Repousser la vaccination des enfants? Non, selon des pédiatres, acceptable, selon Québec 

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
Alors que des pédiatres demandent aux parents de maintenir à jour le carnet de vaccination de leurs enfants malgré la pandémie actuelle de COVID-19, le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) considère qu’il est acceptable de reporter l’ensemble des visites de vaccination. Des établissements ont d'ailleurs pris la décision de suspendre ces visites, en tout ou en partie, a appris Le Soleil.

Dans un article publié mercredi, la Presse canadienne rapporte que des pédiatres recommandent aux parents de respecter le calendrier de vaccination de leurs enfants, craignant qu’une inoculation moins rigoureuse soit à la source d’une immunité collective moins efficace pour plusieurs autres maladies que la COVID-19.

Selon le Dr Shaun Morris, spécialiste en maladies infectieuses à l’Hôpital pour enfants malades de Toronto, plusieurs enfants ont pris du retard dans leur calendrier d’inoculation, soit en raison de la crainte suscitée par le coronavirus qui incite les parents à moins fréquenter les cliniques et les hôpitaux, soit parce que plusieurs cliniques familiales ont réduit leurs heures d’ouverture ou même fermé leurs lieux physiques. Le Dr Morris rappelle également que les vaccinations collectives dans certaines écoles ont aussi été annulées.

Dans un avis publié fin mars, le CIQ écrit que si les ressources en personnel de la santé sont disponibles et que des mesures de distanciation physique peuvent être appliquées pour la clientèle, «la vaccination des jeunes enfants pourrait être maintenue». 

«Les visites de vaccination prévues à 2, 4 et 12 mois, de même que les vaccinations lors d’une hospitalisation ou d’un suivi en ambulatoire qui n’implique pas de visites additionnelles dans un établissement de soins seraient à prioriser», ajoute le CIQ.

Le comité considère toutefois «acceptable» dans le contexte de la pandémie, «de reporter l’ensemble des visites de vaccination, jusqu’à ce que la situation épidémiologique ou le contexte organisationnel le permette». «Les personnes qui seront touchées par ces mesures devront être vaccinées le plus rapidement possible lorsque la situation permettra d’administrer les doses de vaccins manquantes, en particulier les jeunes enfants», écrit-il.

Certains suspendent leur programme de vaccination

Deux établissements contactés par Le Soleil ont confirmé avoir suspendu leur programme de vaccination, en tout ou en partie. C’est le cas du CISSS de Laval, qui a indiqué que «dans un contexte où les ressources en personnel de la santé sont mobilisées dans les CHSLD, la vaccination a été délestée». 

«Ainsi, en conformité des directives, le CISSS de Laval a suspendu le programme de vaccination le 14 avril pour les 18 mois et le 17 avril pour les 2, 4 et 12 mois. L’équipe du CISSS de Laval planche déjà sur un plan pour redémarrer ce service. Pour ce faire, une mobilisation de bénévoles ou d’employés retraités sera nécessaire pour la réouverture des cliniques de vaccination», précise une porte-parole de l’établissement, Judith Goudreau.

Le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, lui, a conservé la vaccination pour les bébés de moins de 12 mois et les urgences (à la suite d’une blessure, pour le tetanos, par exemple), mais a reporté les autres vaccins. «La date de reprise complète de nos activités n’est pas encore déterminée», indique la porte-parole Émilie Jacob.