Aucune campagne électorale qui se respecte ne passe sans que soient abordés les problèmes du système de santé - même lors des campagnes fédérales, dont ce n'est pas la juridiction. Celle-ci n'y a pas fait exception, mais soulignons tout de même que personne n'a promis (du moins pas explicitement) de régler l'attente dans les urgences. Ce sont surtout les médecins de famille qui ont retenu l'attention, car une personne sur quatre n'en a pas.

Réforme de la santé: Médecins québécois pour le régime public sonne l'alarme

Médecins québécois pour le régime public (MQRP) sonne l'alarme à l'approche du début de la commission parlementaire portant sur le projet de loi 10 du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui doit s'ouvrir lundi.
L'organisme dénonce le projet de réforme, qu'il qualifie de «dérive autoritaire». Le projet de loi propose notamment l'abolition des agences régionales de santé. La docteure Isabelle Leblanc, présidente de MQRP, dit ainsi trouver «épeurant» que le ministre Barrette se retrouve avec l'«ensemble» des pouvoirs.
Cela ouvrirait, selon elle, la porte aux conflits d'intérêts et au chantage tout en éliminant le contre-pouvoir.
Mme Leblanc ajoute que les changements proposés risquent d'ouvrir la porte au secteur privé. Elle justifie sa pensée en se basant sur la précédente réforme, affirmant que celle-ci a déstabilisé le milieu de la santé pendant de nombreuses années.
Pour la présidente de MQRP, cette dernière réforme a réduit l'accès aux services à la population, permettant aux entreprises de se tailler une place.
Mme Leblanc dénonce également l'absence de consultation dans l'élaboration du projet de loi, se disant étonnée que MQRP ne puisse avoir accès à la Commission parlementaire.
«On n'a pas été invités, donc on a demandé à être entendus et on a été refusés. On sait qu'il y a beaucoup d'autres groupes d'acteurs du système de santé et des services sociaux qui se sont vus refuser l'accès, eux aussi, à la Commission parlementaire, alors qu'il y a des groupes qui sont beaucoup moins impliqués directement comme l'Institut économique de Montréal ou l'Institut du Québec qui eux, ont eu droit au chapitre. Personne n'a pu nous dire exactement pourquoi», a-t-elle fait valoir en entrevue téléphonique, dimanche soir.
La Dre Isabelle Leblanc en aurait pourtant beaucoup à dire au ministre concernant sa réforme proposée.
«La réforme ne semble pas être faite pour améliorer le système de santé. Ça ne parle pas du tout des soins aux patients: je pense que le mot »patient« revient six fois dans le projet de loi. Il n'y a rien sur comment améliorer la prestation des soins pour les patients, il n'y a rien là-dedans qui va vous aider à vous trouver un médecin de famille ou qui va aider quelqu'un à avoir accès aux soins rapidement et de bonne qualité», a soutenu la présidente de MQRP.
Elle espère parvenir à se faire entendre, possiblement à l'aide d'un mémoire, afin de ralentir le processus qu'elle juge trop rapide.
MQRP représente environ 500 médecins dans la province et, selon son site Internet, «revendique l'application intégrale de la Loi canadienne sur la santé, l'inscription de ses principes dans les lois québécoises et l'extension de la couverture à tous les soins et services médicalement nécessaires».