Remise en forme: motivé pour changer

Tourtière, ragoût de boulettes et bûche de Noël ingérés en trop grande quantité poussent plusieurs personnes à prendre la résolution, en début d'année, de s'abonner au gym pour perdre du poids. Une décision qu'il faut maintenir malgré tous les démons qui intensifient notre désir de rester devant notre téléviseur. Le Soleil s'est penché sur ce phénomène récurrent.
«C'est par amour pour moi», témoigne Jacinthe Plamondon, qui s'est choisie en prenant la résolution de commencer un entraînement. Comme plusieurs le feront au cours des prochains jours, elle s'est abonnée au gym en souhaitant tenir la promesse qu'elle s'est faite, avec la nouvelle année, de se mettre en forme.
«J'ai pris soin de tout le monde pendant des années et cette année, j'ai décidé de prendre soin de moi. Ce n'est pas les autres qui vont le faire à ma place», dit la femme de 50 ans ayant opté pour un entraînement en salle épaulée par un entraîneur au Club Avantage. «J'ai de bonnes intentions et j'espère tenir ma résolution.» Cette prise en charge d'elle-même est globale, car en plus de s'entraîner, Jacinthe Plamondon entend adopter de saines habitudes de vie alimentaire. «Ça me travaillait de vouloir mieux manger et d'éliminer des mauvaises choses.»
Prendre sa santé en main et perdre du poids sont les raisons premières d'une inscription à une salle d'entraînement. «La plupart des hommes qui sont motivés à s'entraîner se réveillent un matin, à 40 ans, ils ont pris 40 livres et se disent que ça n'a plus de sens», relate Valérie Gravel, directrice des ventes chez Planète Fitness Gym, qui fait une bonne partie de son chiffre d'affaires en janvier avec les résolutions de la nouvelle année.
«La plupart des femmes qui commencent à s'entraîner en janvier le font en prévision de l'été pour le maillot.» Le désir de perdre du poids se fait ressentir durant la période des Fêtes. «Les gens prennent des résolutions de changement en début d'année», ajoute Dominique Turgeon, directrice du développement des affaires au Club Avantage. «Ce que l'on entend le plus fréquemment est bien sûr: "Je veux perdre du poids."
Après un automne achalandé, la ruée des inscriptions du Nouvel An se fera sentir cette semaine au Club Entrain. «Auparavant, en janvier, les bonnes résolutions duraient une semaine. La deuxième semaine, les gens venaient une fois et la troisième semaine, c'était terminé», raconte la coordonnatrice du service à la clientèle, Nathalie Bédard. «Maintenant, les gens sont plus consciencieux. S'ils s'inscrivent, ils paient pour s'entraîner et pas seulement pour des résolutions.»
Perdre et retrouver la forme
Reprendre l'entraînement n'est pas aussi facile qu'on ne le croit. Pour Luc Samana, 44 ans, adepte de course à pied, chausser à nouveau ses espadrilles après les avoir laissées traîner des mois dans la garde-robe en raison de blessures représente un défi de taille.
«C'est très démoralisant. J'ai pris du poids, c'est difficile. Ce n'est pas vrai que tu recommences au même point où tu étais, parce que tu t'es déjà beaucoup entraîné, Ça se gagne bien avec beaucoup d'efforts, mais ça se perd extrêmement rapidement.» Ce consultant en développement stratégique mise sur de plus courtes sorties, accompagné d'un groupe de course, pour retrouver la forme. «Avant je pouvais me motiver seul, mais là, j'ai besoin de gens pour y aller. Des journées où il fait - 20 °C à l'extérieur, ça prend beaucoup de courage pour se dire: "Go! J'y vais!"» Luc Samana entend courir à nouveau des marathons au terme de sa remise en forme.
