« En Outaouais, [...] des dizaines de familles n'ont pas encore réintégré leurs foyers, et plusieurs pourraient bien ne jamais le faire si leurs domiciles se retrouvent dans des zones inondables 0-20 ans et si elles ont subi des dommages considérables », souligne l'éditorialiste Pierre Jury.

Québec annonce une aide psychosociale additionnelle aux sinistrés des inondations

Des intervenants supplémentaires en aide psychosociale ont été déployés au cours des derniers jours pour venir en aide aux sinistrés des régions les plus touchées par les inondations printanières. L'annonce faite vendredi par Québec survient alors que de nombreuses familles en Outaouais n'ont toujours pas réintégré leur domicile.
«Tant qu'il y aura un besoin de ressources, il y aura des ressources sur le terrain», a tranché la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, qui était de passage à Gatineau vendredi pour annoncer  des ressources additionnelles.
Mme Charlebois était cependant dans l'impossibilité de dire combien de nouveaux intervenants sont déployés puisque les besoins sont différents selon les régions, et qu'ils sont évalués au jour le jour à mesure que les travailleurs sociaux constatent l'intensité de la demande. Ce sont les responsables dans les centres de santé et de services sociaux qui ajusteront l'offre de services, a précisé Québec.
Les ressources additionnelles seront présentes dans les quartiers touchés par les inondations, et seront aussi déployées dans les hôtels et les motels où des sinistrés sont hébergés, de même que dans les CLSC et les bureaux d'indemnisation.
Les autorités évaluent que quelque 550 personnes en Outaouais n'ont toujours pas réintégré leur domicile. 
La détresse s'est installée chez les sinistrés parce qu'ils demeurent dans l'inconnu à savoir s'ils pourront ou non retrouver leur maison, et quand. Mme Charlebois a rappelé que les inondations sont survenues il y a plus de deux mois, et que rendu en juillet, les gens sont épuisés.
Stress et détresse
Jean Gagné, chef de programme en santé mentale au Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), a indiqué qu'il y a beaucoup de gens en détresse.
«Les gens s'attendent à une réponse pour passer à l'action. Ils sont actuellement au neutre, et plus l'attente est longue, plus la détresse augmente. Il y a un épuisement qui s'installe», a-t-il constaté.
«Ça crée une détresse de ne pas avoir de réponse», a souligné M. Gagné.
La perte de biens personnels et de souvenirs familiaux cause aussi du stress chez les sinistrés, a précisé Stéphane Martel, coordonnateur du bureau de rétablissement de la Croix-Rouge à Gatineau.
La détresse chez les sinistrés se traduit notamment par des pertes de sommeil, des difficultés de concentration et le questionnement par rapport à ce que leur réserve l'avenir.
«Il y a des gens qui sont en arrêt de travail parce que cette détresse-là est trop présente. Ils sont trop préoccupés par ce qui leur arrivera», a noté M. Gagné.
«Quand les gens commenceront à avoir des réponses, ils pourront se remettre en action, peu importe la nature de cette action, que ce soit la reconstruction ou un déménagement. Au moins, il y aura une action, et les gens pourront ainsi reprendre un peu de contrôle sur leur vie», a-t-il continué.
Mais en attendant, plaident les autorités provinciales, les sinistrés ne doivent pas craindre de demander de l'aide, de faire des activités pour se changer les idées et surtout d'éviter l'isolement. 
«Il n'y a pas de problème à consulter quand on en a besoin, a souligné la ministre Charlebois, rappelant l'existence de la ligne 811 pour la consultation psychosociale téléphonique. Il ne faut pas vous gêner, il faut aller voir les intervenants».