L’urgence psychiatrique de l’hôpital du Saint-Sacrement compte 44 lits. Ceux-ci seraient toujours occupés.

Possible fermeture de l'urgence psychiatrique à Saint-Sacrement

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale envisage la possibilité de fermer l’urgence psychiatrique de l’Hôpital du Saint-Sacrement, a appris Le Soleil.

«On m’a confirmé vendredi qu’il y aurait une fermeture complète de cette urgence psychiatrique, mais on n’a pas de date. J’attendais une réponse depuis le mois d’août, et une personne des ressources humaines [du CIUSSS] me l’a finalement confirmé», a indiqué au Soleil Jean-François Marchand, agent syndical au Syndicat des travailleuses et travailleurs (STT-CSN) du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Selon le préposé aux bénéficiaires, qui travaille à l’urgence psychiatrique de Saint-Sacrement depuis quelques années, les 44 lits y sont «toujours occupés». «Actuellement, on en a sept de plus qui nous ont été transférés de l’Enfant-Jésus, et les 51 sont occupés», précise-t-il, ajoutant que «la seule fois où j’ai vu des lits disponibles, c’est en 2009», pendant la crise qui avait mené à la démission de psychiatres. À son avis, «on aurait toujours besoin de plus de lits que ce qu’on a». 

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on affirme qu’aucune décision n’a été prise quant à l’avenir de l’urgence psychiatrique de Saint-Sacrement. 

«On a fait une série de rencontres à l’interne avec des psychiatres, des gestionnaires et des membres du personnel pour présenter les enjeux en santé mentale. On en parle depuis plusieurs années, les bonnes pratiques veulent qu’on intervienne davantage dans la communauté, qu’on y augmente les services […]. On a trois urgences psychiatriques actuellement à Québec [Saint-Sacrement, CHUL et Enfant-Jésus], et on se demande si on n’arriverait pas à fonctionner avec deux. Si on veut augmenter les services dans la communauté, il faut déplacer des ressources de l’hôpital vers la communauté», explique le président-directeur général adjoint du CIUSSS, Guy Thibodeau.

Selon lui, les «gens à l’interne consultés nous disent que c’est une bonne idée de concentrer les interventions» dans deux urgences, l’une étant idéalement située dans l’est et en basse ville (Enfant-Jésus ou Saint-François-d’Assise), et l’autre, dans l’ouest et en haute ville (CHUL). 

Mais, insiste-t-il, «la fermeture de l’urgence psychiatrique de Saint-Sacrement, ce n’est [encore] qu’une hypothèse». «Il y en a d’autres qui sont actuellement analysées, et aucune décision n’est prise. Mais je comprends que le personnel a hâte d’avoir des réponses et que ce n’est pas facile de vivre dans l’attente», convient M. Thibodeau. 

Hospitalisation à domicile

Selon le PDG adjoint du CIUSSS, plusieurs patients n’auraient pas besoin d’aller à l’urgence psychiatrique si les services à l’extérieur étaient bien structurés. Ce que souhaite l’établissement, c’est consolider notamment les équipes d’hospitalisation à domicile. «On en a mis une en place du côté de l’Enfant-Jésus, et on est en train d’en implanter une du côté du CHUL», précise Guy Thibodeau.

Le CIUSSS s’affaire également à augmenter les équipes de suivi intensif dans la communauté, ajoute-t-il. Parallèlement, l’établissement veut miser sur l’accès à des lits en hôpital pour les personnes en crise qui auraient besoin de suivre des traitements intensifs «de quelques jours» avant de retourner, accompagnées, dans la communauté, explique M. Thibodeau, tout en assurant qu’aucune urgence psychiatrique ne sera fermée avant que toutes ces mesures soient mises en place.