire partie du projet de réinvestissement dans les soins de santé». 

Le Comité rappelle dans un communiqué que l’accès aux soins de santé pour les personnes les plus vulnérables du quartier, souvent sans voiture et se déplaçant à pied, a été «considérablement réduit» depuis la fermeture de ce sans rendez-vous à la clientèle orpheline.

Décision des médecins

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on explique que la décision de rouvrir ou non le sans rendez-vous aux patients non-inscrits revient à l’unité de médecine familiale du CLSC, à la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec et au ministère de la Santé. 

Pour rappel, la fermeture du sans rendez-vous du CLSC Haute-Ville à la clientèle orpheline avait été motivée par les exigences de la loi 20, qui oblige les médecins à prendre plus de patients et à être plus assidus auprès d’eux. Le gouvernement Couillard avait fixé une cible d’assiduité de 80 % et prévu des pénalités pour les médecins n’atteignant pas cet objectif.  

La semaine dernière, Le Soleil rapportait que le ministère de la Santé ne prévoyait pas appliquer de sanctions aux médecins qui seraient en dessous de la cible. «Il n’y a pas de pénalités qui seront appliquées. Ce n’est pas dans notre radar d’appliquer des sanctions ou des pénalités», disait une porte-parole de la ministre McCann, Monique Guay, tout en soulignant que le taux d’assiduité demeurait néanmoins «un bon indicateur». 

Au bout du fil, mercredi, l’attaché de presse de Danielle McCann, Alexandre Lahaie, a assuré que la ministre de la Santé avait toujours la volonté d’augmenter le nombre de sans rendez-vous pour la clientèle orpheline de Québec. «On entend la demande des citoyens, et le nombre de patients orphelins à Québec justifie la réouverture de sans-rendez-vous pour cette clientèle», a dit M. Lahaie, ajoutant que la ministre de la Santé n’avait toutefois «pas le pouvoir de forcer les médecins à offrir du sans rendez-vous».

«Mais on est prêt à les appuyer en fournissant les infirmières qu’il faut pour faire fonctionner ces sans rendez-vous», a-t-il précisé.