S'entraîner sans abandonner et conserver sa motivation jusqu'à l'atteinte des objectifs est beaucoup plus difficile à réaliser qu'une série de 20 pompes. «Quatre-vingt-huit pour cent des gens qui prennent des résolutions le font davantage par désir que par une démarche particulière pour atteindre un but», soutient Paul Boisvert, docteur en physiologie de l'exercice et kinésiologue (www.coachpoidssante.ca). «Avant la motivation, la résolution doit être formulée pour qu'elle porte à l'action. Elle doit être spécifique. Se remettre en forme, c'est trop vague. La motivation, c'est un moteur pour s'engager. Mais la clé, c'est l'engagement, la prise de décision qui va nous mener à l'action.»
Lorsque cette décision est prise chez la personne, le travail du kinésiologue est plus facile. «Il n'y a rien de pire que quelqu'un qui n'est pas motivé.» Une résolution doit toutefois s'accompagner d'un but réaliste.
«Souvent, les gens qui s'entraînent ont un objectif de résultat, par exemple courir un marathon», enchaîne Richard Chouinard, entraîneur du club de course à pied de l'Université Laval, et responsable de la formation pratique au département de kinésiologie. «Ils omettent de se fixer des objectifs à court terme et même au quotidien permettant de construire leur forme et réaliser leur objectif de performance. Les gens se fixent des buts en fonction du coureur qu'ils aimeraient être et non celui qu'ils sont.»
Au lieu de vouloir courir vite à la Usain Bolt ou de fendre l'eau comme Michael Phelps, l'important, souligne Paul Boisvert, c'est de continuer de faire du sport six mois après avoir pris une bonne résolution au jour de l'An.
>> Motivation homme contre femme
Les hommes et les femmes ont des approches différentes dans l'atteinte des objectifs de leur programme d'exercice. «Les hommes sont prêts à souffrir davantage, d'où l'importance, pour les femmes, de choisir d'être accompagnées par un entraîneur», remarque Dominique Turgeon, directrice du développement des affaires au Club Avantage.
«Les hommes sont plus pragmatiques, et les femmes sont plus émotionnelles», constate pour sa part le docteur en physiologie de l'exercice et kinésiologue Paul Boisvert. «Lequel des deux aura plus de succès, je ne saurais répondre à la question. Mais l'approche est différente pour convaincre un homme par rapport à une femme. Les gars, tu leur donnes la formule, et ils partent avec ça. Les femmes, tu dois davantage travailler la motivation, les émotions et les tentations.»
Richard Chouinard, entraîneur du club de course à pied de l'Université Laval, observe une volonté différente chez les femmes qu'il supervise. «Elles sont assez engagées dans ce qu'elles décident de faire. Au club, j'entraîne autant d'hommes que de femmes, et ces dernières réussissent mieux que leurs collègues, par exemple au départ d'une course de longue distance.» 
>> 10 trucs pour réussir
1. Avoir un plan d'entraînement.
2. Déterminer des objectifs réalistes et réalisables.
3. Trouver le sport ou la méthode d'entraînement qui nous convient.
4. Diversifier ses méthodes d'entraînement.
5. Tenir un journal de ses entraînements et de son alimentation.
6. Faire appel à un entraîneur ou un kinésiologue qui vous aidera dans l'atteinte de vos objectifs.
7. Ne pas se comparer aux autres.
8. Parler de son programme d'entraînement et de ses objectifs à ses proches, question de maintenir un niveau de motivation élevé.
9. Se peser au réveil deux fois par semaine seulement, soit le lundi pour vérifier où vous en êtes pour votre perte de poids et le vendredi afin de calculer le nombre de gâteries que vous pouvez vous offrir durant la fin de semaine.
10. Consulter un nutritionniste afin de changer vos mauvaises habitudes alimentaires.
Sources: Paul Boisvert, docteur en physiologie de l'exercice et kinésiologue www.coachpoinssante.com et Richard Chouinard, entraîneur du club de course à pied de l'Université Laval et responsable de la formation pratique au département de kinésiologie