La clinique SABSA offre environ 3600 consultations par année à des patients qui ont pour la majorité une situation et un état de santé précaires.

Québec financera la clinique SABSA

Québec financera la coopérative sans médecin SABSA, a confirmé mercredi la ministre de la Santé, Danielle McCann, lors de l’étude des crédits de son ministère.

Questionnée par le péquiste Sylvain Gaudreault, la ministre a précisé que le financement de la clinique du quartier Saint-Roch sera «sur trois ans, renouvelable». Aucun montant n’a été avancé, le ministère de la Santé et le CIUSSS de la Capitale-Nationale étant toujours en discussion. On sait toutefois que pour 2020, la clinique aurait un manque à gagner de 330 000 $, a rapporté le député Gaudreault.

Selon la ministre McCann, le dossier serait sur le point d’être réglé. «Il est presque réglé. On est dans l’antichambre» d’un règlement, a-t-elle dit, précisant que l’annonce sera faite d’ici la fin de la session parlementaire. 

La clinique SABSA offre environ 3600 consultations par année à des patients qui ont pour la majorité une situation et un état de santé précaires (hépatite C, VIH, toxicomanie, problèmes de santé mentale, souvent pas de carte d’assurance maladie et sans médecin de famille dans 64 % des cas).  

À l’heure actuelle, l’entente entre le gouvernement du Québec et SABSA ne prévoit que le paiement des fournitures médicales et du salaire de l’infirmière praticienne spécialisée (IPS) Isabelle Têtu. Une travailleuse sociale est également «prêtée» par le CIUSSS de la Capitale-Nationale à la clinique trois jours par semaine. Le reste, notamment les frais d’exploitation, doit être assumé par la coopérative, qui doit organiser des campagnes de financement chaque année pour assurer sa survie.

En mars, la coopérative de solidarité a créé une fondation ayant pour mission de «stabiliser le financement» de la clinique afin que l’équipe puisse se concentrer sur sa mission de soins. Cette fondation est présidée par l’ex-députée de Taschereau, Agnès Maltais.

En entrevue au Soleil, l’ex-politicienne avait dit vouloir aider l’équipe de SABSA à convaincre le gouvernement d’augmenter le financement public de la clinique. «Il y a actuellement seulement 20 % de financement public, ça n’a aucun sens», déplorait-elle, tout en convenant que même en augmentant substantiellement le financement public de SABSA, «on aura toujours besoin de fonds privés». 

«Exception à la règle»

Plus tôt dans la journée, mercredi, la ministre McCann a déclaré en conférence de presse qu’il n’était pas question de créer et de financer au Québec des cliniques «solos» d’IPS. Pendant l’étude des crédits de son ministère, elle a précisé que SABSA était une clinique «unique» et qu’elle était «l’exception à la règle».

Danielle McCann a par ailleurs mentionné que son ministère et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec cherchaient des médecins partenaires pour SABSA. Le Dr André Fréchette, qui collabore avec SABSA, le fait bénévolement depuis les débuts de la coopérative et il prendra éventuellement sa retraite, a-t-elle expliqué. «On travaille à partir de la lettre d’entente 226» pour trouver une façon de rémunérer les médecins partenaires de SABSA, a précisé la ministre de la Santé.