Le porte-parole du Parti québécois aux finances, Nicolas Marceau

Salaire des médecins: le PQ doute des intentions de Québec

Le Parti québécois craint que le gouvernement «coupe encore dans les services aux patients» s'il n'arrive pas à s'entendre avec les médecins sur leur rémunération.
Durant la période de questions de l'Assemblée nationale, mercredi matin, le député Nicolas Marceau a souligné que le gouvernement prévoit dans son dernier budget une hausse du salaire des médecins de 6 %, soit 419 millions $, «mais cela suppose qu'une entente soit conclue, sans quoi c'est 888 millions $ qui seront versés aux médecins, soit 12 % de hausse». 
«Tout le cadre financier du gouvernement repose là-dessus. Mais qu'est-ce que le gouvernement va faire s'il n'y a pas d'entente? Est-ce que le gouvernement va encore couper dans les soins aux patients ou s'il envisage d'imposer une loi spéciale aux médecins, comme il l'a fait pour les juristes de l'État?» a demandé le porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances.
Dans son budget présenté mardi, le gouvernement a confirmé son intention de renégocier les modalités de versement convenues dans la dernière entente, signée en 2014. Selon lui, les ententes successives avec les fédérations médicales ont permis d'éliminer l'écart de rémunération entre les médecins québécois et ceux du reste du Canada. 
Le ministre des Finances, Carlos Leitao, n'a pas répondu à la question de son vis-à-vis, se contentant de le corriger quant à sa déclaration voulant qu'il y ait eu réduction des dépenses en santé. 
«Ententes signées»
M. Leitao a du reste affirmé que «des ententes signées sont des ententes signées» et que le gouvernement devait agir «à l'intérieur de ces ententes-là». «Ce que nous allons faire, c'est renégocier ces ententes-là [...], mais nous ne le ferons pas ici, en public», a-t-il dit. 
Le ministre des Finances a plus tard ajouté que «c'est dans l'intérêt de tout le monde que ces négociations aboutissent à une entente qui soit bonne pour toutes les parties». 
«Quand on parle de 500 millions $, la transparence est de mise», a rétorqué le député Marceau, tout en rappelant que la volonté affichée par le gouvernement Couillard envers les médecins dans le passé était «très faible». 
Du côté des médecins de famille, on reproche au gouvernement Couillard de renier sa signature, apposée sur des ententes «dûment convenues de bonne foi». 
Selon la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), un important écart de rémunération subsiste entre les médecins québécois et leurs collègues ontariens. Données de l'Institut canadien de l'information à l'appui, la FMOQ précise dans un communiqué que la rémunération des médecins ontariens est supérieure de 27 % à celle des médecins québécois. 
La Fédération souligne également que la rémunération moyenne des médecins de famille a augmenté de 1,9 % en 2015 et de 2,7 % en 2016 (0 % en 2014), «ce qui est loin d'être scandaleux».
Les aînés des CHSLD oubliés dans le budget, dit la CAQ
La Coalition avenir Québec estime que les aînés des CHSLD ont été oubliés dans le budget, eux qui n'auront «pas plus de bains ni davantage d'argent pour de meilleurs repas».
Le député de Lévis, François Paradis, est revenu à la charge mercredi avec la recommandation de l'Ordre des diététistes, qui calcule qu'avec l'augmentation constante des aliments, le budget moyen des repas en CHSLD devrait être de 3,05 $. Il n'est actuellement que de 2,14 $, a rappelé le porte-parole caquiste en matière de santé pendant la période de questions du matin.
Pour le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, il est «tout à fait possible» d'offrir des repas de qualité et variés avec un budget de 2,14 $ par assiette.
Quant à la rareté des bains dans les CHSLD, le ministre Barrette a fait valoir que le discours des usagers qu'il rencontre n'est pas celui qu'évoque le député de Lévis. 
«Il y a beaucoup de gens, dans notre réseau, des familles, des résidents, qui sont offusqués de la surenchère qu'on entend ici», a dit le ministre.