La ministre de la Santé Danielle McCann était à Trois-Rivières mardi

Réforme OPTILAB: la CAQ change son discours

Si la CAQ s’opposait clairement et fermement à la réforme OPTILAB quand elle était dans l’opposition, son discours est aujourd’hui beaucoup plus nuancé: il y a des régions ou la centralisation des laboratoires «fait du sens», et d’autres où la réflexion doit se poursuivre, affirme-t-on au cabinet de la ministre de la Santé, Danielle McCann.

On apprenait mardi par l’entremise de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) que le ministère de la Santé avait pris la décision d’investir dans la construction de deux nouveaux laboratoires à Brossard et à Boisbriand. 

Dans un communiqué, la présidente de l’APTS, Carolle Dubé, déplore que ces deux nouveaux investissements «dans le béton» se fassent «au détriment d’une saine gestion axée sur l’efficience et sur le capital humain». «On peine à solutionner toute la question de la gestion des laboratoires qui couvrent plusieurs régions et on vient en rajouter sur le tas en annonçant de nouvelles constructions», déplore-t-elle.

Devant le fait accompli

Selon elle, les technologistes médicales «ont été placées devant le fait accompli avec ces deux annonces [faites par le CISSS à l’interne] et tous les inconvénients que cela suppose pour elles». «Le manque de transparence, c’était la norme sous le règne libéral et, malheureusement, cette nouvelle décision s’inscrit dans cette triste lignée», dénonce Carolle Dubé.

La nouvelle est d’autant surprenante que la CAQ avait déjà demandé un moratoire concernant OPTILAB par le passé, et que François Legault s’était lui-même clairement prononcé contre cette réforme durant la dernière campagne électorale, notamment à cause du transfert des emplois, rappelle la présidente de l’APTS.

Si le gouvernement Legault disait encore récemment au Soleil être «toujours en réflexion» quant à ses intentions sur OPTILAB, l’APTS craint que sa décision d’aller de l’avant avec la poursuite de la réforme soit prise, malgré la pétition de 20 000 signatures et la dénonciation en bonne et due forme du monde municipal. 

«À quoi bon changer de gouvernement, se diront tous ces gens, si c’est pour se retrouver avec les mêmes décisions qui ont déjà fait l’unanimité contre elles? En est-on vraiment rendu à rejouer dans le même film?» demande Carolle Dubé, selon qui les régions «vont payer un lourd tribut à cette réforme». 

Selon l’attaché de presse de la ministre de la Santé, Alexandre Lahaie, dans certaines régions, comme dans les Laurentides, Lanaudière et Laval, la réforme OPTILAB «fait du sens». 


« À quoi bon changer de gouvernement si c’est pour se retrouver avec les mêmes décisions qui ont déjà fait l’unanimité contre elles? »
La présidente de l’APTS, Carolle Dubé

«Il y a une logique de poursuivre le déploiement d’OPTILAB dans certaines régions, alors qu’il y a des enjeux dans d’autres régions qui méritent» peut-être d’être pris en considération, explique l’attaché de presse de la ministre Danielle McCann. 

Selon lui, le gouvernement Legault vise à prendre ses décisions en vertu d’une approche «populationnelle». «On n’est pas prêt à dire qu’on va faire du mur-à-mur partout. On n’est pas dogmatique. Si ça ne fait pas de sens, il faut réfléchir» à d’autres options, dit Alexandre Lahaie.

+

EN UN MOT

Réforme OPTILAB: Il s’agit d’un projet qui consiste à centraliser les activités de laboratoire dans 11 laboratoires serveurs.