Le CIUSSS réitère qu’une équipe transitoire de professionnels (infirmières et travailleurs sociaux) dédiée à la santé mentale sera maintenue à l’urgence de l’Hôpital du Saint-Sacrement «pour intervenir sur place ou diriger l’usager vers le bon professionnel».

Psychiatrie à Québec: le plan «révisé» du CIUSSS maintenant connu

EXCLUSIF / Le Centre intégré universitaire en santé et en services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale n’a actuellement que 41% des ressources requises en première ligne (CLSC) pour répondre aux besoins en santé mentale de la population, la moyenne provinciale étant de 65%. Dans son plan «révisé» de transformation en santé mentale, dont Le Soleil a obtenu copie, il prévoit ajouter une vingtaine de professionnels aux équipes en place, mais les ajouts ne seront complétés qu’au début de l’année 2019, plusieurs semaines après la fermeture de l’urgence psychiatrique de l’Hôpital du Saint-Sacrement.

Dans son plan transmis mercredi aux médecins psychiatres et aux employés de la Direction Santé mentale et Dépendances, le CIUSSS confirme que cette fermeture sera effective à partir de la mi-novembre, «notamment en raison de la pénurie d’effectifs», et qu’il planifie fermer les 44 lits d’hospitalisation en deux phases au cours de 2019.

L’établissement prévoit maintenir 215 lits d’hospitalisation de soins aigus pour la région situés en centre hospitalier de soins généraux (le CHUL) et spécialisés (l’Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ), anciennement l’Hôpital Robert-Giffard). À cela s’ajoutent 106 lits de longue durée psychiatrique et 42 lits de psychiatrie légale.

Le CIUSSS réitère qu’une équipe transitoire de professionnels (infirmières et travailleurs sociaux) dédiée à la santé mentale sera maintenue à l’urgence de l’Hôpital du Saint-Sacrement «pour intervenir sur place ou diriger l’usager vers le bon professionnel». Un pharmacien spécialisé en santé mentale soutiendra l’équipe de transition à compter du 19 novembre.

Le plan du CIUSSS, dont l’essence est de «permettre une meilleure offre de services dans la communauté» pour se conformer aux meilleures pratiques en santé mentale, prévoit l’ajout graduel de 21 professionnels en première ligne (CLSC) à partir du 21 novembre jusqu’au début de l’année 2019. «Selon le bassin de population à desservir, nous avons actuellement 41% des ressources requises pour répondre aux besoins de la population. Nous visons 65%, soit la moyenne provinciale», indique le CIUSSS.

Le plan comprend également la formation d’une deuxième équipe de «traitement bref à domicile». «Les postes sont dotés et cette équipe débutera ses activités, avec l’arrivée d’un psychiatre progressivement, à compter du 19 novembre», précise l’établissement, qui prévoit aussi développer «le plein potentiel» des équipes de «suivi intensif dans le milieu» par l’ajout de psychiatres «au niveau requis». «Le déploiement progressif de psychiatres permettra d’augmenter la capacité de prise en charge de la clientèle», mentionne le CIUSSS.

L’établissement planifie par ailleurs le démarrage d’une unité de traitement bref de 10 lits à l’IUSMQ et l’ajout d’un psychiatre à l’hôpital de jour Chanoine Morel (qui n’en avait plus depuis plusieurs années) à compter du 19 novembre. L’ajout de 12 postes de professionnels pour «une équipe mobile d’intervention rapide» est également prévu. 

«Bien que l’objectif soit de diminuer le recours à l’hospitalisation, ce service n’en demeure pas moins important», souligne du reste le CIUSSS, précisant être en train de former une équipe «pour revoir notre programmation clinique et notre organisation du travail, la composition des équipes, la collaboration interprofessionnelle, toujours au bénéfice de la clientèle». 

L’établissement rappelle enfin que de précédents travaux avaient déjà permis de mettre en place de nouveaux services dans la communauté. Parmi eux: l’ouverture en novembre 2017 d’une ressource intermédiaire pour les usagers vivant depuis de nombreuses années à l’IUSMQ, l’ouverture d’une résidence à assistance continue en trouble grave du comportement de 16 places en mai dernier et la création d’équipes de «soutien d’intensité variable» et de «suivi intensif dans le milieu».