«Actuellement, seulement 7% des médecins canadiens permettent à leurs patients de prendre leurs rendez-vous en ligne», affirme Jennifer Zelmer, vice-présidente exécutive d'Inforoute Santé du Canada.

Quotas de patients: le CSF accusé de bafouer les principes du féminisme

La prise de position du Conseil du statut de la femme (CSF) en faveur d'une pénalité salariale aux médecins qui n'atteindraient pas les quotas de patients demandés a stupéfait une fédération médicale. Le Conseil a reconnu que ces pénalités vont toucher les femmes médecins, qui s'absentent plus souvent pour s'occuper de leurs enfants.
Le président de la Fédération des médecins résidents du Québec, le Dr Joseph Dahine, s'inquiète de la position du Conseil du statut de la femme en faveur d'une pénalité salariale aux médecins qui n'atteindraient pas les quotas.
La Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ), qui compte 3800 membres, accuse le Conseil de bafouer les principes du féminisme en appuyant le projet de loi 20 sur les quotas de patients que cherche à imposer le ministre Gaétan Barrette.
«Pendant plusieurs années, le Québec a lutté contre la discrimination envers les femmes. Créer deux classes de femmes en se basant sur le salaire et bafouer tous les principes du féminisme pour ces femmes qui disposent d'un revenu élevé, c'est aussi ça, de la discrimination», a déploré le président de la FMRQ, le Dr Joseph Dahine, dans une lettre adressée à la présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne.
«Mais au-delà de la critique du projet de loi 20, votre position en soi est inquiétante au plus haut point. En effet, devons-nous comprendre qu'au Québec une femme n'a plus le droit à l'égalité homme-femme et à la conciliation travail-famille si elle gagne bien sa vie», a demandé le Dr Dahine dans la lettre.
La semaine dernière, en commission parlementaire sur le projet de loi 20, Mme Miville-Dechêne a expliqué que son organisme donnait son appui aux mesures coercitives du projet de loi pour forcer les médecins à prendre plus de patients, et cela, même si les pénalités salariales vont heurter davantage les femmes médecins. Pour le Conseil, il est plus important de défendre l'accès à un médecin de famille.
Discrimination
Selon le président de la FMRQ, le Conseil du statut de la femme aurait dû plutôt défendre les deux groupes de femmes, soit les femmes médecins et les malades. «C'est comme si le Conseil se déchargeait de ses responsabilités de protéger les femmes médecins. Pourtant, les deux groupes peuvent être défendus à juste titre», a-t-il soutenu.
D'autre part, le Dr Dahine craint que l'attitude gouvernementale, de par le projet de loi 20, amène une discrimination des femmes à l'embauche. «Ce n'est pas juste en médecine, mais il y a eu de la discrimination au processus d'entrevue même dans le privé. Même si la femme dit qu'elle va travailler, on sait bien qu'elle va prendre un congé de maternité. Ce sont des femmes qui, de façon sournoise, ont été écartées au profit d'un candidat de sexe masculin. On sait que ça existe», a souligné le Dr Dahine.
«En médecine, c'est comme si on disait qu'on n'est plus d'accord pour avoir admis autant de femmes parce qu'on réalise effectivement qu'elles prennent des congés de maternité. En médecine, on n'a jamais mis de quotas clairs en disant que ça prenait tant d'hommes et tant de femmes. On a dit qu'on allait prendre le meilleur ou la meilleure candidat», a-t-il ajouté.
Environ 75 % des finissants dans les facultés de médecine, depuis quelques années, sont des femmes.