On ne remarque pas de hausses de demandes d’inscription dans les programmes d’études professionnelles de préposés aux bénéficiaires.

Préposés aux bénéficiaires: peu d’engouement pour les bourses

Les bourses de 7500 $ désormais offertes à ceux qui veulent devenir préposés aux bénéficiaires ne semblent pas avoir engendré de hausses dans les demandes d'inscription pour ces programmes, du moins pour le moment.

Les Centres de formation professionnelle contactés par La Presse canadienne n'ont pas encore remarqué d'augmentation dans les demandes d'inscription pour ces programmes.

La mesure avait été annoncée le 14 août par trois ministres: Danielle McCann, de la Santé et des Services sociaux, Jean Boulet, du Travail, et Marguerite Blais, des Aînés.

Québec espère ainsi contribuer à alléger la pénurie de préposés aux bénéficiaires qui sévit dans le réseau de la santé, particulièrement dans les CHSLD (Centres d'hébergement et de soins de longue durée).

Il offre donc 2000 bourses de 7500 $ à l'intention des intéressés. Le boursier doit toutefois s'engager à travailler durant au moins deux ans pour l'établissement qui l'a parrainé, une fois la formation réussie. Et ceux qui ne décrochent pas leur diplôme doivent rembourser la bourse.

Montréal

«On sent une effervescence, mais pas nécessairement une hausse des candidatures. On essaie de démarrer des groupes spéciaux avec les CIUSS (Centre intégré universitaire en santé et services sociaux), ça fonctionne, mais ce n'est pas au niveau où on s'attendait. Nous, on se disait "mon dieu, il va y avoir une explosion des demandes". Mais ce n'est pas le cas», a illustré Josée Péloquin, directrice de l'École des métiers des Faubourgs-de-Montréal.

Elle explique que les conditions assorties à la bourse découragent des candidats. «D'abord, la personne doit réussir sa formation, à l'intérieur des délais prescrits, et elle doit donner sa disponibilité pendant au moins deux ans au CIUSSS qui lui aura remis la bourse. C'est sûr que ça, ça achoppe: donner deux ans de ta vie, sans pouvoir te retirer ou te rétracter...» fait valoir Mme Péloquin.

Elle rappelle également que le candidat devra rembourser la bourse s'il ne remplit pas les conditions. «On essaie de les amener à la réussite, mais ce n'est pas toujours le cas, malheureusement. Et là, dans le cas où le candidat est en échec, il doit remettre la bourse. Souvent, ce sont des candidats qui sont démunis et devoir remettre 7500 $, qui ont parfois été dépensés pour des besoins de base, ça devient difficile», explique-t-elle.

Ce centre de formation professionnelle est le plus important au Québec.

Drummondville, Victoriaville

Au Centre de formation professionnelle Paul-Rousseau, de Drummondville, Cindia Raymond rapporte qu'«on ne voit pas de différence» dans le nombre de demandes d'admission, malgré l'annonce de ces bourses de 7500 $. Les intéressés avaient jusqu'au 3 septembre et la période a même été prolongée jusqu'au 13 septembre pour faciliter les choses - en vain.

Au Centre de formation professionnelle Vision 2020 à Victoriaville, la directrice du centre, Isabelle Cantin, a indiqué qu'il n'y avait «pas d'augmentation encore» du nombre de demandes d'admission. Il y a même eu peu d'inscriptions. «Je ne sais pas jusqu'à quel point la population est au courant» de ces bourses, a-t-elle souligné. «Il est peut-être trop tôt.» Le prochain groupe sera formé en mars.

Gatineau et Lévis

À Gatineau, le Centre de formation professionnelle Vision avenir a rapporté que le CISSS de l'Outaouais était venu rencontrer les élèves qui étaient déjà «en possibilité de formation pour cet automne» pour les informer du programme de bourse. Les élèves devaient ensuite s'inscrire sur le site du CISSSO pour demander la bourse.

Pour les demandes d'admission qui devaient être faites avant le 30 septembre, il n'y avait qu'une seule cohorte d'étudiants. Et cela représentait une baisse, même, par rapport à septembre 2018, alors que le Centre avait réussi à former deux cohortes. Il espère que les bourses attireront davantage d'étudiants lors de la session de janvier.

Au Centre de formation professionnelle de Lévis aussi, le directeur n'a «pas constaté de vague» de demandes d'admission depuis l'annonce de ces bourses en août.

Louise Boisvert, coordonnatrice du service des communications à la Commission scolaire des Navigateurs, qui chapeaute ce centre de formation professionnelle, a précisé que les élèves qui sont présentement en formation étaient déjà tous inscrits lorsque l'annonce des bourses a été faite. Des 19 étudiants qui forment la cohorte, 10 se sont qualifiés pour obtenir la bourse.

Les bourses «continueront sans doute de produire leur effet», vraisemblablement pour la prochaine cohorte, a souhaité Mme Boisvert.